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Célébration de l’Ide El-Fitre : la réception du gouverneur de Ngazidja

A l’occasion de la célébration de l’Ide El-fitre marquant la fin du mois de Ramadan, le gouverneur de l’île de Ngazidja a donné une réception samedi après-midi qui a vu la participation d’une foule nombreuse venue de toutes les régions.

Dans son intervention pour présenter les vœux à la population, le grand Muphti a surtout insisté sur la nécessité de préserver la paix et la cohésion sociale sans lesquelles rien de durable  ne peut se construire.

Après avoir présenté les vœux à la population, le gouverneur a  évoqué les derniers incidents survenus à Vanamboini et insisté sur les démarches entreprises par l’Exécutif de Ng        azidja pour la révision du contrat relatif à l’exploitation du site de Handouli par la société Colas

Nous vous proposons, ci-dessous l’intégralité du discours du gouverneur Mouigni Baraka Said Soilihi

Discours de Monsieur le Gouverneur de l’Ile Autonome de Ngazidja

à l’occasion de l’Aïd-el-fitr

samedi, 18 juillet 2015

 

……….

 

Monsieur,

Monsieur,

Monsieur,

Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,

En ce jour où nous célébrons l’Aïd-el-fitr qui consacre la fin du mois sacré de Ramadan, il m’est particulièrement agréable de vous adresser, ainsi qu’à tous les musulmans, mes vœux de bonheur, de bonne santé et de réussite. J’espère de tout cœur, qu’avec l’aide d’Allah, nous avons accompli avec succès le jeûne de ce mois béni et que nous avons su tirer profit des leçons dispensées durant ces 30 derniers jours par les Ulémas et les Prédicateurs pour nous enseigner les devoirs religieux et moraux qui nous sont prescrits. Mais aussi pour nous sensibiliser sur les multiples défis à surmonter au sein de notre société, en vue de les affronter avec la force de la foi et l’esprit de sacrifice que nous devons consacrer à notre pays. Je voudrais dire, à ces éducateurs qui nous ont démontré leur esprit de bienfaisance et leur attachement aux bonnes mœurs – combien nous avons apprécié la qualité de leur action.IMG_0286

Honorable assistance, Mesdames et Messiers,

Le mois saint de Ramadan est considéré dans notre milieu comme un hôte de grande marque que nous aimons tant. Les maîtres nous enseignent que le jeûne offre un cadre idéal pour purifier les âmes des mauvaises pratiques qui se sont propagées dans notre société ces derniers temps ; un cadre idéal pour renforcer notre détermination à persévérer dans l’accomplissement de bonnes œuvres, dans l’attachement aux nobles valeurs humaines, dans le redressement des valeurs et des mœurs. Mais sachez que le redressement des valeurs et des mœurs est un travail constant et ininterrompu fondé sur la conviction et la force de la foi.

Je saisis donc cette occasion pour lancer un appel aux forces vives de notre pays, surtout à notre jeunesse pour qu’elles contribuent efficacement à mettre fin à la crise morale que connaît actuellement notre société et que les pouvoirs publics cherchent, par tous les moyens, à surmonter puisqu’elle risque de constituer un frein au développement de notre archipel.

Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,

Puisque j’ai évoqué la crise morale qui sévit au sein de notre société, je voudrais faire état des évènements de ces derniers jours sur le site de Handouli, non loin du village de  Vanamboine  –  évènements qui donnent beaucoup à réfléchir et qui appellent chacun de nous à faire preuve de pondération pour éviter les excès susceptibles de détruire toutes nos chances de réussite dans nos démarches de développement.

Il n’est un secret pour personne que c’est l’exécution du contrat de bail passé conjointement entre la Vice-présidence chargée de l’Aménagement du territoire et l’Association Ndouli et Génération comme bailleurs, et la société Colas, comme locataire – qui est à l’origine des incidents de Vanamboini.

Les dernières déclarations de mon Exécutif rendues publiques ces derniers jours, se sont efforcées d’apporter les mises au point nécessaires pour lever les malentendus qui résultent de l’exécution de ce contrat.

Aujourd’hui, j’ai décidé de m’adresser au public, avant tout pour confirmer le contenu  desdites  déclarations et ensuite apporter les précisions nécessaires à l’intention de ceux qui persistent à entretenir la divergence au sein de l’opinion. Ces détracteurs de la vérité posent deux sujets que je tiens ici à expliciter et à apporter des éléments de réponse.

Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,IMG_0178

En premier lieu, l’exploitation du site de Handouli par la société Colas a suscité les suspicions selon lesquelles, il existerait des produits miniers dans le sous-sol du site en question. Cette idée tire son origine de la lecture quelque peu imaginaire d’un passage du contrat qui mentionnait que « le bailleur concède au locataire le droit exclusif d’extraire et de disposer de tous matériaux qui sont techniquement et économiquement exploitables »

Je voudrais m’adresser à ceux qui soutiennent cette idée, pour leur donner l’affirmation que pour l’heure, aucune étude n’a été menée sur les lieux pour la recherche du moindre indice pouvant étayer cette hypothèse.  A titre de rappel, un premier contrat de ce genre a été signé en 2013 pour l’exploitation d’un site situé entre la ville de Hahaya et l’aéroport International Prince Said Ibrahim. Ledit contrat qui avait été dénoncé par le Gouvernorat de Ngazidja pour des raisons de sécurité de l’aéroport n’a pas été mis en application et pourtant cela n’a pas fait l’objet d’une quelconque polémique.

En tout état de cause, sachez une fois pour toute qu’il n’existe aucun élément scientifique qui pourrait apporter la preuve de l’existence de produits miniers. Sachez de même, que s’il s’avère que de tels biens existeraient dans notre sous-sol, c’est notre Etat qui en disposera de façon exclusive.

Ensuite, on s’interroge sur le fait que le Gouverneur de l’Ile Autonome de Ngazidja avait pris position contre le contrat de bail en question et aujourd’hui, il se montre favorable à son exécution. Ici encore, je réponds à la question en expliquant à ceux qui s’interrogent que le Gouverneur de l’Ile Autonome de Ngazidja n’est pas partie prenante de ce contrat, auquel cas sa signature n’a jamais été requise.

Le fait avéré est qu’après la signature de ce document j’ai saisi par courriers en date du 22 décembre 2014, la Vice-présidence chargé de l’Aménagement du territoire de même que la société Colas pour dénoncer ledit contrat pour vice de forme en leur signifiant mon désaccord quant à sa mise en application, pour les motifs ci-après :

  • D’abord, l’autorité supérieure de l’île de Ngazidja n’a pas été tenue informée de cette démarche, ce qui est contraire à la constitution de l’Union des Comores qui dispose que le Gouverneur de l’île doit être tenu informé des actes concernant l’exploitation de l’espace territoriale de son île.IMG_0224
  • Ensuite, cet acte a été exécuté en violation des textes en vigueur en Union des Comores, notamment : la loi cadre N° 94-018 du 22 juin 1994, modifiée en 1995, relative à l’environnement ;  le décret N° 001-52/CE relatif aux études d’impact sur l’environnement ; le décret N° 06-019/PR du 21 février 2006, relatif à l’exploitation des carrières – dans la mesure, surtout qu’aucune étude d’impact environnemental n’a été effectuée préalablement à la signature du contrat en question.
  • Enfin, le montant du loyer proposé a été fixé de façon arbitraire, sans prendre en compte le volume des gains prévisibles que le locataire peut tirer de l’exploitation du bien loué.

Il apparait clairement ici, que ma position était motivée par le souci d’améliorer le contenu du contrat, faire respecter la procédure au regard des textes en vigueur, requérir les contres parties exigible afin que toutes les parties puissent tirer profit de l’opération de façon équitable.

Mais le déclenchement des mouvements de protestation organisés par les habitants des villages intéressés par le site de Handouli, notamment Vanamboini m’a amené à agir pour apaiser les tensions et empêcher des troubles graves. J’ai donc lancé une série d’actions qui ont abouti à des résultats que je juge positifs. En effet :

