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Azali Assoumani et Ahmed Sambi, kleptocrates notoires

Azali Assoumani et Ahmed Sambi, kleptocrates notoires

Deux dictateurs incultes et bouchés dans la littérature mondiale

Par ARM

     Deux dictateurs comoriens sont entrés dans la littérature mondiale, et ce, par l’une des plus hideuses des portes, celle de la kleptocratie, le pouvoir des voleurs. Ce qui est bizarre, c’est qu’on aurait tant voulu voir leurs idéologues de fin semaine que sont Ahmed Bourhane, Msa Ali Djamal, Mohamed Idriss Chanfi, Nassurdine Ali Mhoumadi et Abdou Katibou expliquer aux Comoriens pourquoi leurs 2 dieux sont accusés par des personnalités étrangères d’être de vulgaires voleurs. Quand l’information est publiée par un Comorien, ce dernier est toujours accusé de jalousie et mensonge. Cette fois, les accusations sont venues du Canada, États-Unis et France, et les accusateurs s’appellent Thierry Vircoulon et Atossa Araxia Abrahamian.

Le premier à s’être occupé des vols de kleptocrates comoriens est Thierry Vircoulon qui, dans un article publié en janvier 2007 à la revue Étude et repris par le site officiel du ministère français des Affaires étrangères, a porté ces graves accusations: «La privatisation de l’État, le “néo-paternalisme” de type sultanique ou la “politique du ventre”, bref les racines de ce que la Banque mondiale appelle la “mauvaise gouvernance” n’ont pas été éradiquées durant la transition. Corruption et mauvaise gouvernance ont continué à prospérer sous les yeux de la “communauté internationale”: aux Comores, comme l’atteste la découverte de 40 millions d’euros dans des comptes à l’étranger, le Colonel Azali a pillé le Trésor public et distribué les contrats publics à la coterie formée par ses proches». Montant de l’argent volé de 1999 à 2006 par le putschiste Azali Assoumani aux Comoriens: 19.678.700.000 de francs.

Par la suite, est publié le livre: Atossa Araxia Abrahamian: Citoyennetés à vendre. Enquête sur le marché mondial des passeports, Lux Éditeur, Montréal, 2016 (184 p.). On y apprend beaucoup sur l’aveuglement et les crimes économiques d’Ahmed Sambi et de ses complices sur la «citoyenneté économique». L’enquête très minutieuse de cette journaliste indépendante aurait dû conduire en prison pour plusieurs décennies Ahmed Sambi et ses complices Bashar Kiwan et Mohamed Bacar Dossar. Lisons des passages ce livre explosif.

«Les Émirats arabes unis se sont engagés à verser aux Comores 200 millions de dollars [88.046.550.000 francs comoriens], puisés à même les caisses du gouvernement – l’équivalent du quart du PIB annuel comorien – contre la naturalisation d’environ 4.000 familles bidoun. Ces chiffres proviennent de déclarations subséquentes faites par le président Sambi. Et, selon un ami koweïtien de Kiwan, les Émirats auraient remis à ce dernier un chèque de 105 millions de dollars [46.174.240.000 francs] afin qu’il mette le projet en branle» (p. 46).

«Au printemps 2009, le gouvernement comorien a annoncé que les Émirats devaient envoyer plus de 200 millions de dollars en échange de la documentation de quelque 4.000 familles bidoun (de 6 à 8 personnes chacune), chaque citoyenneté se détaillant entre 6.000 et 8.000 dollars [2.641.654,61 et 3.522.280,37 francs comoriens]. Le président Sambi a publiquement annoncé qu’environ 25 millions de dollars [11.007.270.000 francs comoriens] seraient alloués à l’aide budgétaire tandis que les 175 millions [81.208.990.000 francs comoriens] restants seraient investis dans les routes, les installations sanitaires et l’électricité. (Les Émiratis, quant à eux, sont restés discrets). L’État comorien, la CGH et la Combined Group Contracting Company – une des principales entreprises de travaux publics au Koweït – se sont unis pour former une entreprise commune, la Comoro Combined Group, qui devait chapeauter les travaux. L’État détenait 33% des parts, la CGH, 16%, et la société koweïtienne, 51%. Autrement dit, Kiwan était gagnant de tous les côtés de ce contrat.

     “Comme je l’ai dit et répété, cette somme d’argent mettra fin aux problèmes d’eau, de routes, d’énergie électrique”, a affirmé le président Sambi à la nation comorienne lors de son discours de la fête religieuse d’Aïd-el-Fitr, diffusé entre deux sessions de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. “Elle servira à la construction de nos ports, de nos aéroports, à la construction de vraies écoles pour notre pays, capables de durer cent ans, et à la construction des infrastructures liées à la sécurité. […]. Mes frères, c’est une des voies que j’ai recherchées pour générer de la richesse dans notre pays. Ce qui nous manque dans ce pays, ce sont les richesses. Ce qui nous manque dans ce pays, c’est l’argent. Or, voilà de l’argent disponible dont le transfert parviendra à la Banque centrale, avec l’aide de Dieu, dans les jours qui viennent”. Sambi avait peut-être l’aide de Dieu, mais ce dont il avait réellement besoin, c’était quelqu’un qui lui explique les clauses du contrat qu’il n’avait pas lu attentivement. L’ayatollah semblait croire que l’argent atterrirait dans les coffres du gouvernement en un seul bloc; il ne s’était pas rendu compte qu’en vertu de l’entente initiale, les fonds devaient d’abord transiter par les comptes de Kiwan, et ce, en plusieurs versements sporadiques» (pp. 143-144).

