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Ahmed Sambi finira à la Cour pénale internationale

Ahmed Sambi finira à la Cour pénale internationale

Le promoteur du «chaos» pourrait rendre des comptes à la CPI

Par ARM

   Des faits mémorables. C’était en 1999. En Côte-d’Ivoire, tout un pays était tenu en haleine par les conjonctions de coordination et les virgules d’une haineuse idéologie de l’«ivoirité», faite de xénophobie, tribalisme, racisme et exclusion, et destinée à faire d’Alassane Dramane Ouattara (ADO) un étranger chez lui, en Côte-d’Ivoire, dès la mort en décembre 1993 du Président Félix Houphouët-Boigny, dont il avait été le Premier ministre. L’«ivoirité» avait rendu le climat politique lourd à couper au couteau en Côte-d’Ivoire. Et quand, de l’étranger où il s’était réfugié, Alassane Dramane Ouattara disait, en décembre 1999, qu’il allait passer les fêtes de fin d’année 1999 à Abidjan, on rigolait. Pourtant, quelques jours plus tard, le 24 décembre 1999, le Général Robert Gueï fit son coup d’État, et Alassane Dramane Ouattara passa les fêtes de fin d’année à Abidjan comme il l’avait prédit. Le 28 novembre 2010, le même Alassane Dramane Ouattara remporta l’élection présidentielle, mais Laurent Gbagbo s’autoproclama vainqueur et brûla le pays pendant 6 mois. Or, pendant que le dictateur ivoirien mettait à feu et à sang la vitrine de l’ancien «pré carré» francophone d’Afrique, Alassane Dramane Ouattara lui avait dit: «Tu finiras devant la Cour pénale internationale». Le 11 avril 2011, effectivement, Laurent Gbagbo fut arrêté et finit sa course à la Cour pénale internationale (CPI), comme l’avait prédit le Président Alassane Dramane Ouattara. À la CPI, Laurent Gbagbo, dictateur têtu et arrogant comme Ahmed Sambi, n’est pas seul; il se trouve en compagnie d’autres garçons irresponsables et sanguinaires comme le Congolais Jean-Pierre Mbemba et l’ancien Président Charles Taylor du Liberia. Le Malien Ahmad Al Faqi El Mahdi, le destructeur d’œuvres historiques, a rejoint ces «“saigneurs de guerre» dans les cellules de la CPI.

   Et au train où vont les choses, ces sanguinaires seront bientôt rejoints par un autre sanguinaire, et ce sanguinaire est comorien. Ce Comorien a un nom connu et un visage connu: Ahmed Sambi, ancien Président de l’Union des Comores. La chose peut faire rire aujourd’hui. Pourtant, il ne faut pas rire. Le «chaos» promis par Ahmed Sambi se trouve bel et bien dans de nombreux articles du Statut de Rome sur la Cour pénale internationale. Le «chaos», c’est quoi? C’est avant tout le déclenchement d’un conflit armé: crime contre la paix. Et lors d’un conflit armé, il se passe plusieurs catastrophes, dont les auteurs peuvent être traduits devant la CPI. Les infractions en question relèvent notamment du crime de génocide, du crime contre l’humanité et du crime de guerre.

   C’est ainsi que l’article 6 du Statut de Rome nous apprend, s’agissant du crime de génocide, qu’«aux fins du présent Statut, on entend par crime de génocide l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel: (a) Meurtre de membres du groupe; (b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe; (c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle; (d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe; (e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe». Ne retrouve-t-on pas la main d’Ahmed Sambi dans certains de ces crimes? Les Comoriens savent ce qu’il en est. C’est à eux de répondre à cette question.

   Continuons cette belle lecture du Statut de Rome et intéressons-nous à son article 7 alinéa 1er: «Aux fins du présent Statut, on entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque: (a) Meurtre; (b) Extermination; (c) Réduction en esclavage; (d) Déportation ou transfert forcé de population; (e) Emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international; (f) Torture; (g) Viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable; (h) Persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste au sens du paragraphe 3, ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour; (i) Disparitions forcées de personnes; (j) Crime d’apartheid; (k) Autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale». Ne retrouve-t-on pas la main d’Ahmed Sambi dans certains de ces crimes? Les Comoriens savent ce qu’il en est. C’est à eux de répondre à cette question.

