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«Chéri, quand tu auras fini, il faut réajuster mon slip»

«Chéri, quand tu auras fini, il faut réajuster mon slip»

Halima retrouve ses vieilles habitudes. Le putschiste aussi

Par ARM

     Pour comprendre ce qui se passe dans les Comores d’aujourd’hui, il faut laisser la parole à Samir, un ami des années 1992-1995. Il faut écouter deux fois Samir, l’enfant de la Chaouïa. «Quand il était Président en Algérie, Houari Boumediene avait un homme de confiance, qui lui communiquait la température du pays. Un jour, il demanda à celui-ci de lui raconter ce que disait le peuple sur la politique gouvernementale. Et l’homme de confiance du Président de dire: “Monsieur le Président, le pays est divisé en optimistes et en pessimistes”. “Que disent les optimistes?”. “Les optimistes disent que bientôt, on va manger de la merde”. “Ah? Et que disent les pessimistes?”. “Les pessimistes disent qu’il n’y aura pas assez de merde pour tout le monde”». Les Comores n’en sont-elles pas là aujourd’hui? Si. Samir reprend la parole: «Chez moi, dans la campagne de la Chaouïa, une paysanne morte de sommeil après une journée passée aux champs, et qui bâillait à s’arracher les mâchoires lança à son mari: “Sidi [Monsieur], je suis complètement kaput. Je dois dormir pour pouvoir aller traire les vaches très tôt demain matin, avant de m’occuper des oliviers. Mais, ça ne change rien pour toi et pour ce que tu sais et que tu veux. Seulement, quand tu auras fini, il faut réajuster mon slip et mon demi-pantalon avant d’éteindre la bougie. Moi, je dors”». Cela s’appelle «subir». Or, au regard d’Azali Assoumani, qui a coulé le pays en trois mois de très mauvaise gouvernance, que font les Comoriens? Ils subissent. Ils le subissent. Exactement comme la femme de la Chaouïa subit son mari. Même en plein sommeil. La pauvre… On compatit.

     Et, il serait d’ailleurs très intéressant de mener une enquête pour connaître l’état d’esprit respectif des optimistes et des pessimistes aux Comores depuis que le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani a décidé de détruire les quelques murs du pays qui restaient encore débout depuis qu’il avait quitté la Présidence de la République sous les huées, les quolibets et les injures de la population le 26 mai 2006. Pour tout dire, l’heure est très grave parce que personne ne voit où va le pays. L’usurpateur Azali Assoumani, victime du syndrome né de son isolement international passé consécutif à la quarantaine qui frappait les putschistes à la suite d’une décision prise à la fin de la décennie 1990 par l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) contre le putschisme, a une folle envie d’être vu aux côtés de chefs d’État étrangers. Que fait-il alors? Il voyage. Tout le temps. Il est à la fois pilote d’avion et cosmonaute. Quand il n’est pas dans une navette spatiale pour ses voyages extraterrestres, il est dans un avion qui lui permet de sillonner le monde, coûtant très cher aux Comores, alors que personne ne voit les retombées de sa bougeotte universelle. Pendant qu’il se promène aux 4 coins du monde, le pays a touché le fond de l’océan Indien.

     Les Comores ont déjà renoué avec la spirale des arriérés de salaire. Pour l’instant, en dehors de ses blablas et de son ramage de corbeau, il n’a rien entrepris pour éloigner le pays du spectre de la soif, de la faim, de l’obscurité, du chômage, des nids de poules et de la misère noire. Au lieu de recruter, il licencie à une vitesse effrénée les cadres compétents qui ne cirent pas ses pompes, et recrute à une vitesse également effrénée ses partisans et les membres de sa famille. Il a nommé un «gouvernementmanioc», donc une nullité exécrable. Dans son gouvernement, à 100% de copinage, connivence et rafistolage, il n’y a aucun ministre compétent, même si y figure le génie mondial qui a réalisé la prouesse mondiale consistant, selon ses dires, à avoir «obtenu» le même jour son «Master 2» et son «Doctorat». Non seulement cet étrange assemblage n’a aucune orientation précise, mais en plus, au bout de trois mois, il n’a été en mesure de donner le moindre signe de sérieux. Les «mesurettes» et les réformettes annoncées tambour battant ont fait pschitt. Pendant ce temps, les Comoriens s’enfoncent dans la misère.

     Or, au lieu de tendre une oreille attentive et de compassion à cette misère qui fend le cœur et heurte la conscience, le «pouvoiriste» polygame n’a fait que des nominations qui piétinent l’intérêt général, puisque les personnes nommées sont des desperados ayant participé aux actions par lesquelles l’État a été ruiné. Toute l’administration a été décapitée, et les personnes licenciées ont été remplacées par ce que les Comores ont produit de pire. Le «pouvoiriste» polygame a également eu le culot de réagir face à la détresse des Comoriens par l’augmentation des salaires et des indemnités de ceux qui sont déjà bien nantis: les ministres, nommés pour des raisons alimentaires. Comme il faisait dans les années 1999-2006, il a replacé sa famille au centre de la problématique étatique, même si certains membres de la famille impériale se plaignent publiquement, estimant avoir été marginalisés. Voire…

     Pour sa part, la diplomatie de l’usurpateur est à l’image de sa politique extérieure: illisible. Pourtant, le fugitif international Hamada Madi Boléro, âme damnée de l’usurpateur, crie sur les toits que ce qu’il connaît en Relations internationales n’est connu de personne d’autre aux Comores, que ce qu’il connaît en Droit n’est connu que de lui seul sur toute l’étendue du territoire comorien. Cela n’aurait posé aucun problème s’il avait pu donner des preuves sur cette «compétence», qu’il estime supérieure à celle de Dieu. Et on ne l’a pas vu aider l’homme qu’il a installé au pouvoir selon des procédés anticonstitutionnels qu’on ne retrouve que dans les plus sombres des «Républiquettes» bananières usant des méthodes les plus bananières qui soient. Que vaut Mohamed Bacar Dossar sur le plan professionnel pour qu’on lui confie un appareil diplomatique à diriger? Seul un vrai taré a pu prendre une décision aussi grave. Par quelle folie destructrice a-t-il fallu confier le ministère de l’Intérieur, ministère de souveraineté par excellence, à un Kiki, resté le chef de gang que beaucoup abhorrent aux Comores? Mais, il y a qui de sérieux autour d’un homme dont l’un des premiers soucis a été de garroter les agences de voyages pour confier le marché du pèlerinage en Arabie Saoudite à son pote le Mufti? Il n’y a pas quelque chose de pourri dans ce régime politique: tout ce qui le touche est pourri. Ce n’est même plus une microscopique «Républiquette», mais une «Ripoux-blique».

     La plupart des acteurs politiques disent attendre jusqu’au dépassement du cap des 100 premiers jours. Pourtant, en dehors de l’étalement des strings et des pilules du lendemain pour épouses morganatiques ménopausées, on ne voit rien venir. Les Comores sont devenues cette femme de la Chaouïa qui, fatiguée par une journée de durs travaux aux champs, demande juste au mari libidineux de penser à réajuster son slip et son demi-pantalon, avant d’éteindre la bougie quand il aura satisfait ses bas instincts sexuels. Et, aux Comores, l’horreur ne consiste plus à dire qu’on mangera bientôt de la merde, mais à constater qu’il n’y aura pas assez de merde pour tout le monde.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 22 août 2016.

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