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Avec le protocole d'accord de pêche ; les Comores importeront du poisson demain !

Avec le protocole d'accord de pêche ; les Comores importeront du  poisson demain !
La signature du protocole d’accord de pêche signée à Moroni, le 3 et le 5 juillet derniers entre l’union des Comores et l’union européenne n’annonce pas des lendemains meilleurs pour la filière et notamment les pécheurs artisanaux.


D’ailleurs dès l’annonce de ce fameux protocole, les comoriens s’interrogent sur le bien-fondé d’un tel accord et ce que les 600 000 euros qui vont être versés par l’union européenne, en compensation de 6000 tonnes de poisson qui vont être pêchés dans les eaux comoriennes, peuvent bien nous apporter. Pour comprendre cela, il faut avant tout voir qu’ici la tonne de poisson ne vaut que 100 euros. Alors que le revenu moyen d’un pécheur traditionnel oscille entre 600 et 1000 euros par an si ces bandes de thon trouvent les moyens de descendre sur les côtes. Sachant qu’avec 62 bateaux qui pratiquent une pêche industrielle avec les grands filets, nos ressources halieutiques se sont réduites de manière drastique ces 10 dernières années. Avec tous ces filets de pêche, c’est plus qu’un mur qui empêcherait le plancton et les gros poissons à migrer vers les côtes.

Mais voilà, sur le plan social, depuis le temps du colonel AZALI, les gouvernements successifs ont préféré mettre les pécheurs comoriens au chômage par la signature de tels accords. D’ailleurs, aujourd’hui certains d’entre eux sont devenus des maçons, des agriculteurs d’autres sont restés sans emploi en raison de la pauvreté de la mer. Face à ces situations de détresse, l’Etat ignore que là, ce sont des familles entières qu’on assassine pour la maudite somme de 600000 euros.

Avec le protocole d'accord de pêche ; les Comores importeront du  poisson demain !
Pour s’en convaincre, il suffit de voir que les fonds transférés chaque année par la diaspora s’élève à environ 30 millions d’euros, et que la somme de 600000 euros que l’union européenne doit versée ne représente que 2% de ces transferts de la diaspora. Cette démonstration nous montre de manière claire qu’économiquement les Comores sont perdantes à tous les niveaux : Social, économique et environnemental.

Quant au niveau environnemental, les conséquences d’un tel accord sont discutables terribles, notamment avec les éventuels dégazages sauvages de ses bateaux, qui risquent de polluer les eaux et menaceraient le plancton qui est la base nourricière de tous les espèces, qui, d’ailleurs s’est déjà raréfié depuis que ces accords existent.

Parallèlement à ça l’État comorien n’est maître de rien sur ce qui est dit dans ce protocole. Comment peut-il être sûr que le tonnage retenu sera respecté ? Sur cette question, les de contrôles du tonnage annoncés paraient aléatoires ou à moins que l’on adopte la méthode de nos voisins malgaches, c’est-à-dire mettre un contrôleur dans chaque bateau. Cela nous fera 62 emplois à pourvoir. De même que les mesures plébiscitées dans l’accord en vue d’aider les pêcheurs ne sont pas nouvelles et pourtant ces pauvres n’en voient jamais la couleur, c’est un écran de fumée destiné à faire bon genre.

En clair, dans l’état actuel des choses ce protocole d’accord de pêche doit être dénoncé avec vigueur car il constitue une menace contre la biodiversité et hypothèque l’avenir de nos enfants.
K.A.Toihir
Mbadakome

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