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Commission électorale:  Djaza l’inamovible ?

Par Faïssoili Abdou

Ahmed Mohamed Djaza, président sortant de la CENI

On ne change pas une équipe qui peut faire gagner…Tel semble être le crédo du pouvoir Azali qui, selon plusieurs sources, s’apprêterait à reconduire le Docteur Ahmed Mohamed Djaza  à son poste de Président de la Ceni. Un président, pourtant,  sous le coup d’une procédure judiciaire en cours au tribunal de Moroni…

L’encre noire des rapports du juge Faiçoil Mohamed Djitihati en charge du dossier du détournement présumé des fonds à la Ceni est encore toute fraiche. Après avoir ordonné la garde à vue des membres mis en cause dans cette affaire notamment le Président, le secrétaire général et le coordinateur en charge du matériel, le magistrat les a mis en examen. Les deux premiers responsables seront ensuite mis en liberté provisoire avec obligation de pointer deux fois par mois au tribunal de Moroni. Le juge ne les empêche pas par contre de poursuivre leurs activités à la Ceni. Il en va autrement pour le Coordinateur en charge du matériel. Ce dernier, libéré récemment,  s’est vu infligé une interdiction d’entrer en contact avec  les membres de la Ceni et de se rendre au siège de l’institution. Un deux poids deux mesures.

C’est dans ce contexte singulière que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devrait se réunir ce samedi 9 septembre pour procéder au renouvellement des membres de son bureau, le mandat  de trois ans du bureau sortant étant arrivé à terme le 4 septembre dernier. D’ores et déjà une rumeur persistante prédit  que c’est  Ahmed Djaza, le président sortant de cet organe en charge des élections, qui sera reconduit à son poste. « Djaza va reprendre du service cette fois ci avec la bénédiction d’Azali », croit savoir un observateur. Une liste du prochain bureau circule déjà sur les réseaux sociaux. On verra si elle sera confirmée ou non..

Le président de la Ceni est, pourtant, poursuivi par la justice pour un présumé détournement de fonds estimé tout de même à près 153 millions Kmf (31000 euros). Des cacahuètes. En tout cas pas suffisant pour heurter la conscience des princes qui nous gouvernent. Eux qui entonnent continuellement la ritournelle de  l’émergence à l’horizon 2030 s’en accommodent superbement bien. La priorité est ailleurs. Et pourtant,  Émergence et corruption ne font pas bon ménage. Il faut le savoir. « Ils veulent reconduire les membres de la Ceni qui sont poursuivis. C’est grave pour la démocratie. Ils ne devraient pas pouvoir briguer tant que la justice ne les a pas encore lavé », s’insurge ce spécialiste du Droit qui a préféré garder l’anonymat.

Une autre source nous a d’ailleurs confié que le Directeur des élections aurait publié une note indiquant qu’une  procédure judiciaire étant en cours, tous les membres concernés ne pouvaient pas être promu au bureau de la Ceni. Mais la note de ce haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur serait, apparemment, court circuitée par ses supérieurs hiérarchiques.  « Ce sont ceux qui veulent tirer profit de la situation qui souhaitent garder Djaza.  Avec ce président affaibli, Ils peuvent garder la main sur le budget de l’institution et en disposer à leur guise », analyse notre interlocuteur.

Il faut rappeler que la loi électorale en son article 42 dispose que les membres de la Ceni doivent être « des personnalités reconnues pour leur compétence, leur probité, leur impartialité, leur moralité (…) ». Des qualités visiblement très rares sous nous cieux pour justifier le fait qu’on veuille garder envers et contre tout  un Président  de la Ceni éclaboussé par une présumée affaire de détournement de fonds et sur lequel pèse de forts soupçons de magouilles lors des dernières élections présidentielles. Des élections rapportées in extremis par l’actuel locataire de Beit-Salam à l’issue d’une mobilisation acharnée sur le terrain notamment à Anjouan où n’a vu des électeurs veiller autour des bureaux des centralisations des votes de peur que leur choix soit détourné par la Ceni. Mais c’est une autre histoire.

L’article 51 du code électoral qui parle de la composition du bureau de la Ceni indique que le président, le secrétaire général et le secrétaire à la communication de cet organe composé de 13 membres  doivent être élus parmi « les six (06) personnalités indépendantes de grande réputation professionnelle ». Il s’agit plus précisément  des trois membres désignés par les Gouverneurs et les trois désignés par le Président de l’Union. Alors que le président et le secrétaire général sortants sont sous le coup d’une procédure judiciaire en cours, il reste logiquement  encore quatre membres parmi ces six « personnalités indépendantes ». Mais visiblement ces derniers ne rassurent, peut-être, pas assez le pouvoir en place.

 

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