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«Cher Monsieur, on ne crache pas au Palais de l’Élysée»

«Cher Monsieur, on ne crache pas au Palais de l’Élysée»

Un séide d’Azali Assoumani cracha dans une salle de l’Élysée

Par ARM

      La visite officielle et mondaine qu’effectua le «pouvoiriste» polygame et jet-setter international Azali Assoumani en octobre 2016 est déjà devenue «historique», mais par son côté pittoresque, exotique et folklorique. Elle a été celle de toutes les bizarreries et excentricités puisque ce ne sont pas les cocos qui manquaient dans la délégation saugrenue de veaux à deux têtes. Le déferlement des maquignons à Paris aura été d’une théâtralité bouffonne digne d’une troupe de singes aux fesses rouges. Les Comoriens ne vont pas mourir de joie en apprenant que l’un des membres de la délégation conduite par le putschiste multirécidiviste Azali Assoumani a provoqué un immense incident à l’Élysée en se raclant bruyamment la gorge nouée et en crachant par terre. Oui, ce Monsieur a craché sur le sol de la salle de la Présidence française où avaient eu lieu les échanges entre la délégation comorienne et les autorités françaises. Un autre Comorien présent, hypocritement scandalisé par ce geste de moujik, lui a fait discrètement remarquer: «Cher Monsieur, on ne crache pas au Palais de l’Élysée». Ce n’est pas que le donneur de leçons voulait parfaire l’éducation du cracheur sur tapis, mais qu’il voulait se moquer d’un ennemi se comportant comme le dernier des derniers. Parce que les accompagnateurs du putschiste Azali Assoumani ne mouraient pas d’amour les uns envers les autres. Ils se méprisaient, se détestaient, s’ignoraient et voulaient s’entretuer.

      Pourtant, sans le savoir, l’usurpateur de Moroni peut au moins avoir la consolation de ne pas être le premier «dirigeant» africain à se donner en spectacle à l’Élysée. Il s’y passait des choses même avant les indépendances africaines de la fin des années 1950 et du début des années 1960. Louis Sanmarco, ancien Gouverneur de colonies françaises en Afrique, raconte cette anecdote tropicale qui a eu lieu à l’Élysée sous la présidence de Vincent Auriol (1947-1954): «À l’époque, l’administration envoyait régulièrement un groupe de notables africains visiter la France. Cette année-là donc, Saïdou Nourou Tall était du voyage, et le Président Auriol devait recevoir le groupe de notables en audience. En attendant, Nourou Tall avait déplié son tapis de prière, en bon musulman qu’il était, et cela juste au moment où la porte du Président allait s’ouvrir pour faire entrer les visiteurs. Guillabert tenta alors d’empêcher son ami de commencer sa prière, en lui disant: “Ce n’est pas le moment, voilà la porte du Président qui s’ouvre”. Sans se démonter, Tall lui rétorqua: “Tais-toi, tu ne connais pas les Blancs!”, et il continua sa prière. Le Président Auriol, qui était dans la salle d’audience ouverte, patienta calmement en disant: “Ne dérangez pas ce saint homme!”, avant d’aider Tall à se relever une fois la prière terminée. Se tournant alors vers Guillabert, Tall lui lança simplement, d’un air triomphant: “Tu vois!”»: Gouverneur Sanmarco et Samuel Mbajum: Entretiens sur les non-dits de la décolonisation. Confidences d’un Administrateur des Colonies, Préface du Président Abdou Diouf, Les Éditions de l’Officine, Paris, 2007, p. 221.

      À l’époque, la religion ne faisait pas polémique. Aujourd’hui, un Musulman qui ferait la prière à l’Élysée aurait provoqué un immense scandale, une interminable controverse qui aurait été montée en épingle par une presse déchaînée et une opinion publique scandalisée. Pourtant, on est en droit de se demander s’il ne vaut pas mieux faire la prière dans une Présidence de la République dans un pays occidental que d’y cracher sur le tapis. Aucune des deux actes n’est à encourager. Pourtant, le séide d’Azali Assoumani était allé trop loin.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 11 octobre 2016.

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