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AZALI ASSOUMANI SERAIT ÉLU À 49,77 %

Dans moins d’une semaine des élections présidentielles, l’enquête menée par l’Observatoire des Comores, dans son département OBC Enquête, le candidat favori des présidentielles, M. Azali Assoumani semble être en mesure de remporter l’élection présidentielle.

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Azali Assoumani est nettement en tête des intentions de vote du second tour. Il réalise en fait le meilleur score avec 49,77 % d’intention de vote, soit 25 points devant Mohamed Soilihi qui obtient 23,96 % d’intention de vote suivi par Mouigni Baraka (13.36 %). Fort de cette nette avance face au ministre des Finances, Azali Assoumani remporte facilement les présidentielles.

Tous s’opposent aux trois candidats. La composition sociologique de leur électorat est disparate. Notons cependant qu’Azali Assoumani bénéficie d’un soutien de toutes catégories sociales. L’électorat Mamadou n’arrive pas à dépasser la moyenne. Si le ministre des Finances séduit les sans activités, (Plus de 55 % d’entre eux, envisagent de voter pour lui en masse), il a une grande difficulté à attirer vers lui les employés (9,52 %) tandis que 71,43 % accordent leur voix à Azali Assoumani.

Au niveau de la répartition géographique, tout semble indiquer que le vote communautaire est réel. À titre d’exemple, dans le Hambou, Azali recueille plus de 84 %. À Hamahamet Mboinkou, Mamadou obtient plus de 64 %. Par contre, le troisième homme dans le classement sur le sondage, a de la peine à obtenir plus de 45 % dans sa région. Dans toutes les circonscriptions, Azali Assoumani fait une rafle. À Mutsamudu, il récolte de plus de 80 % tandis qu’à Domoni, Mouigni Baraka se voit avec un peu de plus de 40 %.

 

Les Comoriens ont beaucoup confiance à Azali Assoumani qu’à Mohamed Ali Soilihi

Toutefois, une part très importante des Comoriens interrogés perçoit Azali Assoumani comme une personnalité comprenant les problèmes des Comoriens et capable d’améliorer leur vie (59,13 %), inspirant de la confiance (56 %) ou ayant une stature présidentielle (48 %), plus sympathique (50.42 %) et le plus pratiquant (55,10 %).

Mohamed Ali soilihi voit sa cote de confiance se dégringoler. 25 % seulement des sondés lui accordent une note de confiance supérieure à la moyenne contre 40 % d’entre eux qui ne lui inspirent point confiance. Une part de 26 % seulement pensent qu’il est capable d’améliorer la vie des Comoriens tandis que 41 % d’interviewés ont une opinion contraire et lui donnent une note très inférieure à la moyenne. 54 % estiment qu’il n’est pas pratiquant contre 25 % seulement qui ont un avis différent.

 

La stabilité d’Azali Assoumani – 59 % des Comoriens lui font confiance pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays, souligne la spécificité de son image très confortable dans l’opinion.

Dans le même temps, Mouigni Baraka voit sa cote de pratique progresser avec 30 % d’opinions favorables. Il gagne ainsi 15 points par rapport à Mohamed Ali Soilihi, et mais se situe à son plus bas à tous les niveaux.

Globalement, dans toutes les tendances le candidat Azali est vu d’un bon œil. Mouigni est le candidat dont il n’est pas influent. Mamadou est considéré ne pas être en mesure d’améliorer la vie des Comoriens et en plus, il est le moins pratiquant. Quant à la stature présidentielle, Mouigni Baraka est dans une pente descendante.

 

Les enseignements de cette étude

 

Parmi les principaux enseignements de notre étude sur les intentions de vote pour l’élection présidentielle, on enregistre une forte progression du candidat CRC, un tassement de Mohamed Ali Soilihi et un effacement quasi dégressif de Mouigni Baraka.

Le ministre des Finances pâtit de cette progression d’Azali Assoumani, subissant un écart de 25 points. Il serait nettement distancé à Mutsamudu, à Oichili Dimani, à Misamihouli Mboudé, à Ngouegwe comme dans l’ensemble de trois îles, et se trouverait favori uniquement dans son fief Hahamamet Mboinkou devançant toutefois Azali Assoumani de 28 points.

C’est dire que le premier enseignement de cette enquête, les candidats du pouvoir subissent une sanction de la part de l’opinion. Il y a une désaffection totale de l’opinion pour le pouvoir actuel.

Deuxièmement enseignement, le premier Président de l’Union des Comores semble bénéficier de sa forte alliance que lui apportent notamment le parti JUWA, le PEC et le parti Orange ainsi que l’ensemble des alliés. Il capitalise également les effets du mouvement contestataire contre la fraude et l’impopularité de Mamadou.

