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Arrestations de voyous de la CÉNI: vol de fonds publics

Arrestations de voyous de la CÉNI: vol de fonds publics

Et l’arrestation et l’emprisonnement pour fraude électorale?

Par ARM

     Ce samedi 9 janvier 2016, au salon VIP de l’Aéroport de Hahaya, Ahmed Elharif Hamidi, Président de la Cour des Comptes, était sanglé dans un costume de classe internationale, un costume au pli impeccable, coupé dans la belle étoffe. Il s’apprêtait à prendre l’avion pour Lusaka, en Zambie, où il devait assister à une conférence du COMESA. Rapidement, la discussion autour de lui porta sur le fait que la Cour des Comptes avait constaté que dans les comptes de la Commission électorale nationale indépendante (CÉNI), la somme de 153 millions de francs comoriens avait été affectée à «des dépenses inexpliquées». En homme qui sait vivre et qui en a vu d’autres, Ahmed Elharif Hamid, expliquait doctement qu’il n’accusait nullement Ahmed Mohamed Djaza, le Président de la CÉNI, d’avoir détourné cette somme d’argent, mais qu’il cherchait à connaître les dessous de la comptabilité de l’institution. C’est tout. Il disait qu’il se limitait à demander à Ahmed Djaza Mohamed de dire ce qui avait été fait de l’argent sans aller plus loin. Le cousin Ahmed Elharif Hamidi est un homme affable, qui s’entend avec tout le monde, mais il déteste qu’on le prenne pour un zozo.

     Pour tout dire, lors de la période électorale de 2016, la CÉNI était une horde de voleurs. Corrompus, ses membres ont volé de l’argent. En s’appuyant sur une bande de voleurs commandée par le Djoiezien Soumaïla Kaambi Mdjassiri dit Boinsouma («Monsieur Souma»), le fugitif international Hamada Madi Boléro, s’était comporté en véritable voleur qu’il est, et avait perverti le choix du peuple comorien au profit du brigand Azali Assoumani, qui avait quitté la Présidence de la République le 26 mai 2006 sous les huées et les injures des Comoriens. Depuis la forfaiture ayant conduit ce criminel au pouvoir, chaque jour apporte son lot de révélations sur les pratiques criminelles ayant perverti les résultats des élections par les Mohéliens de Beït-Salam, de sinistre mémoire.

     Et puis, un jour, La Gazette des Comores, pourtant entièrement acquise au «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani, se mit à dire des choses. Dans un premier article, la voix de son maître claironna: «C’est le sauve-qui-peut à la Commission électorale nationale indépendante (CÉNI) après le départ en catimini d’un commissaire [Saïd Mzé Dafiné] au lendemain de la publication des résultats définitifs de l’élection présidentielle et du gouverneur de Ndzouani. Le commissaire aurait discrètement pris l’avion mais la destination reste pour l’heure inconnue du grand public. Il aurait bénéficié de sa double nationalité pour quitter le territoire. Un autre membre qui n’est pas des moindres a voulu à son tour lui emboîter le pas mais il aurait essuyé le refus des autorités, qui ont refusé de lui livrer un ordre de mission lui permettant de voyager.

     Des informations confirmées par une source proche de l’institution affirmant qu’il y a de l’“agitation”. Il faut noter que des forts soupçons de corruption pèsent sur certains membres de premier plan de la Commission. Ces départs inopinés ne sont pas de nature à dissiper ces soupçons d’autant plus que l’institution est gangrenée par des affaires de détournement supposé de haut niveau qui ont auparavant provoqué le bras de fer entre certains membres et le président de la CÉNI. Tout récemment, le gouverneur élu de Ndzouani Abdou Salami disait détenir des preuves d’une corruption présumée d’un membre de la Commission, et demandait l’ouverture d’une enquête judiciaire. En tous les cas l’image de cet organe en charge de la supervision des élections ne sort pas grandie après ce long processus qui vient de connaître depuis dimanche son épilogue».

