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«Chida Nkaha a dit: “Deux bouches = Bagarre”»

«Chida Nkaha a dit: “Deux bouches = Bagarre”»

L’interview d’Ibrahim Abdou Razak dit Razida, caviardée

Par ARM

     D’intenses recherches n’ont pas permis de connaître le nom, en français, de cet oiseau qu’on retrouve sur les arbres surplombant les rivières mohéliennes et qu’on appelle à Mohéli «Chida Nkaha». Selon le proverbe mohélien, «Chida Nkaha a dit: “Deux bouches = Bagarre”». En d’autres termes, dès que deux bouches s’ouvrent en même temps, la chose finit dans la bagarre. Donc, quand une personne hausse ton, son interlocuteur doit baisser le sien. Seulement, ça fait un moment que ça dure. Oui, depuis le 26 mai 2016, les Comoriens n’ont pas vu les prétendues autorités du pays – dont les plus bruyantes, les plus remuantes, les plus mal élevées et les plus insolentes sont des faussaires de diplômes – régler leurs nombreux problèmes, mais insulter et menacer les gens. L’injure est devenue une «méthode de gouvernement». Durant 5 interminables mois, les Comoriens ont laissé grogner ceux qui ne savent que grogner, respectant le fait que «Chida Nkaha a dit: “Deux bouches = Bagarre”». En plus, à Mohéli, face à l’insolence, un conseil prévaut: «Les vaches ne peuvent pas être deux». Ce qui signifie que quand on est confronté aux manières difficiles d’une personne, il ne faut jamais l’imiter. Il faut prendre de la hauteur.

D’accord, d’accord. Mais, pourquoi faudra-il que certains aient le monopole de l’injure pendant que d’autres aient le monopole d’être taiseux? C’est la question que se pose le grand patriote Ibrahim Abdourazak dit Razida, que tout le monde présente comme un bon père de famille. Oui, pourquoi certains, aux Comores, ont le droit d’insulter à tout berzingue, obligeant les autres à se taire et à subir ces injures? C’est ainsi qu’Ibrahim Abdourazak finit par devenir une cocotte surchauffée devant les micros de mon frère Nono, répondant aux injures du dirigeant planétaire directement tombé du ciel pour régner sur Terre, ci-devant le Grand Vizir en charge de Dieu, du Prophète, du Paradis, des Gènes, de la Généalogie et de la Génétique. Certaines des personnes qui font l’objet d’injures récurrentes de la part de l’homme tombé du ciel pour diriger le monde ont dit: «Nous n’avons pas son âge pour nous rabaisser à répondre à ses vulgarités, mais d’autres répondront». Et c’est ce qui s’est passé. Ibrahim Abdourazak fait partie des personnes constamment injuriées par l’homme céleste.

Ce n’est pas parce qu’on est une autorité qu’on a le droit d’insulter les autres chaque fois qu’on respire. Une autorité est une personne qui doit inspirer le respect, et personne n’inspirera le respect en se comportant de façon indigne. Oui, Ibrahim Abdourazak a dit des choses devant les micros de mon frère Nono, mais il n’est pas allé au bureau de celui qui se pose en «victime» pour l’insulter. Il était à Hayba FM, une station de radio. Il n’a rien dit dans le bureau du spécialiste du «victimisme» et de la victimisation, l’homme qui se pose en «victime». Il a répondu à celui qui l’insulte régulièrement. Nuance. Et il faudra qu’on dise aux Comoriens s’ils sont condamnés à subir les grossièretés de dirigeants qui ne dirigent rien, ni personne, et qui passent leur temps à injurier et affamer les gens.

L’homme venu du Ciel aurait pu s’épargner la réprobation et la condamnation du peuple comorien s’il avait pris en compte deux expressions populaires qui viennent toujours de Mohéli: «L’insulte ne s’achète pas», donc, ça ne coûte pas un centime d’insulter les autres, et «les injures ne s’apprennent pas dans une école». Au surplus, il n’existe aucune norme de Droit dans le monde permettant aux autorités d’injurier les citoyens.