  • Des négociations ont pu être engagées entre les autorités de l’île et la société Colas et puis les communautés villageoises entre elles.
  • Le calme est revenu au sein de la population ;
  • Le contrat de bail initial est révisé. Ici, je précise bien que la disposition du contrat selon laquelle « le bailleur concède au locataire le droit exclusif d’extraire et de disposer de tous matériaux qui sont techniquement et économiquement exploitables » a été supprimé et remplacé. Ce dont il est question c’est l’exploitation de l’agrégat (toute granulation confondue), c’est-à-dire, des blocs de pierre, du gravier, du sable. De même les clarifications suivantes sont mentionnées dans le texte : Remblais progressif de l’espacement où les matériaux ont été extraits ; extrait des pierres à partir de 20 m au-dessus du niveau de la mer ; tout disfonctionnement négatif à caractère environnemental, tout fait constaté, jugé contraire aux dispositions du contrat, toute étude environnementale réalisée qui se révèle contraire à l’expertise déjà réalisée – entraineront la suspension immédiate du contrat.  
  • Les études d’impact environnemental sont menées et un rapport d’études est élaboré, faisant état d’une évaluation des impacts positifs et négatifs du projet sur le cadre de vie des populations ;
  • Une quote-part à verser à la communauté est chiffrée. Il est même envisagé d’ouvrir un compte bancaire qui doit  être opérationnel dans les délais les plus brefs ;
  • La société Cols s’engage à réaliser plusieurs infrastructures routières et sportives, pour desservir les localités environnantes et équiper la jeunesse pour la pratique de leurs activités physiques ;

Il s’engage de même à proposer des offres d’emploi pour le recrutement des jeunes de l’île.IMG_0242

A présent, les questions qui restent posées sont en rapport avec le contrôle et le suivi de l’exploitation du site, la protection de la population contre les impactes environnementaux négatifs.

Pour apporter une réponse à toutes ces questions, j’ai demandé la mise en place d’un comité de suivi et de contrôle au sein de laquelle siégera notamment le représentant d’un Cabinet privé d’expertise. De même feront partie de l’organe, des représentants des Communes, du Commissariat à l’environnement et autres organismes ressources. Les démarches pour la mise en place sont déjà engagées et la commission verra le jour très prochainement. Elle aura en charge, notamment l’élaboration d’une contre-expertise  et d’un cahier des charges à soumettre à la société Colas. Je préconise d’étendre l’action de cet organe aux autres entreprises opérant sur l’île, notamment celles qui exploitent des terrains sur lesquels, des matériaux de construction sont extraits.

 

Mais en ce qui concerne l’exploitation proprement du site, les opérations ne pourront démarrer qu’au début de l’année prochaine.

 

Voilà tracé à grands traits les aspects les plus importants sur la mise en application du contrat de bail entre l’Union et la société Colas.

S’agissant de l’incident commis à Vanamboini et qui a occasionné l’intervention de la force provoquant ainsi la fuite de la population pour se refugier ailleurs, nous ne pouvons que déplorer cet acte commis qui est le fait d’un petit groupe de jeunes et dont la population de Vanamboini dans sa globalité ne porte aucune responsabilité. Je saisis cette occasion pour dire à cette communauté combien je suis touché et partager avec eux leur souffrance.

Mais cet incident appelle de ma part la réflexion suivante :IMG_0176

Tous les citoyens doivent prendre conscience que ce genre de comportements offre vis-à-vis de notre pays, une image négative. De même, les incidents de ce genre sont de nature – comme je l’ai évoqué plus haut – à retirer à nos partenaires les plus disposés, l’envie de venir investir sur notre territoire. J’invite donc toute la population à plus de retenu et à s’abstenir de commettre des actes qui risquent de compromettre le développement de notre pays.

Avant de finir mon propos, je voudrais souligner que tout comme les années passées, ce mois de Ramadan a coïncidé avec la période des vacances d’été au cours de laquelle, nous avons l’habitude d’accueillir nos frères de la diaspora comorienne en France, dont nous connaissons l’engagement dans les actions de développement en direction de notre pays. Je tiens ici à leur adresser mes saluts les plus fraternels et tous mes vœux pour la bonne réussite de tout ce qu’ils entreprennent pour leur bien et pour le bien de notre pays.

Mais cette période est aussi celle des examens. Permettez-moi donc de féliciter tous les enfants qui ont réussi. Mais je voudrais faire une mention spéciale aux candidats de l’examen d’entrée en 6ème qui ont remporté un succès éclatant avec 95% de réussite. Je rappelle que ces résultats ne cessent de s’améliorer depuis  2011 où nous n’avons enregistré que 18% de candidats admis. Je tiens à remercier les enseignants, notamment ceux qui connaissent encore de difficulté par rapport à leur situation, mais qui ont toujours répondu à leur devoir.

Pour finir, je vous renouvelle tous mes vœux de bonheur. Je vous remercie de votre aimable attention et que la bénédiction de Dieu soit avec vous

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