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3 AOÛT 1975. 3 AOÛT 2015 : QUE RESTE- T-IL 40 ANS APRES ?

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Dans quelques jours, on va commémorer le 40em anniversaire du 1er coup d’état des Comores, qui a eu lieu le dimanche 3 Août 1975. Comme lors, du 37em anniversaire de l’assassinat (le 29 mai 1978) de Mongozi (le guide), ou à titre privé j’ai écrit et publié (le mois dernier) une série d’articles inhérents, à la fois sur Mongozi mais aussi aux combats pour sauvegarder la pensé politique Swalihiste (re-lire) : L’autopsie d’une lutte biaisée N° 2 à 4) etc..

Ici je vais et en bref faire la même chose (reprenant beaucoup de passages des précédents articles (6), pour parler de ce 3 Août 1975, de son message politique, et encore une fois de l’homme qui l’avait incarné, jusqu’à son assassinat, Le martyre Ali Swalihi.. Et c’est la 1ere partie. Certes, des ouvrages pléthoriques existent qui parlent de ce coup d’état… Il existe des personnes encore vivantes qui ont participé à cette Odyssée. Mais le plus important (à mes yeux) est que 40 Ans après, que reste-t-il du message de ce coup d’état ? C’est le FNU (Front National Unis.. une coalition hétéroclite de 7 partis politiques Comoriens) qui a fomenté et réussi ce coup d’état.

 » Un coup d’état authentiquement Comorien, dans sa conception, comme dans sa réalisation.

Sans effusion de sang « ..

Déclaration d’Ali Swalihi (porte-parole du FNU)..etc.. Dans l’après-midi de ce dimanche 3 Août 1975 Une poignée d’homme (une dizaine dirigé par le feu Ali Swalihi) s’est lancée à l’assaut de l’histoire… L’historien Américain Martin Malia parlant de la révolution Française de 1789, avait dit :

 » Les lumières de la révolution française ont pour la 1ere fois donnée aux hommes l’idée que l’HISTOIRE avait un BUT séculaire, qu’elle fonctionnait comme un progrès « ..

Ce qui explique (en partie) l’acte du 3 Août 1975. Il y a des personnes qui ne meurent jamais, elles ont une présence si forte et puissante dans la mémoire collective, à nos yeux, qu’on ne peut pas accepter leurs disparitions. Et cela vient de la permanence des souvenirs, des sentiments qu’on porte à ces hommes qui ont servi, défendus et aimés leurs peuples. Des martyrs qui n’ont jamais défendus autres choses que la cause de leurs peuples. La cause des exploités, humiliés, les exclus de la vie, les asservis et opprimés.
Mongozi et martyre Ali Swalihi fait partie de ceux-là, de ceux qui ont fait DON de leurs vies sans contrepartie, pour défendre cet idéal noble de défendre et servir leurs peuples.

Mongozi Ali s’est sacrifié pour donner la DIGNITÉ à son peuple. Il a affronté avec courage la mort, sans donc avoir peur. Car c’est face au danger que se révèle la grandeur d’un homme.. Mongozi a prouvé qu’il fait partie de ces hommes immenses… A respectant le Swalihisme (en tant que pensé politique jusqu’au bout)… Encore une fois, le SWALIHISME c’est : la force des Convictions, le sens de sacrifices, la force morale, la cohérence entre la parole et les actes, l’intransigeance, l’amour pour le peuple Comorien. C’est la sauvegarde de l’unité et intégrité territoriale, des travailleurs manuels, la laïcité, l’égalité des citoyens. La lutte contre : Toutes formes de dominations, contre la faim, la maladie et l’ignorance, le détournement des deniers publics, la corruption dans toutes ses formes, le séparatisme, sectarisme, chauvinisme, l’opportunisme.

