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COMORES / PARTIELLES : La nouvelle qui rassure.

COMORES / PARTIELLES : La nouvelle qui rassure.
Le président de la république en publiant le DÉCRET N°16 – 071/PR portant convocation de certains électeurs pour la reprise Ndzuwani de l’élection du Président de l’Union et, du second tour de l’élection du Gouverneur de Île Autonome de Ndzuwani, a aussi ouvert la campagne de ce scrutin spécial du 3 au 9 mai à minuit. La tâche de l’organisation de ce scrutin est confiée à la CENI et au ministère de l’intérieur en charge des élections. Cette reprise de quelques 13 bureaux d’Anjouan, mobilise aussi l’Union africaine et les Nations unies. Ils interviennent à un moment où une partie impliquée dans le processus en l’occurrence le pouvoir et ses candidats, rejettent une partie des règles du jeu. Pour l’ONU et l’UA « C’est très difficile de changer les règles du jeu cinq minutes avant la fin du jeu. Le monde ne va pas comprendre ça. » comme l’a si bien illustré ce dimanche matin, le représentant résidant à Moroni du système des Nations unies.
L’Union africaine était la première à se saisir du dossier et sur invitation du gouvernement, car même n’étant pas directement impliqué dans ces élections générales, son antenne locale a suivi avec attention le déroulement des votes et ses dérapages. D’où la publication de son communiqué du 6 mai
Le gouvernement et ses candidats accusent le protocole comme étant la source des saccages des bureaux de vote et de tous les disfonctionnements observés lors du scrutin général. 
Pourtant appliquée avec des résultats significatifs qui tendent à confirmer l’enracinement de la démocratie électorale dans notre pays. C’est ce protocole d’accord qui a permis lors des élections générales du 10 avril dernier, un dénouement plutôt apaisé et qui a permis à chaque camp de formuler ses requêtes. Des requêtes qui ont exprimer des failles flagrantes dans le système de gestion des élections et qu’il fallait plutôt renforcer que mettre de côté. 
Le protocole d’accord a son importance pour avoir déceler les limites du mécanisme de gestion de cette phase par un seul partenaire, l’Union Européenne qui a d’ailleurs montrée ses failles quant à une assistance impartiale et désintéressée, sources de tout le chambardement électoral actuel.
Le porte-parole du secrétaire général des Nations unies l’a bien dit dans son communiqué de presse se ranger dans la même voie que l’Union africaine et en étroite collaboration avec elle pour que les choses se passent dans un esprit d’apaisement et d’équité, en respect des règles établies par toutes les parties impliquées. Y compris le protocole du 15 mars 2016 de l’entre-deux tours. Le représentant résidant des Nations unies aux Comores, Agostinho Zacarias, a insisté sur ce point, ce dimanche matin chez nos confrères de RFI « C’est la reprise partielle, ça veut dire que le second tour n’est pas fini. Alors si le protocole d’accord était appliqué dans 708 bureaux de vote, pourquoi ne peut-il pas être appliqué sur les treize bureaux qu’il reste. C’est très difficile de changer les règles du jeu cinq minutes avant la fin du jeu. Le monde ne va pas comprendre ça », remarque-t-il.
Le 6 mai dernier deux communiqués sortent presque simultanément. L’un de l’Union africaine et l’autre de l’Organisation des nations unies. Les nations unies appuient l’union africaine dans son expression de l’importance de respecter les lois et accords, y compris ce protocole d’accord qui visait à renforcer la transparence du processus électoral et qui accorde d’avantage aux candidats un droit de regard à la gestion du processus. Il n’a pas été certes respecté correctement et aurait donné lieu à des dérives au second tour, mais l’initiative a démontré son efficacité en déjouant plusieurs cas de fraudes et permis aux candidats en lice de formuler leurs recours. La remise en question par le gouvernement et les candidats du pouvoir de ce protocole réveille subitement l’Union africaine qui est le premier à se saisir de la question. Dans son communiqué du 6 mai, la Présidente de la Commission de l’Union africaine souhaite veiller à ce que le processus électoral en Union des Comores se termine pacifiquement et dans la transparence en respectant la loi et tous les autres accords que les parties ont conclus, y compris le Protocole d’Accord du 15 Mars qui vise à renforcer la crédibilité, la transparence et la sécurité des élections. En conséquence, l’Union approuve le déploiement d’une mission d’observation composée d’experts indépendants en matière électorale pour accompagner le peuple comorien dans ce processus. Ils sont au nombre de 20 venus de 14 pays différents d’Afrique et se sont déjà déployé sur le terrain depuis 7 mai. Cette mission est dirigée par Barrister Barthélemy Kéré, président de la Commission électorale nationale indépendante du Burkina Faso.
