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Abdallah Agwa et les faux-culs de la liberté de la presse

Abdallah Agwa et les faux-culs de la liberté de la presse

Le strabisme divergent des donneurs de leçons sur la liberté?

Par ARM

  Très faux-culs, les donneurs de leçons sur la liberté d’expression et sur la liberté de la presse aux Comores… Sous Ikililou Dhoinine, surtout de 2014 à 2016, nous sommes tous montés au créneau pour dénoncer avec passion le moindre acte pouvant s’apparenter à de la violation de la liberté d’expression et de la liberté de la presse. Certains, les bien-pensants, ont poussé l’hypocrisie jusqu’à parler d’une «révolution ylang-ylang», d’autres, les chantres de la bien-pensance, d’un «Mouvement des Indignés de la République» à la sauce Karthala. En réalité, ce qui intéressait ces gens-là ce n’était pas la défense d’un idéal de liberté, mais une volonté manifeste et hypocrite de se donner en spectacle, de s’ériger en donneurs de leçons par pure escobarderie, donc de faire parler d’eux en tant que parangons de la liberté. Ces gens-là ne croient en rien. Ils ne respectent rien. Ils aiment la politique spectacle, avec des éditoriaux à la sauce tomate dégoulinant d’obséquiosité, avec une indignation sélective et sur commande, à la tête du client.

Naturellement, tous les donneurs de leçons sur la liberté de la presse aux Comores ont été achetés par le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani, certains au lendemain de son putsch du 30 avril 1999, d’autres dans le sillage de la mascarade électorale de 2016. Dans le cas de ceux qui ont été achetés au lendemain du 30 avril 1999, les prétendus «Mémoires» du fugitif international Hamada Madi Boléro en disent long sur eux. Dans le cas des seconds, la mercenaire crypto-sambiste Anziza Mchangama, laborieuse correspondante de Radio France Internationale (RFI) dans le bar pour ivrognes institutionnels à Moroni, en est l’exemple le plus révoltant.

Aujourd’hui, les Comoriens sont très étonnés de constater que les donneurs de leçons refusent de s’indigner alors que les crimes les plus graves sont commis contre la liberté de la presse et contre la liberté d’expression. Ibrahim Abdourazak dit Razida à Moroni, El-Amine Ali Mbaraka dit Aboulkhaïr à Fomboni, et aujourd’hui, Abdallah Agwa à Ntsoudjini sont les victimes les plus emblématiques de la descente aux enfers de la liberté d’expression et de la liberté de la presse aux Comores. Dans chaque cas, on se rend compte du silence très bruyant des donneurs de leçons, affichant leur affiliation idéologique et financière au tyran Azali Assoumani pour se taire.

Lundi 26 décembre 2016, le Procureur de la République a ordonné un mandat de dépôt contre la crème des journalistes comoriens, le frère Abdallah Agwa, Abdallah Abou Hassan, de son vrai nom. Pourquoi? Parce que le plus célèbre des journalistes comoriens a proféré ce qui est assimilé à la plus horrible des hérésies: «Azali Assoumani porte les habits et les écharpes de la tradition comme s’il était grand notable ou un dignitaire religieux. Or, il n’a aucun des deux statuts». Mesdames, Messieurs, sérieusement, est-ce qu’on kidnappe et on séquestre dans une prison un journaliste pour de tels propos? Le frère Abdallah Agwa a également dit que Saïd Ali Chayhane devait voir des magistrats mais que la rencontre n’a pas eu lieu. Là, on l’oblige à divulguer ses sources, alors qu’on ne demande jamais une telle chose à un journaliste. En même temps, lui poser la question signifie que le frère Abdallah Agwa avait entièrement raison et que son information était entièrement fondée.

