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Ces partis politiques qui ont peur du vote de la diaspora

Ces partis politiques qui ont peur du vote de la diaspora

Les allégations perfides des partis qui ont la pétoche sont ridicules

Par ARM

   À un moment donné, il faut que les acteurs politiques comoriens sachent ce qu’ils veulent. Et le malheur, c’est qu’ils agissent toujours contre les intérêts du peuple comorien, tout en faisant tout pour avoir les apparences trompeuses du protecteur de la veuve et de l’orpheline. Depuis des années, tous les mensonges ont été dits au sujet de la participation des Comoriens expatriés à l’élection du Président de la République, leur Président. Pourtant, rien n’a été fait, et les mensonges ont continué. Lors de son meeting de remerciement à la Courneuve, en région parisienne, le 13 février 2011, le Président élu Ikililou Dhoinine expliquait qu’en tant que Vice-président chargé du ministère des Finances, du Budget et de l’Entreprenariat féminin, de 2009 à 2010, il avait compris la valeur des Comoriens installés en France en termes de contribution au processus de développement de leur pays d’origine. Sur ce sujet, les statistiques sont très parlantes puisqu’il est établi, selon les sources que la communauté en question fait rentrer chaque année dans son pays d’origine quelque 57 milliards de francs comoriens (source: Banque centrale des Comores, 2014) ou 90 milliards de francs (source: Darchari Mikidache), étant tout de même entendu que les dépenses annuelles de l’État comorien sont de 29 milliards de francs. Dans son programme électoral, le Président Ikililou Dhoinine avait inscrit la participation des Comoriens installés en France à l’élection du chef de l’État en 2016, et il a décidé de traduire cette promesse en actes. Il est en train de respecter son engagement électoral. Que le ministre Houmed Msaïdié s’en attribue la paternité, voilà qui ne doit pas prêter à conséquence, l’essentiel étant qu’une promesse électorale va être honorée, contrairement à celles d’un Ahmed Sambi, qui sont encore et toujours dans le sarcophage des mensonges.

   Pourtant, on dirait que tout le monde ne voit pas d’un bon œil le vote des Comoriens vivant à l’étranger. L’autre jour, cette amie disait: «Nous devons voter aux premier et deuxième tours de l’élection. Sinon, ça sera une mascarade électorale. Ces gens-là vont frauder». Il a quand même fallu lui expliquer patiemment: «Franchement, tu vois l’Ambassadeur Ahmed Bourhane en train de s’associer à une fraude électorale, même pour tout l’or du monde? En réalité, le premier tour est réservé aux seuls Grands-Comoriens. Ce sont des choses qui doivent se régler aux Comores, et on n’a pas besoin de cette catégorisation insulaire en France. Par contre, au second tour, tout Comorien peut aller se défouler aux urnes, et ça sera facile. Au premier tour, les risques de transhumance insulaire ne sont pas à exclure. “L’apatrîlie” d’Ahmed Sambi, l’Anjouanais devenu Grand-Comorien, doit nous servir de leçon sur ce que les fraudeurs sont capables de faire pour rester dans la malhonnêteté. Et puis, comme c’est la première fois que les Comoriens expatriés vont participer à l’élection de leur Président, il faudra faire les choses de manière graduelle et prudente, et voir venir».

   En même temps, comme certains partis politiques savent qu’ils vont être laminés lors de ce scrutin par l’électorat comorien de France, ils flippent et imaginent certaines choses de la plus horrible des façons. Il est vrai que la Commission électorale nationale «indépendante» (CÉNI) est une basse-cour très particulière, mais elle n’a pas vocation à faire ce qu’elle veut et à voler les suffrages des Comoriens. Ceci est d’autant plus vrai que la CÉNI n’est pas un organisme politiquement monocolore. Elle représente toutes les tendances politiques du pays, ses membres étant nommés par diverses autorités, dont certaines sont candidates à l’élection présidentielle. Mais, comme on veut créer la confusion dans les esprits, on ne recule devant aucune accusation saugrenue. Et les pleurnicheries larmoyantes de certains partis politiques ont déjà commencé à inonder les Comores de larmes. Comble de la plaisanterie, il a même fallu que des partis se retrouvent ce mardi 6 octobre 2015 au Conseil de l’Île de la Grande-Comore pour pleurnicher à larmes chaudes. Au cours de cette rencontre, on a tout entendu. Tout. Absolument tout.