Comme l’avait précédemment souhaité dès la proclamation des résultats provisoires, La Présidente de la Commission de l’Union africaine (CUA), Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma, s’était félicitée du « déroulement du 2ème tour des élections présidentielles et des Gouverneurs des Iles autonomes de l’Union des Comores, tenu le 10 Avril 2016, dans des conditions globalement satisfaisantes, malgré les dysfonctionnements identifiés par l’observation tant nationale qu’internationale. » Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma avait exprimé « son appréciation à toutes les parties comoriennes pour l’esprit de compromis qui a permis la tenue des élections précitées. » elle n’avait pas omis de déplorer « en revanche les actes de violence, qui ont entaché les scrutins dans les Iles autonomes d’Anjouan et de Mohéli.
La présidente de la commission avait dès lors lancé un appel aux candidats « à faire preuve de retenue et du sens des responsabilités en cette période d’attente des résultats officiels des élections précitées. Elle leur demande notamment de respecter leurs engagements pris dans le cadre du Protocole d’Accord sur l’élection présidentielle et des Gouverneurs des Iles autonomes qu’ils ont signé, le 15 mars dernier, et à privilégier les voies légales pour des recours éventuels. » avait déclaré dans un communiqué publié à Addis Abéba, le 14 avril 2016.
Cette significative implication de l’ONU et de l’Union africaine vient apaiser les tensions des uns et autres qui s’observent à couteaux tirés en attendant le jour J. Le pouvoir et ses candidats qui insistaient sur l’aspect caduc du protocole de sécurisation et ne voulant même plus en entendre parler, devraient mettre de l’eau dans leur vin car les choses ne se passeront pas comme avant. Je n’imagine plus de casses d’urnes sur les 13 bureaux de vote. Surtout que ces « saccages d’urnes » étaient imputés à l’opposition et que ces élections se déroulent dans des localités où elle pourrait largement (théoriquement) l’emporter. Une sécurisation effective et concertée de toutes les parties reste le seul gage de réussite de ce 3em tour décisive.
Sur ce point rien n’est encore claire. Le samedi 7 mai dans une note circulaire, le ministère de l’intérieur a simplement interdit la circulation dans les circonscriptions concernées par la reprise des votes, seuls les véhicules autorisés par la CENI peuvent circuler dans ces localités, de limiter l’accès dans les bureaux de vote aux seuls électeurs de ces bureaux et des personnes mandatés et enfin les pièces valables pour y avoir accès.
L’heure n’est plus aux spéculations, aux montées d’adrénaline, mais à l’apaisement. A l’opposition de jouer à la modestie et au pouvoir faire preuve d’humilité. Une postures honorable loin des accusations parfois guerrières et fratricides qui ne font qu’accentuer la thèse de mauvais perdant. La tentation pour certains habitués réveilleurs de morts et des vieux démons de la désunion, doivent cesser. Quand on est républicain, il est de son devoir de s’incliner sur la loi de la majorité.
Nous avons tous intérêt à ce que les urnes parlent mais pas de la façon rêvée par les nostalgiques d’une république bananière. Ni par le machiavélisme d’une certaine Diaspora qui croie régler le sort du pays autours d’un pot à Paris ou ailleurs sans s’imprégner, ni se soucier de la réalité, ni de l’avenir du pays. Il faudra vraiment laisser ses électeurs faire librement leur choix maintenant que les conditions semblent réunies pour tout le monde. Il y a un moment où chaque camp devra se rendre à l’évidence que les comoriens ont besoin d’une réelle démocratie fondée dans la transparence et le mérite. Et non sur la base des manipulations des consciences, d’arrogance et de clientélisme à toute échelle. Les électeurs des 13 bureaux d’Anjouan auront la lourde tâche de servir d’une échantillon d’indicateur réel du taux de popularité et de bonne gouvernance du régime sortant. Ce régime sera jugé d’une manière transparente et libre par un échantillon représentatif de la population. Ces électeurs ont certitude que leurs voix comptent et seront pris en compte pour une fois sans déformation. C’est même ce regime qui a demandé à ce qu’il soit rejugé. L’envie d’alternance insufflée par l’ensemble électeurs qui ont accordé leur confiance à l’opposition serait-elle une autre manipulation qui ne dit pas son nom ? Comme le soutient certains partisans de l’UPDC ? je pense que, c’est cette éventualité de réalité que les adeptes du pouvoir facile, les spécialistes de la triche et des fraudes électorales redouteraient. Mais franchement en 2016, cette espèce néfaste qu’on a voulu éradiquer en instituant le nouvel ensemble comorien, ferait-elle encore de la résistance ?
Aux messier de la CENI et de la CC de faire de sorte à ce que le verdict qui sortira des urnes cette fois ne donne plus matière à contestation.
Au président de la république de prendre aussi ses responsabilités pour éclairer d’avantage les jeux avant 11 mai, s’il a sincèrement l’intention de céder le pouvoir 26 mai prochain.
 
 

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