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Beaucoup de questions et de changements

Nous ne sommes qu’au début-octobre et ça sent déjà la fin de l’année : alors, avant de lui dire au revoir pour de bon, voyons ce que 2019 nous a apporté. J’ai sélectionné, pour ma part, quatre évolutions saillantes et vous invite à en identifier d’autres que je n’ai pas retenues.

1 – L’interrogation politique a été maîtrisée

On a l’impression qu’aux Comores, on a eu deux années jumelles. Tellement que 2018 et 2019 se ressemblent sur la forme, tout comme sur le fond. Assises nationales, Référendum, Élections anticipées. Qui ne se souvient qu’au début de l’année, elle s’annonçait terrible pour tout le monde et menaçait, tel un ouragan, de tout balayer sur son passage ?

En clôturant les assises nationales, le président Azali Assoumani est revenu sur des points essentiels qui nécessitent le changement. Mais il était attendu en particulier sur les changements institutionnels à venir. Les assises ont préconisé que la présidence tournante entre les îles soit maintenue avec pour nouveauté une possibilité de renouveler le mandat pour chaque île. La politique de la chaise vide établie par l’alliance de l’opposition n’a guère porté ses fruits. La communauté internationale a félicité le processus des assises nationales à l’unanimité.

Le chef de l’État a souligné la nécessité de prendre en compte les recommandations des assises sans toutefois manquer de préciser qu’aucun changement de Constitution ne serait fait sans consulter la population. Les Comores semblaient donc s’acheminer vers un référendum. Le camp du «OUI» l’emporte, la réforme constitutionnelle approuvée à 92,74 % par voie référendaire. D’après la commission électorale, la participation s’établirait à 63,9 %, malgré le boycott de l’opposition.

Et c’est là que l’interrogation politique prend forme, retrouve son sens énigmatique. Nous nous en prenions alors aux hommes politiques de notre pays, souvent de l’union de l’opposition, qui n’avait rien vu venir, nous contraignant à l’affronter sans idées ni préparation.

Ce sont les dirigeants de nos partis politiques (Mouroua, Updc (clan Razida), Radhi (clan Aboudou Soefo), Ridja (clan Larifou), Juwa (clan Barwane et Mohamed Soulé)… et les dinosaures, ceux-là mêmes dont on stigmatise bien souvent les erreurs et les insuffisances, qui, cette fois, ont su faire face : démontrant leurs faiblesses avec discernement, ils ont pris les mesures qui ont enrayé leur propre crise.

Ces leaders politiques ont tremblé sur leurs bases ; leurs sympathisants ont trinqué, des milliers de personnes ont retourné leurs vestes, mais l’édifice de l’opposition a tenu. Parce qu’être dans l’opposition, c’est d’abord une idéologie de s’opposer tout simplement. Et l’on en est déjà à colmater les brèches, à réparer les dégâts pour repartir avec, nous promet-on, plus de bienveillance avec …l’azalisme !

Certains d’entre eux s’en tirent mieux que les autres, profitent même de la crise de l’opposition pour accentuer leur rattrapage du temps perdu.

2 – Le centre de gravité de l’Archipel a bougé

Il y a un peu plus de 60 ans, souvenez-vous, après la décision de transférer le chef-lieu de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (Grande-comore), c’était Ngazidja, la grande île qui gouvernait l’Archipel ; en son sein, Moroni et Mitsamihouli tenaient les rênes : le centre névralgique était là et nulle part ailleurs.

Aujourd’hui, il est partout, mais c’est du côté d’Anjouan qu’il faut regarder pour voir où penche la balance : vers cette île émergente, nos décideurs se succèdent, l’un après l’autre, les centres de décision aussi. Domoni et Mutsamudu fascinent, donnent de l’espoir. Et, en cette fin d’année (anticipée), c’est dans plusieurs villes de l’île aux mille parfums que le Président de l’Union des Comores passe nombreux de ses week-ends, voire des semaines entières.