 

Le parti Rija et Bourhane rejetés par leurs électeurs

 

Troisième enseignement, les électeurs de parti Rija et Bourhane Hamidou se sont massivement reportés sur Azali Assoumani en dépit de la consigne contraire lancée par ces deux leaders : non seulement l’UPDC ne les a pas récupérés, mais ils semblent bien pencher sur la dynamique dont bénéficie actuellement le candidat soutenu par Ahmed Abdallah Sambi. Autrement dit, la consigne lancée par le président du parti Rija et sa campagne de « d’instrumentalisation de la haine » n’ont pas eu l’ampleur escomptée.

Ainsi, Mamadou et ses alliés enregistrent ici un double échec : l’échec de son opération de « dramatisation » puisque, mise au pied du mur, ils ont préféré retomber dans les vieilles ornières xénophobes et ont refusé d’obéir à une campagne digne ; échec vis-à-vis de ses propres électeurs issus de leurs alliés qui, dans leur très grande majorité, se sont révélés désireux d’une véritable dynamique gagnante, celle incarnée par Azali Assoumani.

L’assise électorale du colonel s’avère donc assez consolidée et confortable : les différents mouvements qui la constituent étaient fédérés par le mouvement anti fraude et par la dynamique sambienne dotée d’une popularité incontestable.

 

Les raisons du succès

Azali Assoumani, comme Ahmed Abdallah Sambi est une personnalité qui appartient à une famille politique, la CRC, qui dispose d’un électorat stable, enraciné, porteur de convictions, et ce par rapport à l’électorat de Mamadou et de Mouigni qui disposent plutôt d’un électorat flottant, consumériste et porteur de motivations personnelles. L’équipe d’Azali Assoumani a été au principe d’une campagne révolutionnaire avec une petite touche américaine. Son challenger âgé de plus 30 ans plus que lui, choisit un slogan incohérent avec son image, « YE MZE NGUENA VU »,  » Le vieux est fort » est en soi une erreur de communication. Au lieu de dire, « Mamadou, l’homme sage, serein, rassurant », ce qui correspondrait relativement à son image et à son âge, tel slogan reste flou et incompréhensible.

Azali Assoumani, lui, a choisi un slogan rassembleur, le « président de tous ». Il a bien rassemblé autour de lui toutes les catégories sociales et toutes les compétences. Il doit son succès à ses atouts formidables : son bilan, son projet, sa personnalité, et ses alliances.

 

Comment Mamadou va gérer sa défaite?

Reste à savoir comment Mamadou va gérer sa défaite. Va-t-il jouer au mauvais perdant au risque d’entraîner les Comores dans un ordre incontrôlable aux conséquences désastreuses, et faire figure d’un loser ou va-t-il jouer fair-play et finir un happy end avec toutes les chances possibles de transformer la haine viscérale qui colle sur lui en un véritable amour d’homme d’État admiré de tous ?

L’adversaire de Mamadou, c’est Mamadou lui-même. Sa personnalité, sa crédibilité, sa compétence sont en jeu en ce moment dans l’opinion. Doté d’un train de vie très éloigné du Comorien authentique, il y a aujourd’hui dans le pays une vraie critique de son style. Sa stratégie est un cafouillage total. Fraudant dès le premier tour, il a attiré vers lui, toutes colères et toutes les détestations. Accusé de soutenir en premier lieu Mohamed Fazul, il froisse la sensibilité de la première dame, Madame IKILILOU Hadidja Aboubacar à Mohéli. Cela lui a desservi fatalement.

Son électorat se constitue sur des bases instables. Ses recettes sont finalement perdantes. Il essaie de corrompre plus qu’à convaincre, alors qu’Azali Assoumani, lui, s’attelle à convaincre.

C’est dire que l’issue des élections est favorable à Azali Assoumani. Reste à savoir comment Mamadou va gérer sa défaite. Va-t-il jouer au mauvais perdant au risque d’entraîner les Comores dans un ordre incontrôlable aux conséquences désastreuses, et faire figure d’un loser ou va-t-il jouer fair-play et finir un happy end avec toutes les chances possibles de transformer la haine viscérale qui colle sur lui en un véritable amour d’homme d’État admiré de tous ?

Cette question se pose également sur le cas du président sortant Dr Ikililou Dhoinine. À défaut de faire une consigne de vote manifeste ou implicite pour le candidat le plus sérieux, comme l’a fait naguère Jacques Chirac en faveur de François Mitterrand, ou Mitterrand en soutien à Jacques Chirac, Dr Ikililou aura sans doute beaucoup intérêt à agir en homme d’État. C’est-à-dire à veiller pour des élections démocratiques et transparentes, la seule option qui lui fera entrer dans l’Histoire.

 

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