   Pour sa part, l’article 8 alinéa 1er du Statut de Rome («Crimes de guerre») dispose que «la Cour a compétence à l’égard des crimes de guerre, en particulier lorsque ces crimes s’inscrivent dans le cadre d’un plan ou d’une politique ou lorsqu’ils font partie d’une série de crimes analogues commis sur une grande échelle», et le premier de ces crimes est «l’homicide intentionnel» (alinéa 2). Ne retrouve-t-on pas la main d’Ahmed Sambi dans «l’homicide intentionnel»? Les Comoriens savent ce qu’il en est. C’est à eux de répondre à cette question.

   Si Ahmed Sambi n’a pas encore été entendu par Fatou Bensouda et par son prédécesseur Luis Moreno Ocampo, c’est parce qu’il était chef d’État, qu’aucun Comorien n’avait essayé de porter ses crimes devant la CPI et qu’il est difficile d’appréhender un chef d’État pour le traduire en Justice. Mais, aujourd’hui, Ahmed Sambi n’est rien, malgré sa fortune acquise dans les conditions illicites que tout le monde connaît. En plus, son comportement déplaît, et déplaît même hors des Comores. Dans un monde perturbé par l’extrémisme prétendument religieux, la communauté internationale sait que les gens qui mettent la planète à feu et à sang appartiennent aux cercles des cupides et inconscients d’Ahmed Sambi. Donc, Ahmed Sambi et ses hommes se trompent lourdement s’ils croient qu’ils vont provoquer leur «chaos» aux Comores et continuer à dire des bêtises au Foyer des Femmes de Moroni. Les choses ont changé: si, à la suite du rejet prévisible et prévu de la candidature scélérate et impossible d’Ahmed Sambi, l’ancien satrape et ses crypto-sambistes provoquent le moindre trouble aux Comores et causent la mort d’une seule personne, ils comprendront alors pourquoi Laurent Gbagbo n’est pas parti seul dans les cellules de la CPI, mais a été suivi par son acolyte Charles Blé Goudé, dont les mains sont également tâchées du sang de ses nombreuses victimes innocentes.

   Depuis les années 1980, le monde est entré dans l’ère des ingérences. Et, il y a longtemps que François Mitterrand, alors Président de la République française, avait prédit l’inscription du droit d’ingérence dans le corpus du Droit international public. Ce sont des choses qui vont finir par arriver. Aujourd’hui, les frontières nationales ne protègent aucun criminel, et il y a un temps pour tout. Naturellement, chaque fois qu’un criminel africain est déféré devant la CPI, il se trouve des Africains pour évoquer le nom de certains dirigeants occidentaux qu’ils voudraient voir devant la Procureure Fatou Bensouda. Pour autant, ne perdons pas de vue l’idée développée naguère dans la théorie marxiste des Relations internationales et qui fait que le Droit international public ne serait qu’un rapport de forces. C’est vrai, le Droit international public est un rapport de forces résultant d’un rapport de forces. Mais, ce n’est pas parce que ce rapport de forces est en faveur des pays occidentaux que les Africains doivent continuer à vivre sous des dictatures malsaines. Selon le Docteur Bernard Kouchner, «il faut s’élever contre le mépris qui consiste à déclarer que les peuples pauvres ont besoin de dictatures». Chaque fois qu’un criminel africain est mis aux arrêts, le Droit engrange des points et le peuple applaudit.

   Quand nous lisons les articles 6, 7 et 8 du Statut de Rome sur la CPI, nous constatons qu’il y figure des infractions qui ont été causées par Ahmed Sambi lors de sa présidence (2006-2011), même si rien n’a été fait pour saisir la CPI. Aujourd’hui, alors que cet homme promet la mort aux Comoriens pour arriver au pouvoir, il est temps de dépoussiérer son dossier. Cet individu ne peut pas continuer à semer la mort et vivre en liberté. Comme il est convaincu qu’aucune cour de Justice aux Comores ne le jugera, il reste la Cour de La Haye. Hier, il n’a pas été possible de l’arrêter parce qu’on n’y pensait même pas. Mais, les choses pourraient changer dès que des juristes comoriens compétents prendront son dossier pour le transmettre aux autorités judiciaires internationales, qui lui pourriront la vie. L’ancien dictateur tchadien Hissène Habré en fait l’expérience au Sénégal. Le Serbe Slobodan Milosevic, qui se croyait intouchable, est mort en détention, après avoir été déféré devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, où se trouve toujours, pour le bien de l’humanité, son ancien lascar Radovan Karadzic. Ahmed Sambi finira par rejoindre ce beau monde un jour. Aujourd’hui, on peut parler de rêve. Rêvons! Le jour où cet individu dépassera de nouveau la ligne rouge, il finira à La Haye, et rien ne le protégera. Attendons et nous verrons.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 12 octobre 2015.

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