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A un moment où notre pays traverse une grave crise politique qui menace l’unité nationale, revenons sur quelques extraits du bel ouvrage de Madame Moinaecha CHEIKH YAHAYA

Vie et œuvre de Cheikh Yahaya Abdallah Salim
Khalife de la confrérie al-Shadhilyya al-Yasrutiyya aux Comores (1901-1981)
Archives familiales et histoire religieuse
Moinaecha CHEIKH YAHAYA

A un moment où notre pays traverse une grave crise politique qui menace l’unité nationale, revenons sur quelques extraits du bel ouvrage de Madame Moinaecha CHEIKH YAHAYA (Enseignante-chercheure à l’université des Comores).

Avant cela, comme il est de coutume, il me paraît judicieux de faire un rappel du verset 103 de la sourate 3 ( Wa ataswimu bi hab’lillahi djamia wala tafarraku) en d’autres termes « Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés ».

En remontant aux origines et fonctionnements du soufisme (al-tasawwuf), Madame Moinaécha CHEIKH YAHAYA nous rappelle et ou nous apprend ce qui suit :

  • « Il serait préférable que toutes les décisions prises en Conseil par la majorité soient discutées par tous les membres du Conseil même ceux qui n’étaient pas préférables mais la majorité prime sur la minorité. Ainsi stipule l’article 12 du manifeste de la tariqat shadhuliya Al-Yashrutiya (Page 77). « Le Qutub insiste ici sur les échanges, les concertations et les rencontres régulières entre les naibs, ainsi que le consensus en cas de points de vus divergents, la minorité doit se soumettre à la majorité……(Page 78)
  • Une lettre du Qutub Mohamed Al-Had au Cheikh Yahaya : « Nous tenons à vous informer que monsieur Ali Mohamed Kombo nous a adressés une lettre dans laquelle il dit que les femmes khalifes souhaitent recevoir des idjazas (autorisations à investir d’autres khalifes). Et il voulait avoir notre avis sur cette question. Est-il possible de leur délivrer des idjazas ou pas ? Est-il concevable ?…. » Le Qutub demande l’avis de Cheikh Yahaya sur la nécessité d’autoriser les femmes khalifes à investir d’autres femmes… (Page 98)
  • Une autre lettre du Qutub Mohamed Al-Had adressée à Saïd Hachim et Cheikh Yahaya dans laquelle le Qutub « leur demande des avis sur deux courriers qui leur étaient adressées par le naib de Majunga Cheikh Ali Mohamed Combo » (Page 100)
  • Une autre lettre de Cheikh Yahaya au Qutub « manifeste sa préoccupation à propos des conflits qui opposent la Palestine (pays natal du Qutub) à Israel que les mourides suivent attentivement et avec beaucoup de compassion à la radio nationale » (Page 105)
  • Un autre courrier du khalife de Kilwa au Qutub « reconnaît le travail fourni par Cheikh Yahaya, plus particulièrement en une période de troubles politiques à Zanzibar et Kilwa en pleine révolution contre le Sultan d’origine Omanie qui régnait sur ces îles » (Page 126)
  • Echanges avec les mourides de Maurice : « les archives de ce dossier sont les plus anciennes du répertoire des archives de Cheikh Yahaya. Elles datent des années 30, période où Cheikh Yahaya était investi khalife de la tariqat shadhiliyya par Saïd Ali Bin Cheikh. Il travaillait dans la marine marchande française, et il profitait de ses escales pour renforcer l’implantation de la tariqat dans les pays…. Avant les années 60, la tariqat à Maurice n’avait pas de khalife nommé par le Qutub et les mourides s’adressaient individuellement à Cheikh Yahaya » (Page 127)
  • Une autre lettre du Khalife de Maurice datant de 1966 fait comprendre que « selon la règle, que Cheikh Yahaya en tant que représentant du Qutub dans la région l’a nommé Khalife et il a été confirmé par le Qutub » (Page 130)

A travers cet ouvrage, la concertation, la consultation, le dialogue, les échanges aussi bien verticales que horizontales dans la société comorienne en général et les tariqat en particulier ; la valeur de la démocratie, les relations entre les politiques, les religieux sur le plan national, régional voire international se sont toujours manifestés.
Le consensus national a toujours servi de solution, de repère et de référence sur la base de l’histoire des pouvoirs successifs et de l’expérience politique accumulée.

Que pourrons-nous faire ensemble pour éviter les Tourmentes en cours dans ce bel archipel des Comores qui a vu naitre de prestigieux hommes de foi et prédicateurs à l’instar de Cheikh Yahaya Abdallah Salim et Cheikh Ali Mohamed Kombo, que Allah leur accorde sa miséricorde Ameen.

Toihir DAOUD

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