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AZALI Assoumani officialise la candidature en une démonstration de force

« Azali président ! » ces cris militants seront désormais récurrents auxquels il faudra s’habituer. Car cette fois-ci, c’est fait, l’ancien locataire de Beit Salam, Azali Assoumani a annoncé officiellement sa candidature le 5 décembre 2015 au foyer de femmes à Moroni.

« La démonstration de force », titre le quotidien Alfajr. » « La CRC est entrée dans l’arène politique avec envergure et détermination », commente le journaliste chevronné Abdallah Moina Soilihi. « C’était impressionnant », met à la Une d’Albilad. La salle était pleine à craquer, plus de 5 000 personnes se sont déplacées pour assister à la grande messe, un véritable show à l’américain, un succès donc qui commence à susciter quelque fébrilité du côté du camp Mamadou.

Cette démonstration de force a été de différentes formes. D’abord, ce sont des notables et des femmes de Moroni qui se sont portés volontaires pour accueillir l’événement au lieu de laisser le parti s’en occuper. Ensuite la scénographie hautement rodée, la dramaturgie extrêmement réglée, la chorégraphie posant son ascendant. La communication est sans pareille mesure. Tout était mis en place, aux détails près. Les flancs gauche et droit se sont assis les colistiers et candidats pour les postes de gouverneur. Au centre un pupitre, immobile, impatient d’accueillir l’homme de rassemblement. Une heure après, l’animateur annonce l’entrée du candidat qui se dirige vers la scène, serrant des mains, souriant, accablé par des photographes, des caméramans et des anonymes avec des tablettes s’empressant à immortaliser ce moment quasi magique.

« Monsieur le président, Monsieur le Président, une photo s’il vous plaît ». L’ambiance était plus électrique, l’ovation dans la salle et sur scène monte d’un cran. Plus près, un jeune militant monte sur un siège et cherche à lui toucher le bras. La salle se chauffe et applaudit avec ferveur. Dehors, une foule immense, beaucoup, des étudiants et des anciens stagiaires sensiblement prêts à en découdre avec Mamadou qui les a sauvagement exploités en leur promettant mots et merveille lors des dernières élections législatives, en vain. Ils entonnent avec lui l’hymne national pour enflammer la salle. Le visuel présentant l’équipe de sept élus du parti était d’une grande inventivité sans pareille mesure. Il est devenu presque dans un temps de rituel politique un lieu où Smartphones et caméscopes se querellent pour photographier les premiers instants de selfies.

« Autour du président, que des hommes neufs, mais des hommes du terrain. Azali Assoumani veut de gens sur le terrain et veut sortir des sentiers battus. Il élit des gens neufs à la rencontre des Comoriens », commente Ounswam, visiblement illuminé par la puissance de la chorégraphie d’aussi intimidante. « J’ai tremblé quand je montai sur scène », confesse ce vieux militant, Félix Ibrahim.

« La cérémonie avait des traits festifs, c’est tellement beau… C’est tellement beau, » avoue avec enthousiasme Abdou Salami.

Attaché à l’histoire, Azali Assoumani rend hommage aux fondateurs des Comores qui nous ont légué un riche héritage. Homme d’institutions, il réitère son respect pour ceux qui détiennent l’autorité, les invite à consolider les acquis démocratiques et leur tend la main, «  je serais un appui indéfectible ».

D’emblée le candidat Azali Assoumani se place en homme de rassemblement et veut être le président de tous les Comoriens « Je me sens pleinement prêt à servir mon pays et à rassembler toutes les Comoriennes et tous les Comoriens », a-t-il lancé.

L’homme de la réconciliation nationale s’est bien préparé. Depuis son retrait du pouvoir, le lien d’avec le peuple n’a pas été rompu, des rencontres avec les citoyens ont été régulières. Connaisseur de l’histoire des Comores et des préoccupations des Comoriens, il a consacré beaucoup de temps pour penser le destin national. « Dix ans après mon premier mandat dont la mission principale était d’édifier le cadre institutionnel décidé par l’ensemble des Comoriens, j’ai pris le temps de la réflexion. C’est donc en toute connaissance de cause… que mon Parti, mes amis et moi-même avons décidé que je m’engage dans la bataille qui s’annonce. » Donc, dit-il avec solennité, « je me déclare aujourd’hui, candidat aux Primaires du 21 février 2016. »

Exercice obligé, lors de la rencontre avec la presse, Azali Assoumani s’est présenté en recours pour le pays qui traverse des moments difficiles. « Si j’ai décidé de m’engager de nouveau, c’est parce que je crois profondément en la capacité du peuple comorien, au sursaut national. Si j’ai décidé de m’engager de nouveau, c’est parce que j’ai compris que l’unité et la stabilité retrouvée, restent encore fragiles et ne pourront s’enraciner durablement, que par un vrai développement économique et un progrès social », a-t-il déclaré.

Il met en avant les thèmes auxquels il espère apporter des solutions : les institutions démocratiques, la souveraineté, la priorité à la jeunesse, l’économie et l’emploi, la promotion du genre, la culture, le sport, et la santé… et se place pour le grand intérêt national. Il a indiqué qu’il veut ouvrir une nouvelle page de notre histoire : « Depuis l’indépendance, notre pays a traversé des moments très difficiles. Mais à chaque occasion, le peuple a su démontrer sa capacité à privilégier l’intérêt général du pays. C’est pourquoi j’ai toute confiance que ces échéances cruciales feront franchir à notre pays, un nouveau pas vers le progrès, avec la certitude, qu’une fois encore, c’est l’intérêt supérieur de la Nation qui va prévaloir. »

Le candidat du parti du renouveau veut ouvrir un nouveau temps pour les Comores et rassure en avoir les atouts nécessaires pour être « le président de l’agir pour les intérêts immédiats et futurs du pays. »

Sa candidature n’a pas tardé à susciter de remous et de réactions virulentes du camp Mamadou. Car Azali Assoumani possède un atout de taille dans la course à la magistrature suprême. C’est un tribun hors pair, doté d’un charisme hors norme. Son entrée en précampagne est bien accueillie par la presse. Beaucoup d’observateurs estiment qu’il est bien positionné dans la course, on le sent déterminé et confiant.  C’est un homme d’une grande finesse d’esprit, à l’intelligence tactique brillante. Il est tout à fait légitime que Mamadou, homme dépourvu d’habileté oratoire et très impopulaire, soit aujourd’hui particulièrement terrifié par sa candidature.

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