Passons. Jeter dans une prison Ibrahim Abdourazak pour des histoires de paroles jugées «diffamatoires» est tout simplement un scandale. N’oublions qu’il répondait aux injures de celui qui se bornait à l’appeler «tel homme» par mépris, alors que même à Handramavou, Djongué et Bazimini, on sait de qui il s’agit. La diffamation ne passant pas pour justifier un emprisonnement surtout non décidé par le juge à la suite d’un vrai procès, on a jugé Ibrahim Abdourazak en comparution immédiate alors que cela ne se fait jamais dans un cas pareil. Pour essayer de fuir l’opprobre, le Tribunal, englué dans la honte depuis des décennies, a dû requalifier les faits. En Droit, la requalification des faits est envisageable, mais uniquement dans le but de faire les choses de manière correcte, pour ne pas laisser des aspects du problème à la lisière de la question débattue dans la cour. Cependant, dans l’affaire qui fait rire les uns par son côté burlesque et fait pleurer les autres par son côté dramatique, celui du naufrage politique d’un homme qui se croit venu du Ciel pour régner sur Terre, c’est que tout est fait pour embêter le frère Ibrahim Abdourazak. C’est de la pure instrumentalisation politicienne d’une «Justice» honnie, discréditée et aux ordres, la voix de son maître.

Dès lors, l’homme descendu du Ciel pour régner sur Terre a sorti de son chapeau céleste un «truc»: faire accuser Ibrahim Abdourazak d’«outrage à magistrat» et à autorité publique. La belle parade… Face aux mots auxquels il n’a aucune solution, l’envoyé spécial de Dieu aime les mots. Pourtant, il y a un problème: il ne connaît ni le sens, ni la valeur de ces mots, et c’est l’une des raisons pour lesquelles les Comoriens ne cesseront jamais de lui vouer le mépris le plus profond.

Enfin, au cœur palpitant du problème, notre retrouvons le bon Abdallah Agwa et sa radio Baraka FM. L’odeur du scandale attire le brave Abdallah Agwa comme l’odeur de sang attire les fauves. Pas bête pour un sou, le frère Abdallah Agwa a compris avant tout le monde sur terre l’intérêt pour sa radio de rediffuser la fameuse interview au cours de laquelle Ibrahim Abdourazak a décidé de ne pas écouter l’oiseau des rivières mohéliennes, qui dit: «Deux bouches = Bagarre». Et voilà l’homme venu du Ciel sur ordre de Dieu afin de régner sur Terre qui engage un nouveau bras de fer avec le journaliste le plus audacieux et le plus suivi des Comores. Le but? L’empêcher de rediffuser la fameuse interview réalisée par mon frère Nono, qui a reçu des félicitations venues du monde entier, surtout de France, pour son sens aigu du professionnalisme journalistique. Le frère Abdallah Agwa dit qu’il ne se laissera pas intimider par ces gens à l’injure facile. En tout cas, ce nouveau développement nous apprend une chose essentielle: le «concubinocrate» Azali Assoumani a réussi à transformer les Comores en goulag, et ceux des Comoriens qui n’y sont pas encore enfermés finiront par y aller. Mais, il faudra que lui-même survive à sa propre dictature.

Ibrahim Abdourazak est accusé notamment d’injures. Pourtant, dans le pays démocratique qu’est la France, un jugement rendu en 1966 crée les conditions de circonstances atténuantes en faveur de celui qui a injurié pour répondre aux provocations d’autrui: «L’injure n’est excusable pour cause de provocation que lorsque celui qui a proféré ladite injure peut être raisonnablement considéré comme se trouvant encore sous le coup de l’émotion que cette provocation a pu lui causer» (Crim. 13 janvier 1966 Bulletin n°14). Donc, au cas où Ibrahim Abdourazak aurait été reconnu coupable d’injures envers l’envoyé spécial de Dieu, il pourrait toujours arguer du fait qu’il était sous «l’émotion» causée par les «provocations» de celui qui se dit être sa «victime». Dans un pays normal, on le laisserait en paix parce que les preuves des injures subies existent.

Ce mardi 13 décembre 2016, Ibrahim Abdourazak sera face à un juge incompétent et corrompu pour l’entendre prononcer une sentence pour crime de lèse-majesté, et si ce juge écoute les divagations haineuses de l’homme tombé du Ciel, il prononcera une peine de mort qui pourra s’étendre à tous les membres de la famille de «l’horrible génocidaire».

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 12 décembre 2015.

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