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Azali Assoumani, mort, noyé dans des fautes de français

Azali Assoumani, mort, noyé dans des fautes de français

Son décret sur son CPAN est un fatras de fautes sans nom

Par ARM

      Taratata! Le samedi 16 septembre 2017, le dictateur Azali Assoumani Boinaheri a signé le décret n°17-100/PR «portant création du Comité de Pilotage des Assises nationales», CPAN, pour les intimes, les solliciteurs et les visiteurs du soir. Du coup, c’est la joie chez les mendiants politiques, les quémandeurs, les thuriféraires obséquieux et les laudateurs serviles. Seulement, ce beau monde, lancé dans de nouvelles danses de «Bumping» de rue, n’a pas un niveau suffisamment élevé en français pour remarquer que le décret de leur maître est un tissu de fautes de français et qu’il amuse le tapis, la galerie et les chancelleries, qui vont trouver une nouvelle occasion pour dauber sur la descente aux enfers de la «Ripoux-blique» de Mitsoudjé. C’est à mourir de rire.

Ha! Comme il y a au moins deux fautes de français sur chaque ligne de ce décret scélérat, il faudra juste relever certaines parmi les plus emblématiques et les plus honteuses.

Le dictateur de Mitsoudjé a écrit: «VU le décret N°17-083/PR du 17 juillet 2017, relatif à la composition du Gouvernement et Secrétaires d’Etat de l’Union des Comores». Dès lors, les Comoriens sont médusés parce que, pour eux et pour le reste du monde, la composition du gouvernement comprend également les secrétaires d’État, puisqu’ils sont membres du gouvernement, même s’ils n’ont pas rang de ministres. C’est la stupéfaction sur les places publiques. C’est l’indignation générale dans les salons feutrés. Les secrétaires d’État ne sont tout de même pas des parlementaires ou des Directeurs généraux, mais des membres du gouvernement, se prélassent et s’avachissent dans les ministères, et ont leur place en conseil des ministres.

À l’article 2 du décret scélérat, le dictateur du Hambou a écrit: «Les Assises Nationales ont pour objet l’organisation d’un cadre de réflexion pour consolider l’unité nationale et poser les bases d’une nouvelle gouvernance propre à assurer le décollage économique et social dans la paix et la sérénité en vue d’atteindre l’émergence. Ils ont pour mission essentielle l’examen de l’ensemble des questions clés qui pèsent sur le devenir du pays et d’impulser une nouvelle dynamique dans la conduite des affaires de l’État tout en respectant les principes républicaines». Quand ils ont lu cet article, certains Comoriens étaient évanouis de honte, ne comprenant pas pourquoi il est écrit «les questions clés», alors que ça aurait dû être «les questions clées».

Et, il y a pire: cet article 2 commence par «les assises nationales ont pour objet». Le mot «assises» étant au féminin pluriel, l’alinéa 2 aurait dû commencer par «elles ont pour mission». Or, au lieu de «elles», c’est «ils» qui est employé, signifiant qu’à Bête-Salam, le concept «assises nationales» est au masculin. Imaginez la gêne et la moquerie dans les chancelleries quand on a lu une telle aberration. Ce n’est pas beau. Ce n’est pas joli.

Mesdames et Messieurs, lisons attentivement et sans haine l’article 3 du décret scélérat: «Le Comité de Pilotage des Assises Nationales […] organise les consultations citoyennes nationales (CCN) ou ciblées et des auditions sur les pages sombres de l’Histoires du pays». Pendant que dans les chancelleries, on daube, les Comoriens aimant sincèrement leur pays pleurent de colère et de honte, ne comprenant pas pourquoi il est écrit «l’Histoires» avec «S», alors qu’il aurait suffit d’écrire «l’Histoire», sans «S». C’est un deuil national.

L’article 7 du décret scélérat est carrément un scandale national. On y trouve l’alinéa suivant: «Le (a) Président (e) est nommé (e) par le Chef de l’État sur proposition du Comité de Pilotages des Assises Nationales». Mais, pourquoi «Pilotages» au pluriel, alors qu’il aurait suffi d’écrire «Pilotage», sans «S», comme cela est écrit ailleurs, sur le décret scélérat? Allons bon! Allons!

Ne perdons pas patience et restons sur la crête des vagues de ce même article 7, et ce, pour découvrir une autre horreur: «Il est choisi parmi les hauts commis de l’État ou parmi les hautes personnalités du pays issu de la société civile, connu pour sa sagesse, son intégrité, sa probité et son indépendance d’esprit». Qu’est-ce à dire? Pourquoi «issu», au singulier, alors qu’il s’agit des «hauts commis de l’État et des hautes personnalités du pays», donc, un ensemble de mots au pluriel? Du point de vue grammatical, la phrase n’aura de sens que si elle était écrite de la manière suivante: «Il est choisi parmi les hauts commis de l’État ou parmi les hautes personnalités du pays issues de la société civile, et doit être connu pour sa sagesse, son intégrité, sa probité et son indépendance d’esprit». Oui, il fallait ajouter «et doit être». Donc «issues» et non «issu».

Et le décret maudit finit dans l’apothéose de l’horreur, par un article 8 qui se trouve dans tous les décrets et divers autres actes administratifs comoriens: «Le présent décret qui sera enregistré, publiée au Journal Officiel de l’Union des Comores et communiqué partout où besoin sera». C’est trop bête. Oui, c’est trop bête. La faute la plus grave dans cet article est liée au fait que décret est féminisé, puisqu’il est «publiée», alors qu’il aurait dû rester au masculin: «Publié». Décret est un mot masculin. Quant à la structure de la phrase, elle aurait dû être la suivante: «Le présent décret sera enregistré, publié au Journal Officiel de l’Union des Comores et communiqué partout où besoin sera». C’est tout.

Nous ne pouvons pas relever toutes les fautes de français qui sont sur ce décret scélérat. Naturellement, les Comoriens et les chancelleries se posent des questions sur l’incompétence criminelle du danseur Saïd Larifou, chantre de «l’émergence verbale et dansante», de Saïd Ahmed Saïd Ali, le beau gosse de Ntsoudjini et trabendiste de visas Schengen, et de Mohamed Abdou Mbechezi, le bandit cornu. Ce décret scélérat est tellement débile que pour le corriger sur le fond, il aurait fallu une Thèse de Doctorat en Sciences administratives et en Sciences politiques. Relevons tout juste que maintenant, les «assises» de la Grande-Comore sont devenues l’instrument de «l’émergence verbale et dansante», alors qu’elles étaient censées se limiter à un bilan sur l’indépendance du pays. Dieu voit et entend tout ça. Les Comoriens se remettent à Lui.

Un dernier détail, et il est d’ordre juridique et administratif: aux Comores, un décret (présidentiel) devrait toujours commencer par le n°1.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 19 septembre 2017.

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