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Comores : Agir autrement au service de développement national

On peut rêver et se donner les moyens de réaliser son rêve. Il est essentiel de joindre les actes à la parole voire préparer les actions avant de parler en termes de discours politique. Seulement, ce sera le fruit d’un travail collectif, organisé, structuré, volontaire et réaliste. La conception précède l’action pour une meilleure réussite. Nous devons agir différemment des politiques qui promettent à tout-va sans la moindre conception de la manière de mettre en œuvre leurs projets et programmes.
En tout cas, la réalisation des objectifs communs implique une prise de conscience individuelle, puis collective et toujours dans cette volonté patriotique de joindre les actes à la parole. La démagogie n’a pas sans place ni dans mon esprit ni dans celles et ceux avec lesquels je travaille et je collabore pour atteindre nos objectifs de développement. Rien n’est facile et les obstacles sont nombreux… Mais arrêtons de croire que le pays se développera par un coup de baguette magique.
Des réformes structurelles et courageuses restent nécessaires et inéluctables
Cela commence par l’instauration d’une véritable justice, indépendante, rapide, équitable, égale pour tous et qui lutte contre le sentiment et les faits d’impunité régnant dans la société. Une cour de justice judiciaire aux pouvoirs élargis en matière d’investigation et de sanctions contre les magistrats ainsi qu’une Cour de Discipline budgétaire (CDB) auprès de la Section de la Cour des Comptes permettraient d’endiguer les dérives du pouvoir judiciaire et les malversations ou détournements de deniers publics des comptables publics de l’administration et des sociétés d’Etat en complément de l’action de l’actuelle Commission Nationale de Prévention et de lutte contre la Corruption (CLP). Il conviendra d’agir avec détermination, pédagogie et discernement tout en impliquant les services, agents et les organisations de la société civile concernés dans une démarche de concertation transparente et inclusive. De même, l’État devra retrouver sa crédibilité en respectant ses propres engagements non seulement vis-à-vis de citoyens et de la population par une nouvelle politique d’élévation du niveau mais également auprès des agents publics, des institutions et administrations décentralisées, ainsi qu’auprès des partenaires de développement. Cela implique la mise en place d’un programme national de service minimum de qualité pour tous les services publics.
De nouvelles pistes pour augmenter les ressources publiques et les utiliser à bon escient
Cela implique que le pays conquiert sa souveraineté financière en instaurant une gouvernance financière et économique exemplaire et rigoureuse. Il conviendra de redresser la situation des finances publiques par de nouvelles mesures rigoureuses, intelligentes et efficaces en termes de taux de recouvrement des recettes fiscales et non fiscales. Ladite réforme comprendrait une gestion rationnelle du train de vie de l’État, une lutte contre le gaspillage et fuites des ressources publiques, une nouvelle politique pluriannuelle de lutte contre le secteur informel et une réorganisation des services publics pour une meilleure efficacité de l’action publique.
Cela implique de transformer l’épargne des Comoriens, qui dort dans les banques en fonds stratégiques pour à la fois financer des projets à capitaux mixtes ayant des effets industrialisant et structurants, et créateurs d’emplois et de richesses et ressources nationales. Un bloc prioritaire en matière de Santé et d’éducation et formation technique, professionnelle et continue devra bénéficier de ces fonds stratégiques pour doter le pays de services de santé dignes de ce pays et des ressources humaines et citoyennes à la fois qualifiées employables sur le marché du travail. La Jeunesse et le développement du secteur privé y compris l’entrepreneuriat, l’auto-emploi avec des fonds de garantie et des dispositifs réduisant le coût de crédit pour les entreprises, les initiatives privées et les projets technologiques, industriels, agricoles et agro-alimentaires devront être au cœur des nouvelles priorités.
La restauration de la souveraineté nationale passe par des politiques publiques efficaces avec une administration rendue plus efficiente avec des agents mieux formés, recyclés, réaffectés sur tout le territoire national de manière obligatoire et par rotation avec des primes de motivation et de mobilité.
La résolution des problèmes d’électricité, le développement d’un tourisme durable et solidaire, ainsi qu’un plan opérationnel de réhabilitation et de construction des infrastructures de base et des transports sont des axes de travail primordiaux
Bien entendu, l’électricité est plus qu’essentielle. La valorisation d’un tourisme comorien durable et solidaire passe par des mesures fortes tant en termes d’organisation rigoureuse, coordonnée et novatrice, de normes de qualité, d’un plan de formation et recyclage des agents de l’Etat en particulier ceux de l’Office National du Tourisme qu’en termes de budget, de captation d’une partie des nombreux touristes provenant des îles voisines de l’Océan indien et d’amélioration des services de transports maritimes et aériens de la sous-région de la desserte de la Destination Comores au niveau international.
Des mesures peu coûteuses peuvent être mises en place pour les hôtels pour s’adapter tant en termes d’énergies alternatives pour assurer la continuité de l’électricité qu’en termes de normes de qualité et de santé au fur et à mesure du développement du Tourisme qui doit être organisé avec des produits de qualité, à prix compétitifs. Les projets en cours en matière d’énergie (fioul notamment) devraient se concrétiser d’ici 2 ou 3 ans …Entretemps, les Autorités publiques réorganiseraient le Tourisme, avec une stratégie novatrice en termes de formations, d’infrastructures de base, de transports, de mises aux normes des hôtels agréés… Tout est question de volonté, de détermination, de stratégie et de savoir-faire et management.
Le développement du potentiel agricole et la valorisation de nos produits locaux ne doivent être négligés
La valorisation des produits agricoles et des productions nationales avec une incitation à la transformation ainsi que le conditionnement des produits « Made in Comores » constituent des pistes sérieuses pour réduire la dépendance extérieure en matière alimentaire et d’importation. Une politique nationale novatrice pour relancer le secteur agricole et agro-alimentaire devrait encourager les producteurs agricoles nationaux et les agro-industriels avec des avantages fiscaux pour les personnes qui se regroupent en coopératives et pour les investisseurs qui importent des outils visant à accroitre la productivité agricole nationale. Un plan national de valorisation des produits comoriens devrait être mis sur pied afin d’encourager tous les entrepreneurs du secteur. Un fonds stratégique et souverain permettant de réduire le coût de crédit pour le secteur agricole et des initiatives privées constituerait un des instruments d’accompagnement de la nouvelle stratégie. Ce fonds pourrait contribuer à financer les formations, les centres pédagogiques d’apprentissage et l’acquisition d’outils agricoles permettant l’augmentation des capacités de production sans omettre la mise en place d’un système cadastral et d’aménagement foncier.
Une diplomatie économique offensive reste une impérieuse nécessité
La Diplomatie devra s’orienter vers une politique de coopération gagnant-gagnant, une diplomatie offensive économiquement pour renforcer la Coopération économique, les accords de formation et de transferts de savoir-faire industriels, agro-alimentaires et technologiques. Un grand département Économie, de recherche des débouchés pour les produits nationaux et d’appui à l’export devra figurer dans l’organigramme du Ministère des Relations extérieures avec des moyens et des ressources humaines à la hauteur des enjeux…
Bien des mesures sont possibles. La détermination, la volonté politique, une prise de conscience collective et un changement de mentalité sont des préalables.
Darchari MIKIDACHE

Président du think tank « Cercle des Economistes et des Experts Comoriens « (CEEC)


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SOURCE : page publique officielle de Darchari MIKIDACHE :

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