You are here: Home » OPINION » Al-watwan du 4 décembre 2015 : quand les larmes du lecteur absorbent l’incroyable macabre !

Al-watwan du 4 décembre 2015 : quand les larmes du lecteur absorbent l’incroyable macabre !

Dans un article du journal Al-Watwan du vendredi 4 décembre 2015, le lecteur découvre avec grande stupéfaction le macabre et ses horreurs qui vont avec. L’histoire est d’une cruauté énorme, embellie d’un ébahissement inouï et démesuré. Ce qui offusque encore plus, ce qui offense et replonge autant le lecteur de cette scène lugubre dans le trouble profond, à la fin de l’article, il ne saura jamais ni l’identité de ces jeunes enfants ni où seraient-ils enterrés. C’est l’histoire de cinq corps d’enfants dont quatre auraient été déposés dans une morgue à l’hôpital El-Maarouf depuis 2009. Oh mon Dieu ! S’il m’arrive de poser la question sur l’identité de ces cadavres infantiles, de dire qui sont-ils ? Quelles ont été les porteuses de ces jeunes enfants pendant de longues grossesses, c’est parce que je m’étonne tout simplement. C’est parce que je veux que vous vous étonniez tout de même. Si vous tentez le coup, de vous aventurer comme moi, à la découverte de cette scène loin de celle de crime, dirigez-vous en lieu sûr, à la page 3 du dit numéro, vous auriez de quoi à vous étonner comme moi.

Des questions et tant d’autres

S’agit-il de mort naturelle ou provoquée ? Mais pourquoi se poser tant de questions lorsque le parquet décide d’accompagner l’enterrement de ces corps mercredi 2 décembre ? Comment est-ce que le parquet de Moroni puisse ordonner l’enterrement de ces corps cachés 6 ans avant à l’intérieur de l’hôpital El-Maarouf sans avoir la moindre idée sur les identités de ces enfants ? Quel a été alors l’objectif de les laisser dans une morgue depuis tout ce temps ? Quel est ce « bord » de la mer où les mères porteuses de ces jeunes âmes arrachées les ont abandonnés pour que la Cosep les retrouve cette année-là, en 2009 ? Puisque le Centre des opérations de secours et de la protection n’a pas pu secourir ces jeunes avants, quel a a été son objectif et son rôle d’après pour avoir confié à la morgue de l’hôpital ces corps sans vie ? Quel compte doivent-ils rendre, les services du Cosep et les services mortuaires de l’hôpital El-Maarouf face à une telle situation ? Comment et pourquoi le ministère de la justice ne serait-il pas au courant d’une telle affaire depuis ? Puisque c’est une affaire datant de 2009, doit-on comprendre que le ministère de la justice à l’époque aurait changé de personnels au point qu’aucune trace sur ce macabre n’existe dans une logique de continuité dans l’exercice du pouvoir ? Si le ministère n’a jamais été au courant ce sinistre, comment est-ce que le parquet de Moroni puisse se retrouver aujourd’hui impliqué dans la décision d’enterrement des jeunes cadavres ? Mais pourquoi les enterrer aujourd’hui après 6 années d’attente ? Comment travaillent les services judiciaires dans notre pays ? Qui rend compte à qui sérieusement ? Le Cosep et les services mortuaires de l’hôpital El-Maarouf avaient-ils un jour espéré quelle résurrection pour ces jeunes enfants ? Ont-ils attendu et espéré quelle médecine légiste durant tout ce temps pour l’identification de ces corps ? Pourquoi ce sont-ils des enfants et non des adultes ? Cette affaire ne relancerait-elle pas par exemple la question des grossesses non désirées dans notre pays ?

C’est du loup car c’est flou

Bien évidemment, c’est lourd de supporter un pareil poids lorsque l’informateur lui-même n’a fait que le constat. C’est ce que je regrette davantage. Je ne veux pas me montrer ingrat à l’égard d’Al-Watwan en général et vis avis du journaliste auteur de l’article en question. En revanche, je me dois des critiques envers eux lorsqu’ils nous informent sans pousser encore les réflexions qui s’y imposent. Je ne suis pas en train de dire qu’Al-Watwan devrait accuser qui conque mais de rechercher encore plus par exemple sur le lieu de l’inhumation, nous l’indiquer (de telles sépultures d’enfants inconnus méritent d’être connues), ou d’élargir le champs de réflexion sur les zones d’ombre bien visibles de ce macabre. En nous livrant un message brut, Al-Watwan risque de contribuer à l’opération de banalisation d’une violence ahurissante que représente cette horrible affaire. En tant que lecteur, on aurait aimé avoir des informations clefs ne serait-ce que sur les lieux où ces corps ont été retrouvés, le dernier même qui date de « deux mois ». Or, c’est grâce au journaliste que le flou du loup, le voile du mystère doit être levé. Face à cette affaire très louche, quelles enquêtes le Ministère va-t-il mener après tout ce temps et surtout après avoir enterré les corps, je ne sais pas pour quelles raisons ? C’est triste. J’en pleure.

Powered by Comores infos