     Le Commissaire de la CÉNI qui avait pris la fuite le lundi 16 mai 2016 est l’inégalable Saïd Mzé Dafiné. De l’avion, il avait envoyé un message à l’un de ses amis pour lui parler de sa fuite. N’est-il pas l’un des Commissaires de la CÉNI limogés de manière très maladroite par Ikililou Dhoinine, avant de se faire ridiculiser par la Cour constitutionnelle?

     Le deuxième article de La Gazette des Comores est également très parlant et révélateur de l’incompétence criminelle et de la corruption ayant ravagé la CÉNI en 2016: «Après la publication définitive des résultats des élections présidentielles et des gouverneurs, la Commission électorale nationale indépendante (CÉNI) devrait rendre ses rapports 30 jours après. Mais jusqu’au jour d’aujourd’hui rien n’a été fait. Le président de cette institution et certains membres sont tous partis dès la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle. Aujourd’hui, c’est une poignée de membres qui est restée et qui ne peut rien faire.

  Contactée par La Gazette des Comores/HZK-Presse, Nadjah Allaoui, la vice-présidente de cette institution en charge des élections parle d’une incompétence notoire. “On le savait tous qu’on devrait faire nos rapports d’activité après 30 jours et toutes les données sont là, mais ils sont tous partis. Je peux dire que nous sommes tous incapables pour le travail qui nous a été assigné. Mais dans tout ça, je vois une incompétence notoire et de la mauvaise foi”, déclare-t-elle. […]. Mais encore, elle soupçonne des fraudes et des vols au sein de l’institution. Elle demande l’ouverture d’une enquête pour établir les faits. “Si on a gardé le silence jusqu’ici, c’est parce qu’on voulait temporiser afin que les élections se déroulent dans la transparence, mais il se passait beaucoup de choses…”, poursuit la vice-présidente de la CÉNI. De l’autre côté, un autre commissaire de la CÉNI a demandé au nouveau ministre de la Justice la création d’une cour spéciale pour juger les délits liés aux élections législatives de 2015 et présidentielles de 2016. “La CÉNI est accusée à tort ou à raison de tous les maux : mauvaise gestion de fonds publics par la Cour des Comptes et fraude électorale. Moi, étant membre de cette institution, je sens que ma réputation et mon honneur sont mis à mal. Je suis convaincu que seule la Justice pourra rétablir la vérité et par la même occasion sauver l’image de l’institution”, peut-on lire sur la page Facebook du commissaire Latuf Abdou. […].

  Pour rappel, dans son rapport définitif, la section des Comptes a constaté que plus de 153.213.509 de francs ont été dépensés soit sans pièces justificatives, soit avec insuffisance de pièces justificatives lors des élections législatives de 2015. Le rapport avait montré aussi des incertitudes et des non justifications de dépenses.

  Le président de la section des Comptes avait parlé aussi de surfacturation dans certains dossiers et de dépenses doublement payées. Mais pour le double scrutin de 2016, on ne saura rien».

  Nadjah Allaoui avait travaillé sous les ordres de Kiki (Photo), qui lui paie un salaire régulier depuis qu’elle l’a nommé Maire de Moroni alors que son parti n’était pas majoritaire dans la capitale des Comores. Elle a obtenu de Kiki 44 millions de francs comoriens en mai 2016.

  Depuis, le vendredi 7 octobre 2016, des membres de la CÉNI, dont Ahmed Mohamed Djaza, sont sous les verrous, pour détournement des fonds. C’est très sympathique de jeter en prison ces bandits, mais il aurait fallu les juger d’abord. Ils bénéficient de la présomption d’innocence. En même temps, ce qui intéresserait le plus les Comoriens aujourd’hui, c’est l’ouverture d’une enquête internationale sur l’immense fraude électorale organisée par le fugitif international Hamada Madi Boléro, qu’il faudra juger à la Cour pénale internationale puisque ses méthodes criminelles auraient pu conduire les Comores à la guerre civile. Oui, un jour, il faudra diligenter une enquête internationale sur l’horrible crime qu’a été le vol de l’élection présidentielle de 2016. Mais, cette enquête ne sera jamais déclenchée par le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani, qui ne se désavouera jamais.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 9 octobre 2016.

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