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Abdallah Agwa bâillonné, Azali Assoumani crâne

Abdallah Agwa bâillonné, Azali Assoumani crâne

Le journaliste et la carte de presse qui n’existe pas

Par ARM

  Pauvre pays! Comment un pays aussi beau et aussi agréable a-t-il fait pour tomber si bas? La plupart des Comoriens ne le savent pas, pourtant, Dieu les a placés sur l’un des plus beaux du monde. Prenez la route à Moroni et rendez-vous dans le Hamahamet en passant par la «Route d’en haut». Quand on admire les paysages à couper le souffle qui s’offrent au regard, on a la délicieuse impression qu’on ne mourra jamais un jour. C’est très beau. C’est trop beau. C’est l’un des paysages les plus merveilleux du monde. Ce n’est donc pas pour rien qu’en septembre 2016, un avocat parisien s’est exclamé, après avoir appris que l’étudiant qu’il avait devant lui était Comorien: «Les Comores? C’est le paradis terrestre, là-bas! C’est un pays paradisiaque. C’est un pays de rêve». Malheureusement, la beauté naturelle des Comores n’est pas celle des dirigeants du pays. Pis, dans «le paradis terrestre» comorien, les gens n’ont même pas le droit d’être, de vivre et de parler. La manière ignominieuse par laquelle Abdallah Agwa a été kidnappé, séquestré avant d’être interdit de bouche n’est pas digne d’un pays considéré comme un «paradis terrestre», mais d’un enfer. Que vaut un «paradis terrestre» où la parole est interdite par l’autorité du jour, un usurpateur inculte de surcroît?

Les commentaires des haineux sont à la mesure de leur haine, jalousie, aigreur et inculture. Ils ne veulent pas admettre l’iniquité qu’il y a à demander à Abdallah Agwa une carte de presse alors que cette carte n’existe pas aux Comores. Nous sommes quelques Comoriens à en disposer, mais nous ne l’avons pas obtenue à Moroni. À titre symbolique, je mets la mienne à la disposition d’Abdallah Agwa, mon frère en liberté de la presse. Cher Abdallah, ma carte est la tienne, et je vais entamer des démarches pour te faire obtenir la tienne propre. Oui, je vais demander une carte internationale de presse à mon frère Abdallah Agwa, et on verra alors les tyrans de Moroni inventer autre chose pour empêcher d’exercice le fleuron des journalistes comoriens. Je ne sais pas si je vais l’obtenir ou pas. Cependant, je vais la demander. De toute façon, l’exercice du métier de journaliste n’est conditionné ni à un diplôme particulier, ni à la production d’une carte de presse. La carte de presse est avant tout un sésame à faire connaître la qualité de journaliste de son porteur. Et partout dans le monde, certains grands journalistes n’ont jamais été dans une École de Journalisme, et d’autres n’ont même pas le Baccalauréat.

Où sont donc ces «Messieurs les bons démocrates» de la présidence Ikililou Dhoinine, les Ahmed Ali Amir et autre Msa Ali Djamal qui poussaient des cris d’orfraie et faisaient des simagrées de vierge effarouchée dès qu’on signalait qu’un journaliste a écrit une faute sur son article? Que n’avons-nous pas écrit contre Mohamed Abdou Soimadou quand du journal Al-Watwan dit Al-Wawa montait la moindre plainte! Nous l’avons traîné dans la boue là où aujourd’hui on se tait. Toujours sous Ikililou Dhoinine, le ministre Hamada Abdallah, auteur d’une censure d’un article sur le même journal, a subi nos sarcasmes, injures et critiques. Aujourd’hui, on interdit d’antenne le journaliste le plus suivi du pays, et l’affaire est traitée comme un banal fait divers. Ceux qui criaient hier sont devenus hypocritement silencieux. Y aurait-il de «bonnes» et de «mauvaises» victimes de l’arbitraire? Aux Comores, oui.