C’est la lutte contre l’immobilisme, le charlatanisme, le féodalisme, l’archaïsme, les forces rétrogrades. C’est la libération de la femme et de la jeunesse Comorienne etc.. Se sont les critères, les valeurs de la pensé politique du Swalihisme… Je répète, que Mongozi fut un diamant (politique) qui s’est taillé tout seul, certes, en fusionnant la BONTÉ et la DURETÉ pour donner la dignité et un sens à la vie de son peuple.. C’était cela l’esprit du 3 Août 1975 et les 2 ans et demi qui ont suivi… Oui ! Mongozi fut un pyromane de l’ÂME qui avait mis le feu dans les esprits du peuple Comorien, pour qu’il se libère de toutes les tares, qu’il rompt les amarres avec la domination coloniale, poste coloniale, le fatalisme, l’assistanat, contre le sous-développement, pour mettre le CAP vers la liberté, la dignité, l’honneur, le développement social, économique et politique. Donner un sens réel à l’acte noble du 6 Juillet 1975. C’était cela l’esprit du 3 Août 1975.

A la veille de la commémoration de cette date historique, qui a vu la prise du pouvoir du FNU (Front National Unis) et qui a secrété l’expérience révolutionnaire de notre pays, stoppée le 13 mai 1978 par les ennemis du peuple Comorien. On s’aperçoit hélas ! Qu’un être vous manque, le peuple est dépeuplé. N’empêche que les acteurs de ce coup d’état, ont prouvé encore une fois, que c’est l’union qui fait la force. Qu’il est possible voire nécessaire de combattre victorieusement les forces réactionnaires, féodales, néocoloniales, l’obscurantisme, la mafia politique.. Et pour y arriver l’unité de la nation est capitale.

 » La voie la plus courte vers l’avenir est toujours celle qui passe par l’approfondissement du passé « 

disait le regretté Aimé Césaire. Il est donc plus qu’urgent de créer cette force et rompre avec les malédictions qui consistent à la division, aux déchirements (stériles) de toutes les énergies politiques des démocrates, patriotes voire nationalistes de ce pays. Nos adversaires et ennemis politiques, les antinationaux, on voit bien que malgré leurs contradictions, tiraillements, mais quand il s’agit de défendre leurs intérêts politiques, de classes, ils savent s’unir, et on a encore une fois l’exemple dernièrement..

Freud à dit :

 » Tout homme se tient entre l’Éros et le THANATOS, entre ses pulsions de vies et ses pulsions de morts « …

Les forces réactionnaires des Comores nous le démontrent, en s’unissant. L’unité de nos forces et capitale, en respectant l’esprit du 3 Août 1975.

 » Quand les frères se battent entre eux, se sont leurs ennemis qui en profitent « ..

Ce qui nous arrive depuis 37 ans. Et ce n’est pas parce qu’on est au bord du précipice qu’on doit faire un pas de plus.

– 40 Ans après ? Et 37 ans après son lâche assassinat, dans cette commémoration on ne doit jamais considérer la mort d’un vrai révolutionnaire (Mongozi) comme une défaite, une frustration, fatalisme, NON ! Comme l’avait dit si bien Hekmet avant d’être tué, je le résume :

 » J’emmènerai seulement à la tombe le chagrin d’un CHANT (révolutionnaire) non terminé « ….

Pourquoi il n’y a pas à pleurer, vivre dans les souvenirs, le mythe, brasser du vent ou se focaliser dans la nostalgie (on le fait depuis 37 ans et rien ne change).. Mais il faut plutôt agir, penser à ce qui doit être fait pour sauver ce pays en détresse…

 » Il faut agir en homme de penser et penser en homme d’action « 

Le Che. C’est ce qu’ils ont fait les hommes du 3 Août 1975. Ils ont compris qu’un combat se nourrit par des actions. Hier comme aujourd’hui ce combat est plus que jamais d’actualité, pourquoi, nous avons le devoir de le mener ce combat pour libérer notre peuple des griffes de cette racaille politique, sans foi ni loi, ses vampires et Bidermann à face humaine, des corrompus, des collabos (avec l’étranger), qui depuis 37 ans ont dépouillé, désossés, mis à genoux, clochardisé notre peuple. Lequel de peuple ne croit plus en lui-même, traumatiser..

