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Azali, sosie du «Maréchalissime» de Rachid Mimouni

Azali, sosie du «Maréchalissime» de Rachid Mimouni

La ressemblance entre les deux dictateurs est saisissante

Par ARM

       J’avais rencontré l’écrivain algérien Rachid Mimouni (1945-1995) au Salon du Livre de Brive-la-Gaillarde, le samedi 6 novembre 1993, soit 2 ans après la publication de son livre Une peine à vivre (Éditions Stock, Paris, 1991). Dans ce livre, on retrouve un dictateur bête, inculte, ridicule et violent qui ressemble trait pour trait au tyran Assoumani Azali Boinaheri. Ce dictateur, à force de flatteries de la part de ses thuriféraires au langage le plus panégyrique, ampoulé et dithyrambique, est devenu «Le Maréchalissime». Il finit par être condamné à mort. Est-ce le sort qui attend le dictateur Assoumani Azali Boinaheri? L’avenir le dira…

Tel le dictateur Assoumani Azali Boinaheri, «le Maréchalissime» prend le pouvoir à la suite d’un coup d’État et règne par la violence. Il sème la mort et le deuil. Tel le dictateur Assoumani Azali Boinaheri, le «Maréchalissime» a pour ingrédients de pouvoir la corruption, la destruction, les enlèvements et les assassinats. Les deux dictateurs ont un complexe d’infériorité transformé en complexe et sentiment de supériorité qui marque leur conception et exercice du pouvoir. Par le pouvoir, ils croient sortir de leur médiocrité sociale et s’affirmer devant les autres par des mécanismes de domination qui relèvent de la maladie mentale.

Dans ce passage du livre, «le Maréchalissime» tient des propos qui auraient pu sortir de la bouche du dictateur Assoumani Azali Boinaheri: «Auparavant, jamais, au grand jamais, je n’étais parvenu à me débarrasser de ce complexe originel qui pesait si fort sur mes épaules que je ne voyais le monde que l’échine courbée. Je ne pouvais concevoir d’établir un rapport d’égalité avec autrui. Je restais toujours l’inférieur. Le fils de bohémiens que j’étais n’avait jamais pu envisager de regarder les autres de la même hauteur. Si je m’étais inconsciemment dirigé vers la carrière militaire, c’est que j’avais senti que l’uniforme allait me conférer ce surcroît de taille qui me manquait. […] J’eus enfin l’audace de fixer le soleil. La première étoile qui vint orner mon épaulette fit gonfler ma poitrine. Je me sentais grandir et épaissir à mesure que mes épaules se chargeaient d’insignes dorés» (p. 219).

Les 2 dictateurs narcissiques se servent de l’appareil d’État pour satisfaire leurs lubies, fantasmes et vengeance. Ils ont été corvéables au sein de l’Armée, le tyran de Mitsoudjé ayant été un laquais des mercenaires de Robert «Bob» Denard, dont il cirait les godasses et lavait les slips, tout comme le «Maréchalissime» avait été «l’homme à tout faire de l’officier» supérieur. Entourés de thuriféraires sans dignité comme Saïd Ahmed Saïd Ali, le berger Djaé Ahamada Chanfi, le crieur public, aboyeur de rues et insulteur officiel Houmed Msaïdié Mdahoma, Moustadrane Abdou «Mafitsi» («Foutaises») et autres misérables reptiles, les deux dictateurs sombrent dans le rabaissement permanent de l’autre. Le «Maréchalissime» dira: «Tu seras alors étonné de découvrir que la servilité humaine n’a pas de limite et que la dignité n’est qu’un mot creux». C’est ce qui se passe dans l’entourage du dictateur de Mitsoudjé, entourage de «servilité humaine» et dont «la dignité n’est qu’un mot creux».

Les tyrans sont des mégalomanes bornés. Obsédés sexuels, ils se rabaissent et se ridiculisent auprès des femmes qui leur plaisent. Mais, contrairement au dictateur de Mitsoudjé, «le Maréchalissime» finira par se rendre compte que le pouvoir est un piège inutile et dangereux: «Justement, à quoi me sert d’être Maréchalissime si je ne peux influer sur ce qui m’importe le plus? Un paysan aimé de sa femme est plus heureux que moi». Le «Maréchalissime» finira par démissionner, sans échapper à la vengeance du peuple et à la mort violente. Le dictateur Assoumani Azali Boinaheri devra y trouver matière à méditation.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 17 août 2021.

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