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Ahmed Ali Amir, de nouveau limogé. Quel gâchis!

Ahmed Ali Amir, de nouveau limogé. Quel gâchis!

Après Ikililou Dhoinine, Assoumani Azali le congédie

Par ARM

     En priant Dieu pour qu’il y en ait d’autres, à ce jour, j’ai eu une seule rencontre avec Ahmed Ali Amir (AAA). C’était le samedi 9 janvier 2016, à Moroni, au siège du journal gouvernemental Al-Watwan dit Al-WawaCelui qui pique, fait démanger ou fait gratter»). Je rencontrais également pour la première fois d’autres plumes du journal dont, tapi dans l’ombre, je suis avec gourmandise et intérêt la carrière, toujours prêt à apprécier et savourer les bons mots et les formules bien senties: Mme Faïza Youssouf Soulé, Mohamed Inoussa et bien d’autres. Je n’avais interrompu ces échanges républicains et fraternels, très utiles et intéressants, ponctués de rires, que parce que j’avais un avion à prendre pour mon habituel vagabondage international.

Le mercredi 23 mai 2018, j’écrivais à telle personnalité comorienne le message dans lequel on retrouve les mots suivants: «Tu feras part à Ahmed Ali Amir de tout mon respect pour vos initiatives heureuses et citoyennes, en écrivant ce qui relève de la vérité pure, quitte à mettre en danger vos carrières – ce qui est le cas en ce qui te concerne. Je vous témoigne également mon respect pour la démarche consistant à donner la possibilité de s’exprimer à des opinions dissidentes. Je suis sur la contribution de mon ami Djaffar Mmadi […]. Je note, par ailleurs, que l’appellationAl-Wawaˮ ne dénote de ma part aucune forme de mépris. Du reste, pour la rédaction de mon livre actuel, je cite de nombreuses archives du journal».

Or, ce jeudi 12 juillet 2018, les réseaux sociaux comoriens font circuler à la vitesse de la lumière le message par lequel Ahmed Ali Amir apprend aux masses populaires qu’il venait de se faire chasser de son poste de Directeur de publication d’Al-Watwan par le «pouvoiriste» polygame fou Assoumani Azali Boinaheri dit Bakapihi, «Le Père qui ne prépare jamais à manger». C’est d’une tristesse infinie. Il y a peu, c’est Mme Faïza Youssouf Soulé qui avait rendu son tablier de rédactrice en chef du journal.

Tout ceci arrive dans le cadre de la dérive dictatoriale qui avait été à l’origine de la fermeture pure et simple de la Radio Baraka FM d’Abdallah Agwa, et après les propos malheureux du «concubinocrate» Assoumani Azali Boinaheri contre Radio Kaz, et même contre Al-Watwan, le journal étatique étant accusé par le dictateur fou de Mitsoudjé de ne pas soutenir les folies autocratiques et dictatoriales de la «Ripoux-blique» de Mitsoudjé.

Dans le message annonçant son limogeage, Ahmed Ali Amir lance un véritable cri du cœur en faveur de la liberté de la presse, du pluralisme des idées, du respect du métier des journalistes et de la politesse entre Comoriens, le tout avec espoir, l’espoir que les Comores puissent retrouver un jour leur chemin de Damas: «Je quitte le navire dans une période de grandes turbulences politiques. La presse est devenue dans notre pays le moyen de contestation de l’ordre établi le plus accessible pour l’ensemble des acteurs de la société. Je ne désespère pas de voir les décideurs politiques prendre un jour la mesure pour garantir, dans les médias publics, la liberté d’expression et la liberté de la presse.

     Je suis de ceux qui sont persuadés qu’il est possible et souhaitable de mettre en place un système politique pluraliste où la circulation de l’information sera libre et où la pluralité d’opinions sera garantie. Nous vous avons promis durant la campagne référendaire d’apporter l’éclairage nécessaire sur le projet de révision constitutionnelle. Nous avons pris l’engagement d’analyser les performances du gouvernement, de couvrir la campagne, de fournir aux partis politiques et aux organisations de la société civile un espace pour qu’ils puissent communiquer leur message à l’électorat et aux citoyens, et de suivre de près le processus électoral lui-même dans le but d’évaluer son équité, son efficacité et son intégrité.

     Nous assistons ces derniers jours à la montée d’un discours fondé sur des préjugés négatifs et injustes des communautés insulaires en raison de leur attachement à l’autonomie et à la présidence tournante. Il est temps de rectifier le tir avant que le venin de ce discours de stigmatisation ne produise ses effets sur l’imaginaire populaire».

Il est édifiant de constater que quelques heures seulement avant son déguerpissement de Bête-Salam, Ikililou Dhoinine avait bêtement et sauvagement limogé Ahmed Ali Amir, qui sera reconduit à ses fonctions par le bambochard Assoumani Azali Boinaheri, qui le vire ce jeudi 12 juillet 2018. C’est très triste. Ahmed Ali Amir, Mme Faïza Youssouf Soulé et d’autres journalistes avaient redonné à Al-Watwan ses lettres de noblesse et toute sa respectabilité, et aujourd’hui, on assiste à une grave régression de la liberté de la presse aux Comores. Oui, c’est très triste de voir que le valeureux combat mené par de valeureux journalistes a été anéanti. Il sera remis à l’honneur un jour.

Respect à Ahmed Ali Amir.

Respect à Mme Faïza Youssouf Soulé.

Respect à tous ceux qui se battent pour la liberté de la presse aux Comores.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Jeudi 12 juillet 2018.

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