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 Santé : Les Comores est-il un mouroir à ciel à ciel ouvert ?

      Santé : Les Comores est-il un mouroir à ciel à ciel ouvert ?
 

 
Santé : Les Comores est-il un mouroir à ciel à ciel ouvert ?

Un pays qui va bien, c’est un pays dans lequel les citoyens sont en bonne santé. Tous les pays dits développés ou envoi de développement, misent avant tout sur la santé de leurs citoyens. C’est un objectif voire une cause nationale.
Il ne se passe pas une journée aux Comores sans que les médecins ne recommandent aux patients une évacuation sanitaire ou que les familles des patients, conscientes du degrés d’incompétence de nos médecins, ne décident d’évacuer leurs malades. Cela veut dire qu’aucun bateau ou un avion ne quitte les Comores sans avoir à son bord un touriste sanitaire comorien qui se rend dans les pays voisins et plus particulièrement air Madagascar qui, à chaque vol en direction de la grande ile, transporte entre 20 à 30 comoriens en urgence médicale. Ce fléau touche toutes les couches sociales qui va du comorien lambda aux hommes politiques, en passant par les riches. Sur ce constat, il faut nous poser la question suivant qui est de savoir pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation dramatique voire morbide ? Est –ce une fatalité, une punition d’Allah ou une incompétence ?

Les diagnostics souvent erronés
 Naturellement, le doute sur les compétences acquises par ces médecins plane sur nos esprits… Il arrive souvent que les médecins établissent des diagnostics qui n’ont rien avoir avec la maladie dont souffre le patient.  Si on souffre d’une angine, vous pouvez être diagnostiqué d’une autre maladie et du coup on vous prescrits des médicaments qui n’ont rien avoir. Souvent on vous diagnostique un diabète et pourtant au final une fois à l’extérieur les analyses révèlent une autre maladie. Il y a eu aussi une jeune femme qui souffrait d’un mal de ventre chronique a consulté un médecin et selon le diagnostic établi, le docteur avait décidé de l’opérer, mais à la dernière minute, la patiente s’est rétractée et décidé de partir en Tanzanie pour faire son opération. Là-bas, elle prend que l’opération n’est pas nécessaire car le kyste qui est à l’origine de ses douleurs peut se résorber avec des médicaments. Puis, il y a encore le cas de cette femme enceinte qui était suivie par un gynécologue jusqu’au terme de sa grossesse et pourtant des échographies ont été réalisées. En aucun moment ce médecin ne s’est rend compte que cette dame attendait des quintuplés. Au final elle a accouché 5 bébés à la grande surprise de tout le monde, mais malheureusement une semaine après ces nourrissons sont décédés faute des soins adéquats. Il y a trois ans également, une femme enceinte est arrivée au terme de sa grossesse et en plein travail d’accouchement, le médecin a refusé de faire la césarienne à la femme tant qu’elle n’aurait pas appelé son mari qui vit en France pour qu’il lui envoie le mandat par money-gram, pour payer la césarienne.
Récemment, un jeune homme était tombé gravement malade et évacué en urgence à Madagascar dans des conditions critiques. Là-bas, il a été soigné et les médecins lui ont autorisé de rentrer aux Comores sous condition de revenir faire une visite d’évaluation. Mais une fois au pays, il consulte un médecin qui lui annonce brutalement qu’il allait mourir bientôt, alors imaginer les conséquences psychologiques ?
La liste est longue car toutes les familles comoriennes sont concernées par cette situation dramatique. C’est un fléau qui a ruiné et paupérisé la misère toutes nos familles.

Une économie sanitaire est-elle possible ?
Paradoxalement, on peut dire qu’en incitant les patients à faire du tourisme sanitaire pour se soigner, les médecins et l’état comorien n’ont pas compris que par la santé on peut créer une économie. Malheureusement, les professionnels de la santé se complaisent dans des projets bidons qui se résument souvent à ouvrir des cabinets médicaux dans lesquels, la plupart du temps, la propreté laisse à désirer ; pas des lavabos ou toilettes et que sais-je encore. C’est vraiment une l’hygiène précaire dans ces pièces vétustés transformées en cabinet. Régulièrement, ils recommandent aux patients de partir se soigner à l’étranger au lieu de pensent à s’associer pour créer des cliniques dignes de ce nom, afin de faire du business ?
Une chose est sure, le tourisme sanitaire des comoriens constitue la grande fuite des capitaux qui ruine l’économie nationale.

Quel est le rôle de l’état ?
L’état comorien est complètement démissionnaire de ses missions et plus particulièrement celle relevant de la santé publique. Il ne dispose d’aucune politique de développement sur la santé aux Comores. J’en veux pour preuve cette histoire vieille de trois ans. Une femme est arrivée à l’hôpital El maarouf sur le point d’accoucher et une après son arrivée, elle est décédée en salle d’accouchement, parce que le mari n’avait pas l’argent pour payer la césarienne. Malheureusement, sur cette affaire les responsabilités étaient établies, mais hélas les médecins de gardes n’ont jamais étés inquiétés. S’agissant de l’ordre des médecins, c’est vraiment le vide en matière de contrôle de la profession. Et, il y a quelques temps un imposteur malgache a ouvert son cabinet à Moroni en tant que médecin et a commencé à consulter. Et il aura fallu attendre une année pour que les autorités compétentes découvrent que ce dernier est un faux médecin. Alors je vous laisse imaginer le nombre de comoriens qui sont infirmiers ou aides-soignants de formations et qui se sont installés en tant que médecins ?
L’état doit prendre ses responsabilités en facilitant la réorganisation de la filière, en facilitant l’installation des médecins compétents à s’associer, voir avec des médecins étrangers, pour créer de vraies cliniques capables de prendre en charge les malades avec tout le sérieux, ce qui in fine contribuerait à la création d’emplois dans les milieux hospitaliers. C’est un manque à gagner énorme pour l »état car les emplois généreront d’impôts. Face à ce constat d’échec, il y a lieu de se demander ce que les autorités sanitaires et l’état, si par malheur, le  pays venaient à enregistrer son 1er cas de coronavirus ?
Kari Abdou Toihir

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