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À PROPOS DES LANGUES DE NOTRE ARCHIPEL

À PROPOS DES LANGUES DE NOTRE ARCHIPELComme je m’y attendais, il y a une levée de boucliers comme chaque fois qu’on essaie d’aborder les vrais problèmes des Comores. Tout de suite, ce sont l’indexation séparatiste, les menaces à peine voilées, pour empêcher la réflexion des citoyens. Mais il est heureux que de plus en plus de voix osent s’élever, y compris de la Grande Comore, pour engager le débat et sortir enfin de la politique séculaire de l’autruche. Il faut admettre que notre archipel dénommé à tort les Comores sont un pays insulaire, et c’est aux citoyens de définir ce que doivent être les caractéristiques de ce pays, sans essayer d’en gommer les réalités. Une de ces réalités est la question de la langue: certains en dépit du bon sens veulent à tout prix imposer l’idée de l’unicité d’une langue comorienne.

Que les « Comoriens » parlent tous la même langue, le shikomori. J’ai montré pour éviter les débats théoriques, « linguistico-intellectualistes », que le propre d’une langue, c’est la communication entre les hommes. Et quand des gens censés parler la même langue, ne se comprennent, cela veut dire qu’ils ne parlent pas la même langue; c’est le cas du Shingazidja, et du Shindzuwani, qui doivent recourir au français pour se comprendre, à moins de connaître la langue de l’autre. C’est faire preuve de séparatisme que de dire cette vérité ? Car ce n’est pas une assertion sans conséquences: si la langue est unique, elle est nationale et c’est cette langue qui va être enseignée, qui figurera sur les documents officiels, qui va s’écrire dans les livres et se parler à la radio… Si elle n’est pas unique, se posera alors la question de la position et la place des autres langues.

Maintenant que certains disent que ce ne sont pas des langues, mais des dialectes, des parlers ou des patois, cela ne change rien à la situation. Une langue peut être nationale, quand elle a été adoptée comme étant la langue officielle d’un pays, comme le français, ou régionale comme le Breton, ou le Corse. Généralement, on parle de dialecte, quand c’est une variante locale qui dépend d’une langue nationale, quand au patois, il est utilisé de façon plus restreinte avec une connotation péjorative.

Pour les Comores, les parlers comoriens seraient des dialectes de quelle langue comorienne ? Ce sont des langues bantoues, ce qui est assez vague et proches pour certaines du swahili standard de Zanzibar comme le shindzuani et non du shingazidja, comme on tendance à le faire croire (grammaire, classes, vocabulaire etc.)

Pour abréger, je pense qu’il faut dire qu’il y a des langues comoriennes plus ou moins différentes les unes des autres et non une langue comorienne unique. Accepter cela ne veut pas dire que rien de commun n’est possible, tout au contraire c’est le premier pas pour bâtir quelque chose de réél et de solide.

À PROPOS DES LANGUES DE NOTRE ARCHIPELAnli Yachourtu jaffar

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