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COMORES : Fin du premier round: la femme, cette chose

COMORES : Fin du premier round: la femme, cette chose
Entendu lors d’un meeting de campagne : « dans une année et demie, nous aurons de l’électricité et vous les femmes, pourrez enfin regarder vos séries ». (C’est HOUMED MSAIDIE candidat UPDC grand-comorien, à la vice-présidence qui avai déclaré cela lors d’un meetong à Mitsamiouli : Ndlr)
Le problème énergétique est peut-être l’enjeu des 5 prochaines années. C’est dire son importance. Evidemment, la population attend le jour où elle sortira de l’obscurité. Hommes comme femmes.
Mais avec cette petite phrase, outrancière, paternaliste, phallocrate, le candidat semblait vouloir dire que l’électricité pour les femmes se résumait à « visionner des séries à la télé ». Pour une fois que l’on parle de nous lors de ces réunions politiques dans lesquelles nous sommes reléguées au rang d’éternelles figurantes, nous aurions espéré autre chose. Que l’on valorise la femme comorienne qui travaille. Qui entreprend. Qui crée des emplois. Qui se bat tous les matins pour améliorer le quotidien de sa famille. Ou à la rigueur, qu’il parle même de parité (même si je me sens plutôt égalitaire). 
Cette phrase, dans un autre pays, en pareille période aurait suscité un tollé monstre. Peut-être même un retrait de la candidature du phallocrate qui a osé tenir pareils propos. 
Ici cette sortie est passée inaperçue et elle sera sans incidence aucune quant au vote du sexe « juste-bon-à-regarder-les-séries » à l’endroit de celui qui a proféré pareil outrage. Pour preuve, après la fameuse saillie, les « bonnes » femmes ont allègrement applaudi, plutôt ravies du bon mot de l’outrecuidant.
Le choc passé, je me suis rendue compte qu’il n’en pouvait être autrement. Nous servons de faire-valoir. Les meetings politiques ressemblent à des madjliss, les femmes sont reléguées au fin fond de la salle. Elles sont juste bonnes à applaudir et à pousser des youyou. Elles gratteront peut-être un ministère ou deux mais ce sera dans le seul but de faire plaisir « aux partenaires bi et multilatéraux ». Et pas sûre que celles qui seront choisies seront les plus méritantes. Enfin, vu le contexte, ce n’est pas à proprement parler un problème, étant donné que ce n’est pas la compétence qui prévaut non plus dans le choix des ministrables et autres directeurs.
Les rares fois où l’on voit une femme sur l’estrade, un micro à la main, généralement c’est pour entonner des chayinri . Ou pour déblatérer une sorte de poème à la gloire du titulaire en chef. Rien d’autre. Les politiques leur demandent de voter pour eux mais font comme si leurs bulletins ne valaient pas ceux de leurs congénères de l’autre sexe.
Et le pire, c’est que nous ne nous en rendons pas compte. Nous faisons comme si tout cela était normal. De fait, je pense que c’est normal. Si ça ne l’était pas, nous l’aurions su. Hélas, les chaines les plus lourdes ne sont pas toujours visibles. Loin de là.

 
SOURCE (sans la photo) :  Faïza Al-watwan
 

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