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Comores-Telecom, l’Etat dans l’Etat

Après avoir réussi à bloquer le processus de privatisation de leur société nationale des télécommunications, les dirigeants de cette société se sont lancés dans un autre combat, celui de capoter le processus d’attribution de la 2nde licence, d’établissement et d’exploitation d’un réseau de communication électronique aux Comores. Ces dirigeants ont un pouvoir de dissuasion qui fait revenir l’Etat sur ses engagements. En 2013, lors du débat sur la privatisation de Comores-Telecom avec la présentation d’un projet de loi relatif à l’ouverture du capital de cette société à l’Assemblée de l’Union par le Gouvernement, les députés appuyés par les dirigeants de la société comorienne de Télécommunication n’ont pas voté la dite loi. Le Gouvernement de l’Union a depuis abandonné le processus de privatisation de « Comores-Telecom », reniant ses engagements contenu dans le programme de l’état visant à de privatiser les entreprises publiques. 

Ce programme de privatisation des entreprises publiques a été autorisé par l’Assemblée Fédérale qui a adopté en 1995, la loi N° 95-008/AF portant concession ou privatisation des sociétés à capitaux publics. Elle a aussi adopté la loi N° 95-115 qui réglemente la procédure d’appel à la concurrence relative à la cession des titres détenus par l’Etat dans les sociétés à capitaux publics et les lois 97-003/AF et 97-004/AF spécifiques à la privatisation des télécommunications et de la Société Comorienne des Hydrocarbures. La loi 97- 004/ AF qui a autorisé la libéralisation des télécommunications et la privatisation de la branche Télécom de la SNPT a prévu la création de deux sociétés anonymes : la société Nationale des télécommunications et la société Nationale des Postes et de l’Epargne par regroupement des activités de la Poste et de la Caisse d’Epargne. C’est ainsi que la Société Nationale des Télécommunication « Comores Telecom » et la Société Nationale des Postes et des Services financiers furent créées par l’ordonnance N°04/002/PR du 23 février 2004 dans l’optique de privatiser la branche télécom.

La privatisation de Comores-télécom a été stoppée nette par le lobbying des dirigeants de Comores Telecom, des dirigeants qui s’enrichissent sur le dos du contribuable comoriens.Un syndicaliste de cette société, Mohamed Marzouk SAMBAOUMA, qui était suspendu de ses fonctions, pour avoir usé de ses droits syndicaux, avait adressé en 2013 , une lettre ouverte au Président de l’Union dans laquelle il affirmait que la société nationale des télécommunications était prise en otage par « un groupe de gens constitué de Directeur à vie et des directeurs parallèles ». Les Directeurs à vie, selon ce syndicaliste, sont des gens qui continuent peu importe l’évolution de leur carrière à toucher un salaire de Directeur et les directeur parallèles sont constitués par des personnes nommées par le Directeur Général à des postes divers et qui ont rang de Directeur. Ainsi, il y aurait près de 45 directeurs à Comores télécom, qui toucheraient près de 11 % de la masse salariale de la société. Ces accusations graves de la part d’un syndicaliste ont démontré l’omerta qui règne dans cette société d’état et la gestion calamiteuse de cette société.

En voulant bloquer le processus d’attribution de la 2nde licence, d’établissement et d’exploitation d’un réseau de communication électronique, à travers le Président de l’Assemblée de l’Union, les dirigeants de Comores-télécom pensent d’abord à leurs propres intérêts au lieu de penser aux intérêts de la population.

Il est plus que nécessaire de relancer le processus de privatisation de cette société. La privatisation de « Comores-Telecom » est urgente pour permettre d’améliorer la gouvernance de cette société, d’augmenter les ressources budgétaires de l’Etat par la cession des participations de l’Etat, par la taxation des profits des bénéfices de l’entreprises privatisée et par l’économie d’investissements réalisée par l’apport de capitaux du secteur privé. Elle permettra d’augmenter la productivité et la compétitivité de cette entreprise, diminuer les coûts et facteurs de production grâce à la modernisation et la rénovation des infrastructures. Par ComoresDroit

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