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CEO Africa n’a fait aucune enquête aux Comores, son classement est un chiffon

Un groupe d’hommes d’affaires et d’investisseurs africains vient de placer les Comores parmi les derniers du peloton d’un classement bidon qui n’a aucune base scientifique crédible. Des cadres comoriens surexcités en ont fait un énième élément de langage pour tirer à boulets rouge sur le gouvernement comme si ce pays appartient à la seule équipe qui gouverne !

Sauf qu’après investigation, nous avons appris que CEO Africa n’a mené aucune enquête aux Comores ni cherché à savoir les difficultés réelles notées et les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires dans le pays en interrogeant les services concernés aux Comores (structures publiques et privées, société civile, patronat, banquiers) pour se faire une analyse neutre et objective. De quels instruments d’analyse CEO Africa s’est-il fondé pour tirer ses conclusions bidon ? Quels sont les indicateurs d’évaluation choisis par CEO Africa pour mesurer le niveau d’attractivité des investissements aux Comores ?

Analyser un pays suppose le recours à d’importantes données exploitées et dont les unes sont analysées à partir des autres pour en faire une conclusion consolidée et irréprochable. L’analyse de l’attractivité des investissements dans un pays fait appel à des études sérieuses, crédibles, et transparentes sur la base de référents connus et mesurables. Ce qui est loin d’être le cas puisque CEO Africa n’avait pas le temps nécessaire pour enquêter aux Comores.

Le groupe CEO Africa n’a aucunement cherché à interroger les institutions comoriennes compétentes ni s’intéresser à comprendre, par exemple, la portée des opportunités d’investissements héritées de la Conférence de Paris. Les annonces de Paris, rien que celles-là, sont de nature à faire gagner le pays de nombreux points en termes d’attractivité pour des structures et autres agences de notation sérieuses. Mais pas CEO Africa qui n’est d’ailleurs qu’un club informel à l’affut de marchés sur le continent pour les négocier sous formes des dealers à des prédateurs financiers sous l’emprise du capitalisme sauvage des multinationales.

Dans les instruments d’analyse Doing Business, les annonces à l’investissement quelle que soit la durée que cela interviendra, font gagner des points dans un classement digne de ce nom. Mais comme, nous venons de le mentionner CEO Africa n’a fait que classer au hasard les pays depuis ses bureaux parisiens et suisses à travers des méthodes non conventionnelles et difficile à cerner.

La preuve, le groupe CEO Africa a classé une Lybie en guerre, sans Etat ni gouvernement stable, déchirée par des milices armées bien avant des pays en paix qui s’efforcent de mettre en œuvre des politiques d’investissements. C’est dire combien ce classement est un chiffon et ne s’est fondé sur aucun critère objectif ni analyse sérieuse.

Comment la Libye peut-elle aujourd’hui attirer des investisseurs alors que les citoyens s’entretuent tous les jours. Quel investisseur pour croire que la Libye est attractive alors que le pays s’enfonce dans la guerre civile. Si classer des pays, c’est tracer un tableau, alors tout le monde peut faire des classements et les publier. Ce classement de CEO Africa est loin d’être crédible. Mais ignares qu’ils sont, ces cadres comoriens qui ont partagé ce classement chiffon voient toujours rouge.

Seul le classement Doing Business compte car les analystes de la Banque mondiale prennent 12 mois pour se procurer des données fiables, échangent avec les services compétents, interrogent le secteur privé, engagent des enquête de terrain avant de faire les conclusions appropriées. Mais pas CEO Africa qui reste cloué dans ses bureaux climatisés parisiens et suisses pour classer au hasard les pays sans instruments ni indicateurs d’évaluation crédibles.

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