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Azali Assoumani énerve et fâche El-Amine Ali Mbaraka

Azali Assoumani énerve et fâche El-Amine Ali Mbaraka

El-Amine Ali Mbaraka n’a pas aimé le discours du Colonel

Par ARM

     Le discours de l’ancien Président Azali Assoumani en date du mercredi 30 décembre 2015 à la Salle multifonctionnelle de Fomboni n’a pas plu à tout le monde. Pour preuve, même s’il était à Moroni pour faire tomber le Gouverneur Mohamed Ali Saïd du tomatier, El-Amine Ali Mbaraka, ancien Maire de Fomboni, surnommé Embargo, Aboulkhaïr ou «Président de la Rue publique», n’a pas perdu une miette du discours de celui qui se fait surnommer «ancien et futur Président» par ses partisans. Et non seulement El-Amine Ali Mbaraka n’a pas perdu une miette de ce discours pourtant apaisé, mais en plus, il le rejette dans les termes les plus virulents et les plus catégoriques. Il en fait un casus belli et ne veut pas qu’on lui parle d’Azali Assoumani, pourtant le candidat de son grand frère le Grand Docteur Nakib Ali Mbaraka, qui le fait promener partout à Mohéli dans sa voiture noire: «J’ai suivi avec attention le discours prononcé à Fomboni par le Colonel Azali Assoumani. Naturellement, je le rejette entièrement et définitivement. C’est un long tissu de mensonges et un chef-d’œuvre raté de démagogie sans consistance. Il prend les Mohéliens pour des gamins qu’on peut calmer avec des bonbons et des sucettes. Par exemple, il dit que la date du 17 février 2001, celle de la signature de l’Accord-cadre de Fomboni pour la réconciliation nationale des Comoriens, devrait être célébrée chaque année par les Comores. Très bien. Je suis d’accord avec lui. Pourtant, nous devons être sérieux! Oui, soyons sérieux! Cet Accord-cadre a été signé quand? En 2001. Et quand Azali Assoumani a-t-il quitté le pouvoir? En 2006. Donc, 5 ans se sont écoulés entre la signature de l’Accord-cadre et le départ du pouvoir du Colonel. Et pendant 5 ans, il n’a jamais célébré le 17 février. Pas une seule fois! Et le voilà aujourd’hui en train de prêcher la bonne parole en prétendant que les Comores ne célèbrent pas une date que lui-même n’a jamais célébrée. Il veut quoi? En tout cas, il doit savoir qu’il n’a de leçons à donner à personne. Personne n’attend de leçons de sa part. Et puis, quand il se pose en chantre de cet Accord-cadre, il ment parce que c’est un Accord qui lui a été imposé par le peuple et par la communauté internationale et qu’il a subi avec tristesse, se trouvant au pied du mur».

     Et El-Amine Ali Mbaraka n’a pas encore dit tout ce qu’il pense du discours de l’ancien Président Azali Assoumani: «Dans son discours de Fomboni, Azali Assoumani n’a pas été ni franc, ni de bonne foi. Sa mauvaise foi est évidente. Il a sciemment omis de dire qu’il ne voulait pas quitter le pouvoir en 2006 et qu’il avait été contraint au départ. Pour preuve, lui et son ami Hamada Madi Boléro avaient multiplié les discours ténébreux et polémiques sur le renouvellement du mandat présidentiel dans le cadre de la présidence tournante, à dessein de prouver, selon leur propre logique constitutionnelle, que le Colonel pouvait rester au pouvoir, notamment en briguant un deuxième mandat, sans interruption. Leurs discours n’ont pas disparu de l’espace public, et le journaliste Abdallah Agwa a l’habitude de les rediffuser pour prouver aux Comoriens que ceux qui jouent avec la Constitution ne sont pas une denrée politique rare aux Comores. La Constitution a été trahie par les dirigeants et par certains autres acteurs politiques qui se situent en marge du pouvoir politique. L’Accord-cadre de Fomboni a été violé et méprisé par les dirigeants et par d’autres acteurs politiques qui convoitent le pouvoir pour couler le pays. Azali Assoumani a accusé Mohamed Saïd Fazul de trahison. Mais, de quoi s’accuse-t-il lui-même après avoir trahi Mohamed Hassanaly, sur qui reposait tout le processus comorien de réconciliation nationale de 2000-2001? Ne l’a-t-il pas trahi de la manière la plus cynique et la plus discourtoise, sans la moindre reconnaissance envers celui qui a empêché les Comores d’imploser?».

