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Ahmed Abdallah Mohamed Sambi n’est ni la République, ni le peuple, ni l’île d’Anjouan

Quel mouche a piqué l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi pour vouloir faire réviser la constitution à la veille des élections harmonisées ! Ambessé Mgou wahahé– peut-être Dieu n’existe que pour assouvir ses envies.
Depuis que l’envie de retrouver les honneurs présidentiels et ses attributs matériels lui saisit, Sambi, poussé par la cohorte de ses thuriféraires, prend en otage le pays avec son improbable candidature. Il a recouru à tous les moyens pour imposer celle-ci : meetings et marches, pétition, mémorandum adressé à l’Union africaine, saisine de la cour constitutionnelle…. Etc.
©habarizacomores.com
Un communiqué de son parti, le JUWA-PEC ( lire le communiqué sur habarizacomores.com), fait état de l’initiative prise par ses onze députés, soit un tiers des membres de l’Assemblée de l’Union, pour déposer « une proposition de loi constitutionnelle portant révision de l’article 13 de la Constitution conformément à l’article 42 de la Constitution ».

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A lire les motifs de cette proposition de loi constitutionnelle, celle-ci « intervient après que après que la cour constitutionnelle se soit déclarée incompétente pour donner suite au recours en interprétation de l’article 13, recours introduit auprès d’elle pour demander une clarification des conditions d’éligibilité à la primaire ». Et son objet est « de préciser que la primaire est ouverte à tous les comoriens de naissance »
D’où cet ajout à l’article 13 de la constitution : une élection primaire « ouverte à tous les comoriens de naissance quelle que soit son origine insulaire »
Plusieurs leçons sont à tirer.
Premièrement, Sambi admet que l’article 13, dans sa version actuelle, ne l’autorise pas à concourir aux prochaines présidentielles. D’où cette idée de réviser cette disposition.
Deuxièmement, l’article 13, tel qu’il est présenté, exclut les comoriens naturalisés et les comoriens « économiques », une propre invention de Sambi, de l’élection présidentielle, puisqu’il est disposé que la primaire n’est ouverte qu’aux comoriens de naissance.

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Troisièmement, en ne cherchant pas à réviser les dispositions de l’article 14 de la constitution, lesquelles constituent un complément indispensable de l’article 13, Sambi ouvre la voie à un refus du gouvernement de donner suite à sa révision.
Quatrièmement, si cette révision n’aboutit pas, sambi va enterrer définitivement son rêve de se porter candidat en 2016. Et pour des raisons évidentes, celle-ci n’aboutira pas. D’abord, Sambi ne dispose pas de la majorité de deux tiers des députés et des conseillers requise par la constitution pour son adoption. De plus, plus rien n’oblige le parlement à examiner sa proposition de loi et le gouvernement à donner suite à celle-ci. La simple passivité du bureau de l’Assemblée et du gouvernement fera moisir sa proposition dans les tiroirs du bureau du président de l’Assemblée et ses visées présidentielles avec.

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Sauf hystérie, il est inimaginable que Sambi veuille déposer une candidature après un tel échec. Dans tous les cas, en admettant que l’article 13 ne l’autorise pas à être candidat, il a offert les outils à la cour constitutionnelle pour rejeter sa candidature.
Mais en réalité, de quel droit et de quelle légitimité Sambi voudrait-il imposer son humeur et son appétit de pouvoir à la nation comorienne ? Il n’est ni la République, ni le peuple, ni l’ile d’Anjouan. Il n’est ni une figure historique du pays, ni un libérateur et il n’est pas de ceux qui se sont battus pour l’indépendance du pays. Sa popularité est somme tout relative, puisqu’il n’a réussi à faire élire que deux députés à Ngazidja et n’a aucun député à Moheli. Son bilan présidentiel est mitigé et à cause de sa « citoyenneté économique », l’image du pays est écornée et sa sécurité mise à mal.

Par Abdou Elwahab Msa Bacar

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