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Bonne Aïd Al-Kabîr ou Fête du sacrifice pour 2016

Bonne Aïd Al-Kabîr ou Fête du sacrifice pour 2016

Unissons un monde musulman divisé par de mauvais dirigeants

Par Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah

«Et agrippez-vous, tous ensemble, au câble de Dieu et ne soyez pas divisés. Et rappelez-vous le bienfait de Dieu, sur vous, lorsque vous étiez ennemis; c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Sa grâce, vous êtes devenus frères. Et lorsque vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en sauva. Ainsi Dieu vous montre clairement Ses révélations, afin que vous soyez bien guidés»

(Coran III, La Famille Al-Imran, 103).

     Les Comoriens s’associent avec les autres Musulmans du monde entier pour fêter l’Aïd Al-Kabîr ou Grande Fête ou Fête du Sacrifice. C’est une fête qui symbolise le respect ferme de la volonté divine de la part de deux croyants, le Prophète Ibrahim, la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, et son fils, qui avait accepté d’être sacrifié. L’Islam nous apprend par les gestes de ces deux fidèles, ce que nous devons faire pour satisfaire notre Seigneur, Allah. Rien n’est plus important dans ce monde pour un homme ou une femme que son enfant, qui a dans ses veines son sang, et qui porte ses gênes et sa postérité. Allah, par Sa bonté infinie et sa Miséricorde, a remplacé l’enfant par un mouton, et sauva la vie d’un enfant fidèle et d’un même geste, Allah, qu’Il soit loué, a récompensé la fidélité et l’obéissance du Prophète Ibrahim. C’est cette obéissance sans faille que nous venons de célébrer tous après la fin du pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam, à La Mecque et à Médine. Ce pèlerinage a rassemblé tous les communautés de l’Islam, Sunnites et Chiites.

     L’ancien Président Gamal Abdel Nasser d’Égypte avait eu ce joli mot: «Lorsque je me prends à réfléchir sur ces centaines de millions de Musulmans, tous fondus en un tout homogène par la vertu d’une même foi, je m’en retrouve de plus en plus conscient des réalisations inouïes que la coopération entre ces millions d’hommes serait susceptible d’accomplir – une coopération qui, certes, n’outrepasserait jamais le loyalisme de chacun envers son pays d’origine, mais qui lui assurerait, à lui et à tous nos Frères-en-l’Islam, un pouvoir illimité»: Gamal Abdel-Nasser: The philosophy of the Revolution, Le Caire, date de publication non mentionnée, pp. 67-68, cité par Bernard Lewis: Le retour de l’Islam, Gallimard, Paris, 1985, p. 470.

     Les Lieux Saints rassemblent tous les Musulmans qui reconnaissent l’unicité de Dieu et la prophétie de Muhammad Ibn Abdallah. Ce pèlerinage symbolise l’unité de l’Islam, unité que nous devons tous faire l’effort nécessaire de préserver. L’Islam ne gagnera jamais de la division entre Chiites et Sunnites. Pendant qu’on se chamaille sur des questions de leadership entre Chiites et Sunnites, des Musulmans en Birmanie, en Syrie, en Palestine, en Irak, en Lybie et d’autres pays meurent de notre incapacité à leur venir en aide ou à leur proposer une vie meilleure.

Faisons un sacrifice de tolérance et de retenue entre chiite et wahhabite

«Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus: “Établissez la religion; et n’en faites pas un sujet de divisions”. Ce à quoi tu appelles les associateurs leur paraît énorme Allah élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent.

Ils ne se sont divisés qu’après avoir reçu la science et ceci par rivalité entre eux. Et si ce n’était une parole préalable de ton Seigneur pour un terme fixé, on aurait certainement tranché entre eux. Ceux à qui le Livre a été donné en héritage après eux sont vraiment à son sujet, dans un doute troublant»

(Coran, XLII, La Consultation, 13-14).

     Depuis les attentats du 11 septembre 2001, ce sont les Musulmans qui meurent en grand nombre partout dans le monde. Cette situation est aggravée par l’appétit parfois démesuré de certains qui veulent être le moteur du monde arabo-musulman. Aujourd’hui, le monde musulman est déchiré entre Chiites et Sunnites, et cela a entraîné dans la guerre chaude la destruction de l’État en Syrie, au Yémen, en Irak et ailleurs. Cette «fitna» (discorde, mais aussi anarchie) est devenue une arme fatale entre les mains de nos ennemis internes et externes, qui veulent montrer à la face du monde que l’Islam n’est qu’une barbarie et un vecteur d’attentats, et non une religion de paix, de tolérance et d’humanisme.

     L’humaniste indien Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948) a dit: «Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission». Nous implorons à Dieu pour qu’Il aide les dirigeants de nos pays à se ressaisir et à s’unir sur nos fondamentaux, en oubliant les détails qui nous divisent. La situation est devenue grave. Le conflit pour le leadership est un danger pour nos pays.

Les Comores doivent être neutres dans le conflit entre Chiites et Sunnites

     Les Comores sont des îles peuplées des Musulmans de rite chaféite. Depuis longtemps, les Comoriens connaissent le Chiisme et le Sunnisme sans que cela n’entraîne des conflits ou des incidents diplomatiques. Aujourd’hui, les dirigeants comoriens ne sont pas uniquement exploités et utilisés contre le peuple comorien par l’ancien colonisateur, la France, mais aussi par des pays, certes riches mais dont les contributions au développement économique et social de notre pays restent à démontrer et ne sont pas supérieurs à ceux d’autres pays. Nos dirigeants ne doivent faire la diplomatie du vent qui risque de nous emporter un jour. Nous devons assumer une grande neutralité et accepter ce qui a été fait par les autres.