C’est en libérant à court et moyen terme notre peuple, en lui donnant de l’espoir, que nous rendrions un vrai hommage à la fois à cet esprit du 3 Août 1975, mais aussi à celui qui l’avait incarné (Ali Swalihi).. Sinon, cet événement n’aura pas de sens. Et le peuple doit être formé, prêt à cette échéance de se libérer…

 » On ne libère jamais un peuple, il se libère de lui-même « …

 » Nous attendons le Combat comme une délivrance. Nous n’avons pas le goût morbide du Combat. Mais ne le faisons parce que c’est nécessaire…… La mort de quelques-uns devra être utile voire nécessaire pour le bonheur de tous, de tout un peuple… Et pour mourir dans la DIGNITÉ on a besoin de personne « 

etc.. Ernesto Che Guévara..

-40 Après ? Comme notre indépendance, cette révolution, cet esprit du 3 Août 1975, sont restés inachevés, ce qui est dans les 2 cas, une anomalie. On doit déterrer ce chant révolutionnaire (enterrer le 29 mai 1978). ce chant de la liberté, dignité. Le temps est venu de tirer les leçons de tous les échecs de ces 37 ans de combat pour défendre cet idéal.  » Le temps ne passe pas, il est passé  » disait Malcom X… Pourtant dans le règne de Mongozi, il a démontré que les idées ne suffisent pas, qu’une théorie politique doit être matérialisée dans un programme,(plan quinquennal prévu 1978 / 1982) dans des actes, dans une organisation. Il a dit (entre autres) :

 » vérité dans le discours, vérité dans les actes « .

Dans l’esprit du 3 Aout 1975, Mongozi à très bien compris et exécuté qu’une théorie (politique) doit englober dans sa méthode l’ensemble des questions qui sont soulevées concernant le peuple et ses besoins, et tracer les chemins vers les réponses.

Et c’est ce qu’il a tenté de faire, dans des conditions et contextes politiques plus que défavorables, qu’aucun régime n’a connu.. Mais avec honneur et dignité il a fait face, à la fois aux difficultés, mais aussi à tous ces ennemis de tout bord, à armes inégales. Il est parti la tête haute.  » L’homme doit marcher le front vers le soleil, pour que celui-ci en le brûlant le marque de sa dignité. Si l’homme baisse la tête, il perd sa DIGNITÉ  » disait Bénigno (le compagnon d’armes le Che. Mongozi à fait face au soleil.. Car il a bien compris que l’histoire marche avec les 2 pieds : Celui de la liberté, et celui de la nécessité. Il a compris le souci de l’équilibre entre le risque et la sécurité, pour le bien être de son peuple. Parlant du Che, Castro a posé cette question au peuple de Cuba :

 » Comment voulez-vous que soient vos enfants ? « . La réponse :  » Comme le CHE… »

Aujourd’hui aux Comores si on pose ces questions : Comment voulez-vous, que soient vos enfants, vos dirigeants politiques, vos présidents ? Sans nul doute, la grande majorité répondrait : Comme Ali Swalihi.

– 40 ans après ? L’actuelle génération (40 à 50 ans) qui n’a pas connue cet homme illustre et politiquement lucide, pourtant, bon nombre de cette génération, (incluses), reconnait que c’était le seul homme politique de ce pays (poste colonial) qui a aimé son pays, et son peuple… D’ailleurs, son lâche assassinat (en captivité) le mercredi 29 mai 1978 par les ennemis du peuple, à fait que cet acte de mourir l’a rendu immortel, ce jour-là, il est devenu martyre et héros… Croyant qu’en le tuant ils tueront l’idéal qu’il a défendu toute sa vie… Ils se sont trompés..! Ali Swalihi fut un homme d’idéal, qui à sa mort, est devenu lui-même un idéal… Il a eu une vie courte et pressée, mais il a tracé le chemin.

 » Je préfère vivre 1 jour comme un LION, que de vivre 100 Ans comme un MOUTON « 

Sankara.. Lequel de Sankara, il y a des similitudes, mimétisme, très troublants (pour ne pas dire une photocopie conforme y compris mois et date) entre la révolution Comorienne et celle de Burkina-Faso, dans la conception voire réalisation et les objectifs politiques. Mais bref !

Oui ! Mongozi a vécu comme un LION… Les valets locaux qui ont collaboré avec l’ennemi séculaire de notre pays, pour tuer Mongozi, honte à eux !

