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Ahmed Ali Amir: honnêteté intellectuelle et de travail

Ahmed Ali Amir: honnêteté intellectuelle et de travail

Probité, déontologie et courage pour un poste à risques

Par ARM

       Pour faire son travail de Communication à Bête-Salam, Ahmed Ali Amir emprunte au juriste sa méthode. Il fait comme l’avocat qui porte la robe de la profession pour mettre de la distance avec son client, et s’investit dans son travail en termes d’obligations de moyens, puisque les obligations de résultats ne sont pas de sa compétence et de celui de l’avocat.

Indubitablement, l’interview qu’il a accordée le 30 avril 2021 à La Gazette des Comores est d’utilité publique, et cela, parce qu’on n’y retrouve aucune trace de langue de bois. Il dit la vérité telle qu’elle est, sans palinodies, sans finasser. Il évite soigneusement les arrangements avec la vérité. Il parle avec sincérité et honnêteté. Il désapprouve les restrictions de la liberté de la presse aux Comores: «Les journalistes sont victimes d’intimidations, d’arrestations, par conséquent pratiquent généralement l’autocensure par peur de subir des menaces ou des lourdes peines pour diffamation. Ces pressions viennent de partout: État et communauté, groupes d’intérêts ou religieux… C’est une culture politique qu’il faudra radicalement changer. J’en étais plusieurs fois victime sous tous les régimes pour comprendre l’injustice qui caractérise ces pratiques. Cette atmosphère pesante et les dispositions législatives existantes ne sont pas de nature à favoriser la liberté de la presse». Merci.

Il explique les difficultés de son métier, quand il fait des propositions très utiles pour l’élargissement de la liberté de la presse mais sans être écouté: «Les mécanismes, c’est d’abord un engagement politique clair et fort sur la liberté de la presse. J’avais préconisé que dans le cadre des assises de la presse, le Président fasse au préalable trois annonces importantes, notamment la dépénalisation des délits de presse, l’adhésion à la Déclaration internationale sur l’information et la démocratie, pour affirmer une position forte en faveur de la liberté, de l’indépendance, du pluralisme et de la fiabilité de l’information comme l’ont fait certains de ses pairs en Afrique, et enfin le financement pour lancer le monitoring logé au CNPA. À l’issue de ces assises, je pense que l’État doit annoncer un apport budgétaire sur le Fond d’Appui aux Médias indépendants, décider de l’augmentation substantielle des dépenses de communication (publicité, émissions) de l’État consacrées à la presse écrite et audiovisuelle et l’observation de l’équité entre médias publics et privés, préconiser l’obligation d’abonnement pour un journal de leur choix de toutes les administrations et mairies, adopter la loi pour faciliter et garantir l’accès aux sources d’information, renforcer le rôle de régulateur, dans son volet d’observation des règles et des sanctions en lui dotant d’un budget conséquent, apporter un appui institutionnel à la formation continue des journalistes et enfin soutenir l’information numérique et parrainer le lancement de la carte professionnelle de la presse. Autre sujet important, l’engagement ferme de soutenir le projet de la mise en place urgente d’une imprimerie du groupement des éditeurs, pour réduire le prix, améliorer la qualité de production, etc. Ces mesures et mécanismes peuvent aider à améliorer la liberté de la presse et faciliter l’exercice du métier de journaliste». Bien dit.

Il s’insurge contre l’arrestation du journaliste Oubeidillah Mchangama, et crie à l’injustice: «L’arrestation d’un journaliste est souvent sinon toujours motivée par une volonté d’empêcher la manifestation de la vérité. Rien d’autre. Dans ce cas précis, je trouve que c’est injuste. Quand un journaliste demande l’utilisation des fonds alloués aux financements des audiences sur les agressions sexuelles, il fait son travail. La réponse n’est pas son arrestation ou son interdiction de parler et d’écrire, mais la présentation des preuves de l’affectation de cet argent là où il était destiné. J’avais suggéré de saisir la Cour suprême pour casser cet arrêt, on ne m’a pas écouté. Je pense que les sages l’auraient annulé, jugé anticonstitutionnel. L’écriture et la parole ne peuvent être interdites à qui que ce soit, n’en parlons plus à un journaliste». C’est honnête et propre…

Sa conclusion est un véritable cri du cœur et un grand acte de courage, plaçant chacun devant ses responsabilités: «Il faut être un poltron ou un pleurnichard pour regretter ses décisions. J’en assume les miennes. Je me bats chaque jour pour faire valoir mes idées. À charge à celui qui m’emploie de les prendre en compte ou de s’en éloigner». Encore, merci.

En d’autres termes, il fait honnêtement son travail en suggérant ce qu’il y a de mieux pour le pays (obligation de moyens), mais, comme il n’est pas son propre chef, il ne peut pas imposer à son chef des décisions (obligation de résultats). Ça, c’est honnête. Ahmed Ali Amir n’a proféré aucun mensonge dans cette belle interview, dont nous avons jugé nécessaire d’en publier des extraits, en présentant nos excuses à La Gazette des Comores, qui précise: «Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable». La Gazette des Comores est priée de ne pas nous en tenir rigueur.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 3 mai 2021.

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