Menons une diplomatie d’indépendance et en faveur du développement national

     «N’aie pas honte de te faire aider; car tu te proposes de faire ce qui est utile, comme le soldat à l’assaut des murs. Quoi donc! Si tu es boiteux et si tu ne peux monter seul au créneau, mais si c’est possible, grâce à un autre?»: Marc-Aurèle: Pensées. Les Stoïciens, Bibliothèque de la Pléiade, NRF, Gallimard 1962, VII (7), p. 1191.

     Nous n’avons aucun préjugé sur un rite musulman. Nous voulons uniquement le bien-être des Comoriens. Si on peut accepter l’ONG Secours catholique – Caritas, pourquoi on expulse nos frères musulmans chiites iraniens qui aident le peuple comorien? Notre pays n’a pas les moyens d’avoir une politique extérieure sectaire et partisane. Nos dirigeants doivent avoir le courage de tenir un langage de neutralité et de laisser faire les pays qui désirent ouvrir leur ambassade à Moroni et intervenir d’une manière positive pour aider la population locale. La politique étrangère ne doit pas laisser d’autres pays, même riches, qu’ils interfèrent dans notre politique nationale, en ôtant notre indépendance et en diminuant notre crédibilité internationale. Si nos dirigeants ont le courage et la conscience tranquilles d’accepter une ambassade française à Moroni et d’accueillir le Préfet de Mayotte dans notre Palais présidentiel, je me demande qui aurait pu faire pire et pis que la France aux Comores.

Après la présidence tournante ; aurons-nous une diplomatie tournante?

     «Mauvais éloge d’un homme que de dire: son opinion politique n’a pas varié depuis quarante ans. C’est dire que pour lui il n’y a eu ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. C’est louer une eau d’être stagnante, un arbre d’être mort; c’est préférer l’huître à l’aigle. Tout est variable au contraire dans l’opinion; rien n’est absolu dans les choses politiques, excepté la moralité intérieure de ces choses. Or, cette moralité est affaire de conscience et non d’opinion. L’opinion d’un homme peut donc changer honorablement, pourvu que sa conscience ne change pas. Progressif ou rétrograde, le mouvement est essentiellement vital, humain, social. Ce qui est honteux, c’est de changer d’opinion pour son intérêt, et que ce soit un écu ou un galon qui vous fasse brusquement passer du blanc au tricolore, et vice versa»: Victor Hugo: Œuvres complètes, 1830, p. 127.

     Depuis l’instauration du système de la présidence tournante en 2002, présidence imposée par l’ancien colonisateur, par le biais des séparatistes anjouanais et de ses deux Colonels, Azali Assoumani et Mohamed Bacar, les Comores ne connaissent aucun développement économique. L’unité du pays s’éloigne de plus en plus, et le séparatisme s’enracine au sein de la population comorienne. L’unique «acquis» de cette politique de ce système de la présidence de tournante est l’enracinement de Mayotte à la France. Mayotte est devenue département français et région ultrapériphérique de l’Union européenne, et le Préfet de Mayotte est reçu à Moroni en grande pompe, au Palais présidentiel, par Azali Assoumani et son équipe. La France est l’unique gagnante du système politique qu’elle nous a imposé par les biais de ses valets. Mais, la France ne veut pas en rester là et se contenter d’une maigre victoire, elle veut l’implosion de notre nation en trois micro-États afin qu’elle puisse garder Mayotte tranquillement, sans aucune revendication au niveau des instances régionales et internationales. La présidence tournante enracine le séparatisme au sein de la population comorienne et tue la nation à petit feu. Comme l’avait bien dit, un grand diplomate français, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, «il y a des montagnes qui accouchent d’une souris, et d’autres qui accouchent d’un volcan».

     Azali Assoumani accélère la mise à mort à de la nation comorienne en instaurant l’administration tournante et la diplomatie tournante. Cette politique de tout remettre en cause, les engagements et les décisions prises par ses prédécesseurs, ne favorise pas notre développement économique et n’améliore pas notre image au niveau international afin d’attirer des investisseurs. Aujourd’hui, Azali Assoumani, pour la présidence tournante de la Grande Comore, amplifie la diplomatie aveugle d’Ikililou Dhoinine, en expulsant les Iraniens qui aident le peuple comorien (hôpital et écoles) en implantant les Saoudiens. Dans 5 ans, la présidence tournante sera à Anjouan. Pour l’instant, c’est Ahmed Sambi qui a beaucoup de chance de gagner les élections, et fera retourner les Iraniens, en expulsant les Saoudiens. Il peut aussi remettre en cause tous les recrutements qu’aurait faits le régime politique d’Azali Assoumani II. Le pays et le peuple comoriens deviendront une balle de ping-pong. Cette situation mènera notre pays à l’implosion.

     Nous devons faire le maximum de nous-mêmes afin d’éviter l’implosion de notre jeune nation. Nous devons empêcher la France et ses valets d’accomplir leur macabre ambition. La défense de notre nation, de notre unité et de notre territoire n’attend autre personne que nous. Nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui se moquent de nous en croyant qu’ils peuvent tout faire et ne seront jamais ni jugés, ni punis. Nous devons leur faire comprendre que le pays nous appartient tous et nous le défendrons, par nos forces, nos idées, nos sueurs et nos sangs.

     Que Dieu bénisse les Comores et le peuple comorien dans l’unité de l’archipel à savoir, Mayotte, Anjouan, Mohéli et la Grande-Comore.

Par Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah

Président du Parti Comores Alternatives (PCA)

saidabdillah@yahoo.fr

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© www.lemohelien.com – Jeudi 15 septembre 2016.

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