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Azali Assoumani, «La stature d’un dirigeant d’envergure»

Azali Assoumani est candidat aux élections présidentielles de 2016. Il entend revenir aux affaires de l’État pour la deuxième fois. Le voici présenté par ici par Mohamed Ait-Ahmed Elkabesh al Mansoor, ancien Conseiller Spécial de Ahmed Asmat Abdel-Megid (Secrétaire général de la Ligue des États Arabes de 1991-2001), qui était en mission à Moroni au milieu des années 90.

*** Rencontre

La première fois que j’ai rencontré Azali Assoumani, c’était lors d’une Réunion de travail au palais Présidentiel de Beit-salam où j’étais dépêché en express par l’exécutif de la ligue arabe, en 1994. C’était il y a 21 ans et ce fut un tournant. Cette rencontre où plusieurs cadres et leaders politiques, délégués gouvernementales et militants d’ONG, étaient présents, nous avons échangé sur différents sujets qui en concernaient toutes les dimensions : de l’éducation au travail, de la pauvreté à l’accès à la santé et, déjà, aux impacts des dégradations environnementales sur la condition du climat.

Avec force et avec fougue, Azali Assoumani y avait participé aux échanges, avec des mots forts, un regard qui martelait, mille exemples à l’appui, qu’il est urgent d’aider au maximum le peuple comorien. Ce n’étaient pas des mots convenus d’un jeune officier mais ceux, ardents, d’un homme de convictions et de principes. J’avais trouvé, entre nos échanges, bien des échos communs.

Nous nous sommes revus au Caire quelques années plus tard. Nous avons visité ensemble un collège et je l’ai encore découvert passionné par les questions éducatives. Sa conviction n’a pas varié : l’éducation tient toujours une place majeure dans son projet politique. Les premiers mots qui me viennent à l’esprit à son propos sont le courage et la volonté. Volonté d’émancipation par les études, cette clé de l’autonomie pour tous; ceux qui ambitionnent de tracer eux-mêmes leurs propres route.

Aujourd’hui, le voilà en première ligne, avec toutes les chances de porter les couleurs de son parti dans l’élection présidentielle de 2016. Le voilà, de ce fait, faisant face avec un courage intact, une détermination inentamée, une maîtrise de soi aussi, que je tiens pour une qualité majeure.

La force de l’ancien Chef d’État-major est d’avoir la certitude tranquille que la fonction présidentielle ne doit plus être, comme il l’a dit, «un club réservé aux gens harassés». Sa force, c’est la tenue face à l’adversité, personnelle et politique, qu’il a dû affronter à plusieurs reprises. Sa force, c’est aussi l’humour : «Je ne suis peut-être pas le plus vieux parmi les candidats à cette élection», disait-il lors des élections de 2002 dans son premier grand discours de campagne. «Mais je serai le plus expérimenté ; en homme de paroles et d’actions ».

Il faut des échecs surmontés et des réussites engrangées pour forger la stature d’un dirigeant d’envergure. Azali Assoumani, en est là aujourd’hui. Il a beaucoup gagné, en densité et en humanité, depuis son passage au plus haut sommet de l’État il y a plusieurs années. Sa pugnacité n’exclut pas une forme de sérénité.

Avec Azali, une certaine idée comorienne est de retour : celle d’une société généreuse où l’égalité des chances n’est pas un vain mot. L’« espoir » et le « changement », maîtres mots de sa campagne, renferment cet idéal retrouvé, qui résonne dans le pays comme au-delà de ses frontières.

Je souhaite de tout cœur à Azali Assoumani de réussir cette double performance : faire gagner, pour la deuxième fois, une candidature objective et être le premier homme d’État à devenir président de l’Union pour la deuxième fois. La bataille continue et demeure tout aussi passionnante.

Propos recueillis par Nassym Amrij Dhool I Middle East Times

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