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AB Aviation provoque le génocide de ses passagers

AB Aviation provoque le génocide de ses passagers

La compagnie bananière traite ses passagers en bétail

Par ARM

     La scène a eu lieu à l’Aéroport Julius K. Nyerere de Dar-Es-Salam ce samedi 17 octobre 2015. Un voyageur qui n’avait pas vu son pays, les Comores, depuis septembre 1992, était impatient d’arriver en fin en vue de Hahaya et des autres terres comoriennes. Arrivé la veille de Paris, il se présenta au comptoir pour les formalités. «Ah! Le chef d’escale d’AB Aviation n’est pas encore là». Des gens qui le connaissent essaient de l’appeler frénétiquement sur son téléphone portable. Injoignable. Il était injoignable. Il finit par se présenter au comptoir. Il est  très sympathique et courtois. Les opérations d’enregistrement doivent commencer. Ah! Le système informatique est en panne. Il a fallu tout faire à la main, comme dans le bouiboui de Bandar-Es-Salam pompeusement baptisé «Aéroport de Mohéli». On se débrouille toujours avec les mots comme on peut en croyant arrêter les maux. Il a fallu faire passer en priorité des rescapés d’une vedette qui avait quitté une île comorienne pour une autre île comorienne, mais qui avait erré dans tout l’océan Indien occidental avant d’échouer sur les côtes tanzaniennes. On finit par régler tout ça. L’appareil d’AB Aviation était censé quitter Dar-Es-Salam à 15 heures 30 pour Hahaya, mais quand les passagers se rendirent à la salle d’embarquement, ils ne voyaient aucun avion de la compagnie sur la piste. Pourtant, il finit par arriver. À 15 heures 33, l’heure à laquelle il devait commencer à chauffer ses moteurs pour décoller. Il finit quand même par partir. À 16 heures 20. C’est tout sauf glorieux.

     Pourtant, tout le monde semblait résigné. Quand AB Aviation fait décoller ses appareils aux Comores avec 40 minutes d’avance, on peut toujours s’arranger. N’est-on pas aux Comores, où on trouve toujours des arrangements foireux? Mais, qu’en est-il des passagers de la compagnie bananière qui doivent arriver à Dar-Es-Salam à une heure précise pour prendre une correspondance à une heure également précise? Un génocide. Oui, AB Aviation, compagnie bananière qui profite de la détresse des Comoriens, traite ses passagers à l’international en simple bétail parqué dans un enclos. Même les vaches valent mieux parce qu’on les mène à l’abreuvoir à une heure précise. Au moment où paraît cet article, des passagers de la compagnie bananière AB Aviation sont parqués à l’Aéroport de Dar-Es-Salam comme des moutons qu’on s’apprête à sacrifier à l’occasion de la Tabaski ou même lors du Korité. Ceux de ces passagers qui devaient prendre une correspondance pour une autre destination ont tous raté leurs avions, et la compagnie bananière AB Aviation s’en moque. Elle a même confisqué les titres de voyages du pauvre cheptel humain. Autant dire qu’en ce moment, ces titres de voyage ne valent même pas le pet d’un lapin atteint d’une grave maladie. Il faudra payer des «pénalités» pour pouvoir continuer son voyage. Mais, la compagnie bananière AB Aviation s’en moque puisqu’elle sait qu’avec les Comoriens, elle ne risque rien. Des gentils toutous, ces Comoriens-là.

     Et puis, strictement entre nous, pourquoi s’inquiéter de Comoriens qui subissent toutes les avanies du monde au moment où ils doivent prendre un avion, surtout quand il s’agit de faire un voyage entre les Comores et la France à la fin des vacances d’été? Ces Comoriens se plaignent mais n’offrent pas un spectacle qui mérite qu’on s’y attarde. C’est du réchauffé. Chaque été, c’est pareil. Le comble, c’est qu’il y a même une compétition sauvage pour tout faire afin d’empêcher ceux qui peuvent sortir les Comoriens de cette misère de faire un travail bien propre. Il y a trop d’intérêts occultes en jeu, et les procédés mafieux ne manquent pas.

     Naturellement, les petites compagnies qui desservent les lignes internes des Comores, AB Aviation et Inter-Îles, apportent un plus qui n’existait pas en 2014, mais tout de même… Même si aux Comores, il n’y a pas d’autorité étatique, il faudra quand même penser à la détresse de tous ces Comoriens qui auraient souhaité qu’on les traite en êtres humains et non en bétail. En même temps, il faut admettre le fait que ces compagnies bananières traitent les autorités comoriennes en vauriens qu’elles sont. Alors, comment des compagnies bananières pourraient avoir du respect pour les citoyens d’un pays dont elles ne respectent même pas les pouvoirs publics?

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 14 août 2016.

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