Maintenant, parlons Droit. Le Procureur de la République a ordonné un mandat de dépôt contre le journaliste vedette? Très bien. Mais, en avait-il le droit? Non et jamais! Il faudra expliquer la chose aux gens. Eh bien, le Procureur de la République ne peut pas ordonner un mandat de dépôt parce que cela relève de la compétence d’un juge et non d’un Procureur. En effet, un mandat de dépôt est par définition l’ordre donné par un juge au Directeur d’une prison pour recevoir ou maintenir en détention une personne condamnée à de la prison ferme ou un mis en examen et placé en détention provisoire. Or, dans le cas d’Abdallah Agwa, on n’est en présence d’aucun de ces cas de figure, et le Procureur se substitue illégalement au juge. Continuons notre raisonnement juridique. Une personne jugée peut se voir délivrer un mandat de dépôt à l’issue de l’audience. Cette personne est alors conduite en prison à l’issue de son procès. Or, il n’y a pas eu de procès contre Abdallah Agwa. Dans le cas d’une audience ordinaire, la peine prononcée par le juge doit être supérieure à un an pour qu’un mandat de dépôt soit délivré à l’audience. Cette peine de prison n’a jamais été prononcée et est impossible à prononcer en matière de presse. En fin de compte, cette dernière condition n’est pas exigée en cas de comparution immédiate, et nous savons qu’en matière de presse, il n’y a ni comparution immédiate, ni flagrant délit. Donc, toute la procédure suivie est illégale, et Abdallah Agwa a fait l’objet d’un rapt, d’un enlèvement et d’une séquestration.

Lisons l’article 393 du Code de Procédure pénale: «L’individu arrêté en flagrant délit et déféré devant le Procureur de la République, conformément à l’article 71 du présent Code, est, s’il a été placé sous mandat de dépôt, traduit sur-le-champ à l’audience du tribunal». Or, au risque de nous répéter, en matière de presse, il n’y a ni flagrant délit, ni comparution immédiate. Qu’on le dise au ministre des Prisons pour ses ennemis politiques!

Parlons vrai. Chaque année, des milliers de Comoriens rentrent aux Comores avec leurs diplômes. Or, il n’y a qu’un seul Comorien dont les titres universitaires sont contestés: Sa Seigneurie le Grand Vizir en charge de Dieu, du Prophète, du Paradis, des Gènes, de la Généalogie et de la Génétique. Le débat sur l’authenticité de ces titres universitaires n’a pas lieu d’être, et franchement, nous ne l’aborderons pas ici. Cependant, il faudra signaler un fait très objectif, un fait de notoriété publique: le Grand Vizir donne toujours raison à ses adversaires parce que ses raisonnements en matière de Droit ont toujours été catastrophiques. Il n’a jamais été capable de raisonner comme un juriste. Il a ses propres Codes et dit ce qu’il veut, faisant rire tout le monde aux Comores et ailleurs. Or, il pourrait éviter la stigmatisation en se documentant avant d’aller parler «Droit» en public, et avant de faire appliquer la Loi d’une manière ouvertement contestable et contestée. Son problème en matière de Droit ne se pose pas seulement en termes de diplômes pour ceux qui en contestent l’authenticité – cela ne nous regarde pas –, mais aussi en termes de connaissance de la matière pour les juristes.

Il reste que le problème ne se pose pas seulement en matière juridique, mais également sur le plan de la déontologie journalistique. Il y a encore quelques mois, quand Ikililou Dhoinine était au pouvoir, on nous a rabâché les tympans jusqu’à la nausée sur le frère Ahmed Ali Amir, Directeur du journal gouvernemental Al-Watan dit Al-WawaCelui qui démange ou gratte») – qu’il faut saluer au passage –, comme le modèle du journaliste indépendant, et le voilà qui préfère pousser un coup de gueule contre un canard satirique en ligne et fermer les yeux sur les affaires Ibrahim Abdourazak dit Razida et Abdallah Agwa. Quant à Msa Ali Djamal, Directeur de l’ORTC, c’est également motus et bouche cousue jusqu’au jour où il se retrouvera dans la galère du métro parisien en train de parler du sociologue Pierre Bourdieu, dont il serait la réincarnation, d’après ses propres prétentions fantasmagoriques.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 28 décembre 2016.

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