     L’homme de Fomboni n’en a pas encore fini avec Azali Assoumani: «Le Colonel Azali Assoumani doit savoir qu’à Mohéli, il n’est pas en terrain conquis. Il croit que c’est lui qui transporte les autres, alors que ce sont les autres qui le transportent. Il avait commencé à rogner sur les bases de la présidence tournante, mais à Mohéli, nous sommes très vigilants. Des gens comme lui et d’autres, nous les observons. L’Accord-cadre de Fomboni n’est pas négociable. Des aménagements sont possibles puisque toute œuvre humaine est imparfaite. Mais, aller jusqu’à toucher à l’Accord-cadre de Fomboni et à la présidence tournante, c’est chercher à provoquer une guerre civile. Et nous sommes là. Nous sommes très vigilants. Nous avons fait preuve de beaucoup de patience pour réconcilier les Comores, et nous userons de la force pour maintenant l’unité du pays. Mais, nous voulons une unité dans laquelle les intérêts de Mohéli seront respectés dans leur intégralité et dans le cadre de la présidence tournante. Nous refusons la dictature de la majorité. Il y a une Constitution, et il faudra que tous les acteurs politiques acceptent l’idée que celle-ci est non négociable. Il s’agit de la norme supérieure des Comores. Les aventuriers n’ont qu’à mettre cela dans leur structure mentale pour s’éviter des problèmes parce que nous ne les laisserons pas détruire le peu que nous avons dans ce pays sinistré. Le Président de la République n’a qu’à assumer ses responsabilités pour protéger le primat de la Constitution».

     Pourtant, Azali Assoumani n’a pas qu’El-Amine Ali Mbaraka comme problème; dans son propre camp politique, notamment à Mohéli, les difficultés s’amoncèlent. À la Grande-Comore, tout le monde connaît la guérilla menée depuis le maquis de la région Oichili par le très ambitieux Maoulana Charif, qui ne veut même pas qu’on lui parle de la candidature de Hamidou Karihila au Gouvernorat de la Grande-Comore. À Mohéli, la situation est encore plus confuse parce que l’ancien Président a imposé Achiraf Ben Cheikh comme candidat de la CRC au Gouvernorat. Cela n’est nullement du goût du baron de la CRC sur l’île qu’est Abdallah Saïd Sarouma dit Baguiri, Gris-gris, Chabouhane, Coach et Messi, depuis qu’il a obtenu le statut de plus grand dribleur politique à Mohéli. Cet observateur politique de Fomboni n’hésite pas à déclarer: «Il ne faut pas se voiler la face: Baguiri n’a pas d’affinités politiques particulières avec Achiraf Ben Cheikh. Il estime que la CRC aurait dû soutenir la candidature de Mohamed Saïd Fazul, avec qui il milite depuis des années. Donc, Baguiri va soutenir la candidature de la CRC uniquement à l’élection présidentielle, et après il va se ranger du côté de la candidature de son ami Mohamed Saïd Fazul à l’élection du Gouverneur de Mohéli. Et va il va se livrer à des contorsions et manœuvres politiques très machiavéliques et emberlificotées. Dans les jours à venir, il va quitter Mohéli prétendument pour aller aider à animer la candidature à l’élection présidentielle de la CRC à la Grande-Comore, alors qu’en réalité, ça sera pour éviter de soutenir Achiraf Ben Cheikh, le candidat officiel de la CRC à l’élection du Gouverneur. Mais, comme il sait manœuvrer, si Achiraf Ben Cheikh fait partie des candidats qui passeront au second tour du scrutin, il va se précipiter à Mohéli pour animer la campagne électorale de la CRC sur l’île aussi bien pour les élections présidentielles que pour celles gubernatoriales, mais uniquement en cas d’élimination de Mohamed Saïd Fazul».

     Ceux qui connaissent la roublardise des acteurs politiques mohéliens savent que ceux-ci sont pour la plupart des metteurs en scène, des scénaristes et des comédiens qui n’ont plus rien à prouver en matière de double langage et de duplicité. Sur l’île de Mohéli, toutes les combines et combinaisons politiques sont du domaine du possible.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 5 janvier 2016.

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