«Selon Malik, l’ancien cadre de la CGH, pendant la première année du programme, entre 2009 et 2010, l’entreprise aurait négocié la vente de 5.000 à 10.000 passeports. Selon lui, Kiwan aurait reçu des commissions supplémentaires, possiblement de la part du gouvernement émirati, pouvant aller jusqu’à 48.000 dollars [21.127.190.000 francs comoriens] par document, non comptabilisées, bien sûr. Lors d’un entretien en avril 2015, Malik, rappelons-le, a travaillé étroitement avec Kiwan aux Comores, a évalué le nombre de passeports vendus au zénith du programme quelque part entre 10.000 et 15.000 à leur prix unitaire de 4.000 euros [1.969.929 francs comoriens]. Il m’a raconté qu’en 2010 et en 2011, Kiwan lui téléphonait environ tous les deux mois pour lui demander d’aller chercher, au bureau de Sambi, des décrets de naturalisation – des listes de personnes approuvées qui, m’a-t-il soutenu, comptaient entre 200 et 1.000 noms.

   L’ancien cadre du holding de Kiwan se souvenait aussi qu’au cours des six derniers mois de la présidence de Sambi, il a négocié lui-même l’échange de 10.000 passeports, et que c’était loin d’être fini: “Quand je suis parti, il y avait encore des valises pleines de passeports, qui allaient et venaient”, a-t-il précisé. Ce sont environ 20.000 passeports qui auraient été délivrés pendant les deux années au cours desquelles la CGH a participé aux négociations. Mohamed Alhadi Abbas, ancien chef du Cabinet du ministre comorien de l’Intérieur, croit quant à lui que près de 60.000 passeports ont été vendus aux Émirats depuis l’inauguration du programme, tandis qu’un diplomate étranger évalue plutôt ce nombre à 100.000. Si un passeport se détaillait effectivement entre 6.000 et 8.000 dollars, le gouvernement comorien devait avoir récolté au moins 360 millions [166.419.010.000 francs comoriens]. Dans ce cas, des centaines de millions de dollars ne seraient jamais parvenus jusqu’aux comptes comoriens, du moins ceux dont le FMI a connaissance.

   “Je vous le dis, c’est très simple, m’a expliqué l’ancien cadre de la CGH. Bachar n’a pas donné d’argent aux Comoriens”. Le gouvernement comorien, pour sa part, clame que la CGH ne lui a pas payé 16 millions de dollars [7.042.260.000 francs comoriens] qui devaient lui revenir. […] Mohamed Dossar, qui représentait l’État dans le contrat signé en 2008 entre les Comores, les Émirats et Bachar Kiwan, a été catégorique : “Il est évident que la CGH ne nous a pas donné tout l’argent qu’elle nous doit”. Il a ajouté que le contrat en question avait été révisé à la fin de 2010. […].

Lorsqu’on jette un coup d’œil à la ville de Moroni, c’est que les projets d’infrastructures à grand déploiement qu’on avait annoncés n’ont jamais vu le jour. Quelques routes ont été construites au petit bonheur la chance, et des membres de la communauté diplomatique prétendent qu’une partie de l’argent a servi à payer des arriérés de salaires. Rares sont les Comoriens qui voient, parmi ces quelques progrès anecdotiques, les bénéfices à long terme de la vente en gros de leur nationalité» (pp. 148-149).

«D’ailleurs, la lune de miel entre Sambi et Kiwan, terminée depuis longtemps, avait cédé la place à des relations pour le moins tendues au cours des derniers mois de la présidence. Le problème du port non achevé avait révélé Sambi dans toute sa naïveté, voire sa stupidité, pour avoir accordé une confiance aveugle à la CGH depuis longtemps. Le président a donc décidé de prendre ses distances. Puis, les deux hommes se sont affrontés dans une querelle publique bizarre […]» (pp. 153-155).

«Les passeports, quant à eux, permettent à l’État émirati de stratifier davantage sa société et de ségréguer les bidoun sur papier comme en pratique. Presque chaque semaine, les journaux d’Abou Dhabi parlent de viols, de meurtres, d’agressions et de vols commis dans les Émirats par des détenteurs de passeports comoriens. L’humiliation publique subie par ces criminels “comoriens” dérange beaucoup les Comoriens de naissance: certains pays de la Ligue arabe ont même commencé à exiger de visas d’entrée pour tous les citoyens des Comores – y compris les anciens chefs du gouvernement» (p. 165).

Maintenant, nous attendons l’explication officielle des idéologues des deux kleptocrates sur ces accusations gravissimes. Qu’ils nous disent pourquoi leurs chefs sont traités de vulgaires voleurs de poules, bijoux de famille et argent public par des personnalités étrangères d’une incontestable crédibilité.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 16 janvier 2017.

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