Quelques heures seulement après l’horrible, illégale et hideuse interdiction du samedi 31 décembre 2016 frappant Abdallah Agwa et sa radio, toute honte bue, le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani décida de se déculotter devant sa presse à ses ordres, sa presse dégoulinant d’obséquiosité servile, celle dirigée par Ahmed Ali Amir et son ancien ennemi Msa Ali Djamal. Ce que l’usurpateur a dit est un long tissu de radotages et de bêtises, dénotant son manque de culture générale et de culture d’État. Comment l’homme qui a tué la seule presse libre des Comores peut pousser l’hypocrisie jusqu’à se déclarer partisan de «la presse libre et indépendante»? Il faut être un taré pour se livrer à cet exercice.

Le dictateur de village prétend reconnaître la qualité du travail des journalistes, qui ne disposent pas de grands moyens pour faire ce qu’ils ont à faire: «Ce qui prouve que vous prenez des risques, bien qu’à la différence de vos collègues d’autre pays, eux disposent de beaucoup de moyens». Pourtant, les risques encourus sont les mêmes, comme le prouve la douloureuse affaire Abdallah Agwa. Le «ventriote» Azali Assoumani ose prétendre également: «Je suis parmi ceux qui croient que le travail que vous abattez contribue considérablement à la consolidation de la démocratie déjà enclenchée dans le pays. Dans ce cadre, les médias deviennent indispensables et même nécessaires». Là, il parle de sa presse «lèche bottiste» et lèche-cul. Quant à la «consolidation de la démocratie déjà enclenchée dans le pays», on est en droit de s’interroger sur l’existence et la nature de cette «démocratie». Où est-elle? Pourtant, le crâneur de Beït-Salam croit bien faire en ajoutant stupidement: «Ce qu’il reste à nous, autorités, c’est de vous accompagner avec les moyens que nous pouvons pour que vous pussiez accomplir vos missions». Cela fait très faux-culs de la part du dictateur de village qui vient de démanteler la seule presse libre des Comores.

On doit s’interroger sur le griot qui a soufflé à son dictateur la stupidité suivante: «Bien que les constitutionnalistes ne l’entendent pas de cette oreille, les médias deviennent le quatrième pouvoir et ils se sont imposés ainsi». Qui lui a dit que les constitutionnalistes ne veulent pas reconnaître la puissance des médias alors que partout ils sont reconnus comme constituant le 4ème pouvoir? Les constitutionnalistes retiennent le principe des trois pouvoirs originels, et ne vont pas le dévergonder en attribuant officiellement le titre de «4ème pouvoir» comme cela est fait avec les trois pouvoirs étatiques (législatif, exécutif et judiciaire) parce que les médias sont publics et privés. Or, les constitutionnalistes parlent d’institutions publiques. C’est tout.

C’est une vraie plaie que d’entendre le tyran Azali Assoumani caqueter en ces termes, disant le contraire de ce qu’il fait au quotidien: «Je ne veux en aucun cas vous utiliser, ni vous museler; au contraire, nous voulons la liberté d’expression sans restriction aucune», «mais je vous demanderai une chose que j’appelle depuis longtemps: réorganisez-vous. Vous exercez un métier qui a un côté libéral, de telle façon que si l’État veut s’en approprier, cela sera vu comme une ingérence inacceptable». Entendre ça et mourir… En tout état de cause, moins d’une semaine après la destruction de La Baraka FM et de l’interdiction du journalisme à Abdallah Agwa, un journaliste qui se présente à Beït-Salam pour entendre un dictateur bouché parler de «presse libre et indépendante» est dans la complicité et la connivence.

Une dernière chose: tout ceci finira mal pour ceux qui ont transformé le «paradis terrestre» comorien en enfer sur Terre. Qu’on sache qu’il y a encore six mois, les Mohéliens de Beït-Salam écrasaient le monde entier par leur mépris. Ils sont où aujourd’hui?

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 4 janvier 2017.

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