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Azali Assoumani a recréé la République de Kalakuta

Azali Assoumani a recréé la République de Kalakuta

En témoignent les 60 nominations dédiées à son village

Par ARM

     Ça y est! Le grand musicien et activiste, «The Black President», Fela Anikulapo Kunti (1938-1997) peut dormir dans la sérénité de sa tombe. Il a trouvé un digne successeur, et pas seulement pour son record personnel de 27 épouses (ses choristes. Suivez mon regard!), mais aussi et surtout pour la régénération de sa fameuse République de Kalakuta, soit quelques mètres carrés constituant sa «République» «indépendante» du Nigeria, dans laquelle ne vivait que sa famille et dont la fin a eu lieu dans la douleur et la tragédie le 18 février 1977, quand 1.000 soldats intervinrent de manière fort violente. Lors de cette intervention musclée, la maman du célèbre provocateur a été défenestrée et a perdu la vie après 8 semaines de coma. Paix à son âme. Depuis, on avait cru un peu trop facilement que la République de Kalakuta était bien morte et enterrée. Erreur. Grossière erreur. Les années passèrent et hop! Les haineux Mohéliens de Beït-Salam ont décidé de remettre frauduleusement le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani à la Présidence de la République le 26 mai 2016, pour le malheur du peuple comorien. Et qu’a fait l’usurpateur? Il a recréé la fameuse République de Kalakuta dans son propre village, à Mitsoudjé.

     Il en avait déjà jeté les bases lors de la période ayant suivi son «coup d’État à 100% comorien» (1999-2006). À l’époque, le monde entier était scandalisé quand il a découvert la mainmise totale et entière des siens sur la téléphonie mobile, la mainmise des siens sur la Direction des Impôts, la mainmise des siens sur la fausse monnaie, qui faisait sa première apparition aux Comores, la mainmise des siens sur la Douane et les Hydrocarbures, la mainmise des siens les nominations stratégiques, etc.

     En 2016, il est passé à la vitesse supérieure, convaincu que son statut actuel est celui de parasol de Dieu sur Terre. En 1999-2006, il s’était limité à la création de la «Ripoux-blique» de Mitsoudjé. Cette fois, il est allé encore plus loin. Il est allé très, très loin. Pour preuve, il a dédié à son village de Mitsoudjé 60 décrets de nomination, Bulletin officiel à la main. Nous ne parlons pas des ressortissants de la République de Mitsoudjé qui sont nommés par des Directeurs ou par des ministres. Nous parlons des nominations de haut niveau qui ont été effectuées par le maître de Moroni au profit des siens. 60 décrets de nomination. Même si comparaison n’est pas raison, son «faiseur de Rois», Ikililou Dhoinine lui-même, à qui il y a plus de 1.000 mauvaises choses à reprocher, n’avait procédé qu’à la signature de trois décrets de nomination au profit de cadres de Djoiezi: son premier chef du Protocole et le dernier, et un Ambassadeur. Point à la ligne. Naturellement, les Djoieziens sont furieux…

     En période électorale, on a tous été témoins de la hargne fanatique avec laquelle certains défendaient le «pouvoiriste» polygame. Il n’était pas compliqué de comprendre une chose fondamentale: d’une part, ces gens ne connaissaient pas la malfaisance de l’usurpateur ou la connaissaient et s’en moquaient, et d’autre part, ils ne lui apportaient pas leur soutien parce qu’il avait été un bon dirigeant en 1999-2006 et parce qu’il allait le redevenir, mais parce qu’ils voulaient se faire nommer. Or, un homme qui rampe pour une nomination est un reptile de la famille des serpents à sonnettes. L’un de ces garçons avait assumé son rôle de «porte-parole» non désigné de son maître dans le secret (de Polichinelle) espoir d’hériter du Commissariat général au Plan. On le regardait et on ricanait. Comme il vit en France, il prit l’avion à l’aéroport de Roissy et arriva en catastrophe à Hahaya. Il n’y eut que quelques minutes à consacrer aux siens, vivant dans une belle ville non loin de Hahaya, et le voilà rampant dans les couloirs des ministères à Moroni. Il répétait: «Compte tenu de l’énorme travail de communication que j’ai effectué, je mérite le Commissariat général au Plan, comme mon frère Msa Ali Djamal mérite l’ORTC».

     Si Msa Ali Djamal a pu triompher de la puissance des lobbies de Moroni et a fini par être nommé à la tête de l’Office de Radiotélévision des Comores (ORTC), où Mohamed Abdou Mbechezi veut boire son sang en lui ravissant sa place, notre autre parisien a fait chou blanc. Le poste de Commissaire général au Plan est allé à la République de Kalakuta, à Mitsoudjé. Triste façon d’être récompensé après avoir aboyé devant la presse.

     Nonobstant cette dérive villageoise, les séides du «pouvoiriste» polygame sont restés sur le registre de la petitesse, mesquinerie et bêtise. Ils ont carrément sombré dans le culte de la personnalité d’un dirigeant nullissime et médiocre, ne pensant qu’à leurs petits intérêts de clans mafieux. Ils ont fait de la photo de leur chef le drapeau des Comores. Ils ne savent pas que l’excès de communication est la négation de la bonne communication. Ça gave les gens, qui finissent par se dire que pour un bon dirigeant, on n’a pas besoin d’en faire autant de tartines, et que les actes devaient parler à la place des photos.

     Au Moyen-Âge, Abderrahmane Ibn Khaldoun (1332-1406) avait fait des merveilles en parlant de l’«Assabiya» ou «esprit de corps», qui se résume tout simplement par la solidarité tribale. C’est exactement le principe fondateur de la République de Kalakuta. Dieu seul sait comment cette dernière va tomber. Car elle tombera. Oui, elle tombera un jour. Comme sa devancière.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 15 octobre 2016.

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