L’avez-vous remarqué ? Le président comorien accélère les projets, va vite, tout va vite, et ce n’est plus un secret de polichinelle, Anjouan donne de l’énergie à Azali Assoumani. Il a décidé, et c’est un signe fort, de faire de cette île, la plateforme des Comores de demain.

3 – Une opposition décimée

L’opposition politique. Élément essentiel du pluralisme démocratique, l’opposition exprime ses divergences et ses points de vue critiques par rapport à l’action du pouvoir. Elle ne peut exister que si le système politique est organisé et reconnaît ses droits. Si sa lutte est clandestine, on parle de résistance. Chez nous, nos chers «opposants» ont choisi la ligne la plus insensée : chaise vide, désorganisation, soulèvement, mensonges, calomnies, querelles internes …etc. !   

En démocratie, l’opposition permet aux citoyens d’être informés de manière contradictoire sur la politique conduite par le gouvernement et de leur proposer une alternative politique sur la base d’un programme qui doit être réalisable.

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Or, depuis les Assises nationales, l’union de l’opposition n’a plus été la même et le plus grand contre-pouvoir a sombré dans l’irrationalité. Nos hommes politiques qui opposent le pouvoir central actuel préfèrent mettre les voiles et s’installer à Marseille pour vivre la cohue de la Place d’Aix. Zilé Soilihi, même avec sa voix rocailleuse est un peu crédible dans ce bazar politique qu’un Mouigni Baraka cloîtré dans sa ferme ou Me Ahamada Mahamoud perdu dans le désert, entre représenter l’opposition ou défendre les intérêts de l’ancien président, Ahmed Abdallah Sambi. Certes, le monde est à l’envers, mais là, le monde fait des tonneaux irréversibles.    

Considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs de la nébuleuse opposition, Me Ibrahim Ali Mzimba a compris la formule de ces compagnons de route : « l’opposition est, aujourd’hui, à bout de souffle. Aucune idée commune crédible. Je suis fatigué, je me barre …indéfiniment », disait-il auprès de la presse.

4 – FFC : A quoi servent les élections ?

Quel événement politico-stratégique s’est le plus multiplié ces dernières années au sein de la Fédération de Football des Comores (FFC) au point que nous avons une impression de trop-plein ? Ne cherchez pas loin, la réponse est : les élections.

C’est la pagaille dans la maison mère de notre football. Il n’est ni original ni nouveau de constater que l’évolution du football dans notre pays (tout comme dans le monde d’ailleurs) est parcourue de comportements financiers douteux ou franchement répréhensibles. On enregistre depuis presque une décennie une extension et, qualitativement, une aggravation des délits.

On recensait déjà des maquillages comptables, des faux et usage de faux en écriture, des tricheries sportives alimentées par l’appât du gain, des abus de biens sociaux, des détournements de fonds par le biais de fausse facturation, des malversations, des prêts fictifs aux clubs des grands patrons, des honoraires occultes versés aux responsables des ligues et des districts, des mouvements de fonds vers des destinations imaginaires et, de la corruption de joueurs ou d’arbitres et du blanchiment d’argent sale.

Parfois sanctionnés, souvent dénoncés comme des marginaux ou des « brebis galeuses », les auteurs de tels comportements sont là, travaillent quotidiennement au chevet de notre fédération malade, jamais isolée ou excluent dans le concert du sport comorien le plus aimé.

Que se passe-t-il donc dans le monde du ballon rond de notre pays ? Il ne se passe plus un jour sans que la presse ne nous livre l’écho des Affaires, souvent attendues, mais parfois surprenantes, d’élection en élection, la fédération de football des Comores ne retrouve plus le sens de ses missions. Les dirigeants sont dépassés de leurs propres bêtises. Dernier dégât, l’éviction de son Président qui ne respecte pas la charte de l’institution. En attendant, les prochaines élections d’un nouveau …Président.

Alléluia ! 

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