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Au secours! Mais, où est passé Aboubacar Saïd Salim?

Au secours! Mais, où est passé Aboubacar Saïd Salim?

La disparition de l’ermite d’Iconi de la blogosphère inquiète

Par ARM

     Les Comores naviguent entre l’escalade du ridicule et la misère de la réflexion. Les Comores sont en panne d’idées. Les Comores sont plongées dans une indigence intellectuelle inégalée et inédite. Ici et là, on écrit, mais on élude les principaux sujets de société. Les blogs et sites Internet comoriens, très en verve à la fin de la première décennie du XXIème siècle, sont tombés dans la pire des léthargies, se contentant du copier-coller et du photocopillage. D’ailleurs, les Comoriens ne se trompent pas de route quand ils tuent par l’indifférence et le mépris un à un ces instruments modernes de communication qui reproduisent à la virgule près les mêmes articles, à telle enseigne que certains ont perdu jusqu’à 75% de leur lectorat par manque de crédibilité. Les échanges d’idées si vifs il y a encore quelques années ont disparu. Les polémiques stériles et les mystifications haineuses ont suivi. Et quand Mohamed Inoussa, Rédacteur en chef du journal gouvernemental Al-Watwan dit Al-WawaCelui qui démange, pique ou fait gratter») se penche sur le recul de l’État de Droit et de la démocratie en Afrique, en même temps qu’on se demande pourquoi il ne limite pas ses investigations et prétentions aux Comores, où il y a déjà fort à faire en la matière, par les temps qui courent, on se pose la question de savoir si l’intellectualité comorienne est en pleine renaissance.

Mais, il n’y a aucune renaissance intellectuelle comorienne en cours.

Pendant qu’on s’interroge donc sur l’intellectualité comorienne, paradoxalement dans une période de foisonnement de livres écrits par des Comoriens, on s’aperçoit brusquement que l’un des plus grands agitateurs d’idées du pays a perdu la voix et la plume. Heureusement, le peuple comorien a appris avec soulagement que notre homme est vivant, se porte comme un charme et mène grande vie à Paris et région, où il ne rencontre que du beau linge, trié sur le volet. Le Professeur Aboubacar Saïd Salim, puisqu’il s’agit de lui, avait été l’un des plus grands animateurs des réseaux sociaux aux Comores. Quand il écrit un article, il est reproduit à grande échelle par la blogosphère comorienne, on en parle partout, on cherche la nouvelle petite phrase et les nouveaux concepts. Grand consommateur et amateur de bons mots et de formules charnelles, il a forgé de toutes pièces une expression qui avait fait mouche en son temps: «Ces honorables grands voleurs d’État». On lui doit également un mot corrosif pour appeler Ikililou Dhoinine «le petit Président venu de la plus petite des îles». Ses coups de boutoir contre le fugitif international Hamada Madi Boléro ont été homériques et ont laissé des bleus sur le cœur et sur l’âme de cet individu-là.

En un mot, il a été le premier à exprimer publiquement ses doutes et réserves sur les Mohéliens de Beït-Salam. Cependant, aujourd’hui, l’ancien animateur fougueux du mouvement étudiant comorien du début de l’année 1968, avant Mai-68 en France, se fait trop discret. Est-ce une façon pour lui de ruminer la nostalgie de ses années de militantisme et de «maquis»? Comment le savoir alors qu’il ne parle plus, n’écrit plus? Sa discrétion confine à l’effacement total, un effacement dont il n’a pas habitué les Comoriens, lui l’homme de lettres qui s’exprime dans un comorien digne des plus dignes successeurs de Mbaé Trambwé, dans la lignée de Youssouf Boina, l’enfant de Koimbani-Oichili, et parle un français flamboyant. Il anime une belle émission littéraire à l’ORTC pour présenter les écrivains et leurs ouvrages. Cependant, les ouvrages écrits par des Comoriens, ça ne court pas les rues, et il est attendu sur une blogosphère qu’il avait investie jusqu’en 2015 avant d’abandonner ses lecteurs en rase campagne. Oui, depuis 2015, il est passé à l’écran noir. On ne le voit plus, et pour le voir, il faut faire partie des initiés les plus privilégiés. Certes, il est à la retraite en tant que Professeur de l’enseignement secondaire et est frais comme un gardon, mais, ce n’est pas une raison pour qu’il nous pousse à prononcer son oraison funèbre alors qu’il est bien vivant, et pour de très longues décennies. Amen!

Cela étant, il faudra prendre en compte le fait que de nombreux Comoriens s’interrogent sur leur intellectuel, qui a déjà produit du sens à travers des publications qui sont celles d’un engagement politique bien installé dans son sang et dans ses gènes. L’enfant de Moroni devenu un ermite à Iconi pourra et devra faire un petit coucou à ceux qui s’interrogent sur son monachisme intellectuel actuel.

Espérons que dans un geste de grand seigneur, comme il sait très bien faire, il donnera signe de vie, sans avoir à dire que dans l’arène ceux qui dansent ne sont pas de sa génération et qu’il préfère abandonner cette arène aux jeunes gommeux et aux boutonneux.

Par ARM

Le copier-coller tue la blogosphère comorienne. Cela étant, il est demandé amicalement aux administrateurs des sites Internet et blogs de ne pas reproduire sur leurs médias l’intégralité des articles du site www.lemohelien.com – Il s’agit d’une propriété intellectuelle.

© www.lemohelien.com – Lundi 30 janvier 2017.

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