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Après le conflit armé, la guerre des nerfs

Les armes se sont tues depuis plus de 24heures à Mutsamudu, laissant enfin l’armée régulière pénétrer à l’intérieur de la ville fantôme, désertée par les mystérieux insurgés qui la tenaient.

La vie reprend tout doucement ses droits dans le centre-ville de Mutsamudu aux mains de l’armée régulière depuis près de 24heures. Les habitants cloîtrés dans leurs maisons depuis une semaine, retrouvent peu à peu leurs habitudes. Ceux qui avaient fui les combats découvrent un impact de balle par-ci, une trace de sang par-là, une roquette, les restes des provisions des insurgés, comme pour se faire une idée du calvaire enduré par leur famille.

La Médina a retrouvé le calme, mais pas encore le repos. Après cinq jours de pilonnage à l’arme lourde et aux tirs nourris des RPG 15, les forces comoriennes ont pénétré samedi dans une ville désertée par ceux qui la tenaient. Les insurgés se sont volatilisés avec leurs armes laissant derrière eux une population martyrisée et une armée sur les nerfs et qui devaient inspecter tous les recoins des maisons et des rues et interroger une partie des habitants pour s’assurer que les rebelles n’avaient pas retrouvé refuge dans ce labyrinthe.

Un scénario moins contrariant que celui de plus en plus plausible d’une sortie pure et simple des insurgés de la Médina où ils étaient encerclés par les centaines de militaires mobilisés pour les déloger.Comment ces hommes ont-ils pu desserrer l’étau et partir au nez et à la barbe de l’armée ? Sont-ils encore terrés dans la Médina, cachés quelque part dans l’île ou en route vers une autre île destination, notamment à Mayotte comme ça se chuchote ? Ont-ils amené avec eux leurs armes où les ont laissés en lieu protégé pour une prochaine aventure ? C’est une paix tendue qui règne ce week-end à Anjouan où les habitants s’apprêtent à reprendre ce lundi leurs activités quotidiennes avec autant de questions sans réponses.

Si tout le monde se félicite du retour à la normale, le protocole de désarmement signé vendredi par les représentants du Gouvernement de l’Union, le Secrétaire général du Gouvernorat et des notables de la ville de Mutsamudu n’engage visiblement pas les insurgés qui ont gardé leurs armes avec eux. Les déposeront-ils sur le chemin de leur fuite, comme l’ont fait les deux déserteurs qui auraient déposé leur kalachnikov au domicile d’un proche avec de disparaître dans la nature? C’est le seul espoir de retrouver rapidement la quiétude sur Anjouan la rebelle.

Par Eddine Mlivoindro

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