 » Sur le chemin de la TRAHISON, il n’y a que le fleuve de la HONTE, à traverser « 

disait François Mitterrand (paix à son âme). Depuis 37 ans, ces traîtres et la racaille de  » la république  » continuent à traverser ce fleuve de la Honte, devenu un OCÉAN pour eux.. Cette racaille, des terroristes politiques ont  » oublié  » qu’on ne peut jamais combattre l’incendie avec les allumettes qui l’ont allumée. Et le peuple doit frotter les museaux de ces criminels politiques dans leurs Cochonneries. Les juger comme ils le méritent sans état d’âmes, au nom de notre peuple.

En revanche, si la vie réelle du Guide Ali Swalihi s’est arrêtée ce mercredi 29 Mai 1978, incontestablement aussitôt après une autre POSTURE a pris naissance et elle n’est pas prête de terminer ou oublier. Oui ! Comme l’amour, la fidélité à un idéal politique peut faire des enfants. C’est le cas de la pensé Swalihiste. L’acte du 3 Août 1975, appartient à une génération, mais son message et le Swalihisme appartiennent à jamais, à une Nation, à un peuple.. Mongozi n’a pas laissé des héritiers (politiques), des évêques, des députés, pour parler en son nom.  » Ye Siyasa Ya Ufwakuzi Ya Komori Kayina Mouigni… Linu Hama Dzitso Lamadji  » etc.. On ne peut pas être plus Royaliste que le ROI. A signaler que les imposteurs persistent, encore et toujours (re-lire précédents messages l’Autopsie d’une lutte biaisée N° 2 et 3, mais nous y reviendrons en large plus loin)….  » Nous ne sommes plus que 12 personnes, c’est encore suffisant pour libérer CUBA  » disait en février 1874 à San Lorenzo le Cubain Carlos Manuel de Cespèdes. Et Jean Luc Mélenchon de dire :  » On ferait beaucoup plus de choses si l’on en croyait moins d’impossible « .. Ce nombre est presque le même le 3 Août 1975 pour libérer le peuple Comorien de toutes les formes de dominations. Traduire l’indépendance (fraîchement acquise) à une réalité politique.

-40 Ans après ? Le 3 Août 1975 a secrété un régime de démocratie Populaire au service du peuple. Une démocratie réelle, sert les intérêts de chaque individu, défend les droits, sociaux, politiques, réponde aux aspirations du peuple. Défend la société dans son ensemble. Ce besoin est indispensable comme l’air que nous respirions… La charte de droit de l’homme stipule que :  » Le droit de tout être humain de vivre dans son propre pays librement et décemment « . Et celle issue de la Conférence d’Arusha (Tanzanie) du 12 au 16 février 1990, stipule que :

 » L’avènement d’une Afrique nouvelle dans laquelle la démocratie, la responsabilité, la justice, le développement économique et la transformation doivent êtres intériorisés, et dans laquelle, la responsabilisation sont à l’ordre du jour dans CHAQUE PAYS « ..

Suite à cette déclaration, on voit que Mongozi Ali, avait 14 ANS d’avance sur la conférence d’Arusha. Une raison de plus que le peuple Comorien doit se libérer de la chaîne de la résignation. Depuis 37 ans (après la mort tragique de Mongozi) le message du 3 Août 1975, laisse ouvertes les portes, du changement et de l’espoir. En tenant compte bien sûr, du temps et de l’espace, et des nouvelles réalités de notre monde. Les Comores d’aujourd’hui, n’est pas ceux de 1975 / 1978. Mais ….

 » On ferait beaucoup plus de choses, si l’on en croyait moins d’impossible « 

disait Jean Luc Mélenchon. Sous la bannière du 3 Aout 1975, Mongozi Ali, a fait son temps et sa mission, à nous de faire la nôtre. Oui !

 » Les grands hommes qui découvrent des vérités lumineuses en viennent aussi à commettre des fautes, qui prouvent qu’ils sont aussi des humains « …

Mongozi Ali n’a pas fait exception à la règle.. …. (A SUIVRE)…..

Marseille le jeudi 23 Juillet 2015.

Salim Ahamada.
Ouvrier chauffeur Routier…

salim ahamada

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