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🍊🚧 Kiki n’est pas de la république

Un voile passe sur son visage. Comme un voile de colère. A une table de jeu de cartes, ce jeu qu’il affectionne, tous les autres joueurs auraient vu dans la seconde qu’il venait de tirer une mauvaise carte. Mohamed Daoud, dit Kiki, Ministre de l’Intérieur accuse le coup sans broncher. Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte avec des airs de poisson rouge sorti du bocal. Incapable de parler, même à ses amis.

Ses magouilles, ses tours de passe-passe avec le grand banditisme, ses liens dangereux avec les ennemis de la nation trouvent écho auprès de l’opinion ; le petit prince du royaume Bacha, annexe d’Iroungoudjani est en passe d’être déchu. Son dossier consacré aux accusations de blanchiment d’argent et corruption refait surface à l’heure où l’AMP est en marche vers un soutien sans faille au Président nouvellement investi, Azali Assoumani. Accusations bien plus lourdes et complexes. Mohamed Daoudou est seul à la barre de l’opinion.

Des accusations particulièrement centrées sur ses relations avec le réseau parallèle de l’Ambassade de France à Moroni, sous l’égide de l’Attaché de sécurité intérieure, le Colonel Jean-Luc Berard ; la création de son mouvement militant B52, entouré uniquement des grands filous du grand banditisme de Bambao pour contrôler sciemment le milieu et les grandes villes de la région, notamment Iconi et Mvuni ; son implication directe dans le braquage de la douane ; les millions de passeports vendus aux émiratis sans l’avis du gouvernement de l’Union ou du parlement ; autant de sujets qui soulèvent beaucoup de questions.

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A chaque Ministre, ses affaires. Les affaires louches de Kiki marquent un coup car il y a de l’impact au sein de l’Alliance de la Mouvance Présidentielle. Un tournant, la fin d’un état de grâce, d’un bienveillant attentisme. Qu’on se souvienne du séisme provoqué par l’affaire Djaffar ou de l’affaire de l’ancien Directeur de Comores Télécom, Oumara Mgomri. Azali Assoumani avait tranché dans le vif. Parce que l’homme reste toujours un militaire dans l’âme. Prendre les décisions fait parti de sa nature, appliquer la méthode c’est son jeu. Aujourd’hui, la déflagration Kiki est de cette dimension-là. Il est désormais dans le viseur du Chef.

L’actuel Ministre de l’Intérieur est un soutien au goût amer. Ce nom, est sur toutes les lèvres des comoriens. Ce n’est pas seulement le récit d’un mensonge d’un jour, mais celui d’un menteur de toujours. Kiki avant d’entrer en politique, est d’abord un voyou bien connu. Il aime les coups bas, il se vante parce qu’il souhaite qu’on remarque ses prestations. D’une dénégation assumée et répétée pendant plusieurs années, il est devenu ce qu’il est aujourd’hui, un parrain de la mafia à Moroni. Soutien de la première heure, le locataire de Beit-salam semble avoir décidé de prendre ses distances avec le patron du parti orange.

Lorsque des journalistes mieux informés de la capitale annoncent officieusement, par peur de représailles, que Kiki a noué des relations avec le noyau extérieur des services de renseignements d’Israël, qui regroupe les agences le Shabak, l’Amam et le légendaire Mossad, les preuves semblent vite accablantes. Il est désorienté et furieux.

Mais Mohamed Daoudou est un homme convaincant. Un de ses collaborateurs dévoile dans un témoignage les éléments qui attestent une personnalité hors du commun. C’est un dur à cuire, un combattant politique, un ministre qui contrôle tout au franc-parler. Le collaborateur décrit aussi un homme irréfléchi et manipulateur. Son soutien sans limite à la nouvelle Gouverneure de Ngazidja, Sitti Farouata en dit long : il voulait se positionner stratégiquement dès maintenant.
Le visage de Kiki, jadis de la République est découvert. Le pouvoir perturbe les esprits mal- façonnés. Jusqu’ici aucun esprit mal sain n’a résisté à la tentation de l’abus de pouvoir, résisté de l’appétit insatiable, presque maladif, de la position hiérarchique qu’il occupe. Il roule dans le bitume en Range Rover volée et traite les dossiers des vendeurs de voitures en mains propres, sans rendez-vous.

Les Kiki sont nombreux au palais. Ils s’accrochent…La grande majorité ont volé…..et regarder voler….triché et regarder tricher…fait violence et regarder faire violence. La plupart en sont malades, répondront devant Dieu, d’autres s’en sont sortis humiliés. Les facilités de la formule magique « Raison d’Etat », prétexte fallacieux de tant de tricherie inventé par Machiavel, les ont fait chuter…leur ouvrant grandes les portes de l’enfer…

Ils ne le savent pas encore… mais les kikistes sont dans la boue. Des ondes de haine, des vibrations maléfiques parcourent leur corps à longueur de journée. Ils souffrent de tremblements, de perturbations, de hausses de la fréquence cardiaque. Tu les reconnais en leur fixant les yeux. Ils les écarquillent, le rythme respiratoire perturbé. Vous savez pourquoi? Ils vivent de la peur. Ils secrètent en permanence d’adrénaline, l’hormone de la peur, comme ils sécrètent à tout moment d’excréments et d’urine. Leur corps flasque est toujours en sueur, parce que l’argent qu’ils dépensent dégage une odeur fétide, d’effroi. Kiki, ses amis, ses affaires et ses ennuis.

Embaumés par l’ivresse du pouvoir, séduits par les adulateurs qui les cajolent, les militants qui les caressent. Kiki et ses troupes s’attaquent aux intelligences, corrompent la liberté de la presse, favorisent les brigands qui contournent les règles et les violent, se pavanent avec tous ceux qui brillent par leur sécheresse d’esprit.

C’est sur ce monde sans scrupules, sans foi, ni loi, que le président Azali Assoumani va s’appuyer pour nettoyer ses rangs pour une émergence clean. Mais certains kikistes, semble-t-il, croient encore au mirage et pourtant les dés sont déjà pipés au grand jour. La question qu’on se pose maintenant est la même. Que faire alors ? Leur cracher en face ! Ne plus sourire ! Ne plus serrer leurs mains…Il est grand temps en attendant leurs évictions.

Hamid Mohamed

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