   Quand Saïd Ahmed Saïd Toihir, représentant de l’APSI, dit que «nous ne sommes pas contre l’implication effective de la diaspora dans le processus de désignation des gouvernants des îles. Nous ne voulons pas qu’on l’utilise pour organiser une mascarade d’élection», les Comoriens se demandent où il a vu une «mascarade d’élection». L’oreille droite tremble d’étonnement, et l’oreille gauche d’indignation. Les partis politiques n’ont qu’à s’organiser pour empêcher les autorités de se livrer à des fraudes. De toute façon, ce ne sont pas ces gens-là qui vont faire inscrire frauduleusement les Comoriens expatriés sur les listes électorales. Ils peuvent toujours magouiller, mais pas en France. Et comme s’il n’avait pas assez dit, l’homme de Hassindjé ajoute perfidement qu’un mémorandum a même été adressé aux institutions comoriennes chargées des élections et à la communauté internationale «pour dire notre disponibilité à participer à ces élections que nous voulons propres». D’accord. Mais, pourquoi toute cette paranoïa, alors que les autorités, elles aussi, veulent que ces élections soient «propres», et elles le seront? Seulement, ceux qui perdront les élections devront faire preuve d’esprit sportif et accepter leur défaite, au lieu de tenter de diviser la communauté nationale par des accusations surannées de «coup d’État institutionnel». Il ne faut pas que cette accusation devienne rituelle. Une fois, ça suffit…

   Saïd Ahmed Saïd Toihir doit cesser de provoquer des troubles sociaux en prétendant que «la CÉNI s’est constituée en îlot et opère en vase clos. Oubliant les partis politiques et le cadre de concertation». De longue date, Saïd Ahmed Saïd Toihir aime les bons mots, mais il ne doit pas en abuser. Comment l’académicien Mouigni Baraka Saïd Soilihi va laisser les autres lui voler une seule voix alors qu’il a des représentants au sein de la CÉNI? Naturellement, la CÉNI ne peut pas pousser le sens de la démocratie jusqu’à statuer au marché de Volo-Volo. Il faut avoir peur du folklore et du ridicule, les deux mamelles de la politique aux Comores. Et quand le bon Saïd Ahmed Saïd Toihir accuse la CÉNI d’être un «État dans l’État», on a envie de lui dire d’arrêter son char parce que cet organisme reflète toutes les tendances politiques du pays et ne peut pas se mettre au service d’une famille politique en particulier. Il est temps de mettre fin à la paranoïa.

   De même, quand on entend de la bouche de Mohamed Chatur de la CRC du bon et brave Azali Assoumani Baba les allégations selon lesquelles son «parti politique n’est contre le vote de la diaspora, mais c’est le temps qui est contre», on s’interroge. Les élections vont avoir lieu en février et avril 2016, et on est encore en début octobre 2015. Donc, le gouvernement comorien a tout le temps pour organiser les choses en bon père de famille, sans recourir à des procédés pendables, et ce, d’autant plus que la France a décidé d’aider les Comores à organiser ce scrutin présidentiel historique. N’est-ce pas une garantie suffisante? D’accord, entre Comoriens, bien des choses peuvent arriver, mais la caution de la France permet d’éviter la «mascarade d’élection». Ce qui doit inciter les uns et les autres à moins de paranoïa. Allons! Soyons sérieux!

   On imagine aisément que les crypto-sambistes sont ceux qui ont le plus la pétoche et que, au lendemain de leur échec prévisible et déjà prévu, ils vont se répandre en accusations perfides, et il leur sera intimé l’ordre de se calmer. Les Comores s’acheminent vers des élections très «propres», et il est demandé aux uns et aux autres de ne pas verser inutilement dans la paranoïa. Il y aura un camp de vainqueurs et un camp de vaincus. Les vainqueurs devront gérer démocratiquement leur victoire, tandis que les crypto-sambistes, sont appelés à digérer leur échec à venir dans la dignité, sans faire du cinéma. Qu’on le leur dise pour qu’ils comprennent que les Comores ont besoin de vivre en paix et non dans «le chaos» qu’ils ont déjà promis.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Jeudi 8 octobre 2015.

 

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