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COMORES : VIOLER LA CONSTITUTION POUR LA "DEFENDRE"

COMORES : VIOLER LA CONSTITUTION POUR LA "DEFENDRE"

Nous vous proposons un article très intéressent de KAMAL ALI YAHOUDHOI grand journaliste comorien qui démontre comment on viole la constitution comorienne (avec l’appui du gouvernement IKILILOU) pour (parait-il) défendre la même constitution.
Avant de lire le commentaire de KAMAL, lisez d’abord l’article 7.1  (ignoré par certains constitutionnalistes du coin) de la loi référendaire portant révision de la Constitution de l’Union des Comores du 23 décembre 2001

« Article 7-1 : Toute sécession ou tentative de sécession d’une ou plusieurs îles autonomes est interdite. Est qualifié de sécession tout acte ou propos de nature à porter atteinte à l’intégrité territoriale et à l’Unité Nationale. Les auteurs de tels actes ou propos, qualifiés de crime contre la Nation, sont passibles de la peine criminelle maximale prévue par le code pénal. Est nul de plein droit, tout acte ou toute mesure de nature à porter atteinte à l’Unité de la République ou de mettre en péril l’intégrité territoriale nationale prise par une autorité d’une île autonome ou de l’Union. La nullité est constatée par la Cour Suprême, saisie par le Président de l’Union ou par le Président de l’Assemblée de l’Union ou par cinq Députés de l’Assemblée de l’Union ou par tout citoyen ». BONNE LECTURE
(Source sans les photos : Le Courrier d’Anjouan N°009 du 30 novembre au 6 décembre 2015)

 

Tournante : « 1, 2, 3 et rien d’autre… » MOUVEMENT D’HUMEUR 

 

Près de 3 000 personnes, selon la page Facebook du gouvernorat d’Anjouan, ont battu le pavé samedi dans la matinée à Mutsamudu après un rassemblement au stade omnisport de Missiri, pour s’opposer à ceux qui veulent toucher à la tournante, comme cela a été clairement affiché par les organisateurs de la cérémonie. « Restons fidèles à l’esprit consensuel », « Ne touche pas à la tournante », pouvait-on lire sur les banderoles hissées au stade et pendant la marche qui a fait le tour de Mutsamudu avant de se disperser à Mirontsy, dans le calme.
Au cours de ce rassemblement, deux discours ont été prononcés. La première à prendre la parole a été Badria Maanfou, au nom des femmes anjouanaises, selon les organisateurs. Elle a loué les mérites de la tournante qui permet « aux anjouanais de dormir en paix et en sécurité ». Vint ensuite le tour de l’ancien secrétaire général de l’UPDC, Miftahou Hadhuira. Il a retracé à sa manière le chemin parcouru pour aboutir à cette « ‘Tournante », et a insisté aussi sur les fruits que celle-ci a apportés.
Monsieur Miftahou de sortir l’expression magique : « Chacun son tour, Ngazidja 1, Ndzuani 2 et MWali 3 ». « Et maintenant qu’on arrive au terme du tour du numéro 3, Mwali, il va falloir qu’on revienne sur le 1, donc Ngazidja sinon, le jeu est faussé », a-t-il soutenu. Miftahou a appelé au respect de l’Accord Cadre de Fomboni et de la Constitution. Le directeur d’Eppam a aussi mis en garde ceux qui veulent modifier la Constitution pour permettre à une tierce personne d’accéder au pouvoir en dehors de ce cycle « 1, 2, 3 », de s’abstenir d’une « telle dé- marche dangereuse ». Le seul hic avec cette théorie « 1, 2, 3 », est qu’il a disqualifié d’office et à jamais une éventuelle tournante avec Mayotte. Ce que certains peuvent considérer comme une trahison vis- à-vis de la Nation, tout d’ailleurs  comme la décision unilatérale du pouvoir en place de recommencer un deuxième cycle de cette fameuse tournante sans consulter le peuple, ou du moins les élus.
Et les élèves aussi… !
Au-delà du fonds conceptuel de ce mouvement, initié par le parti UPDC (Union pour le Développement des Comores) et ses alliés une semaine après celui des femmes Juwa, les choses dans la forme n’ont pas été faites dans la dentelle : la présence dans ce rassemblement a été rendue obligatoire pour les agents de la fonction publique de l’île et des sociétés d’état telles que Comores Télécom, Comores Hydrocarbures et Eppam, sous peine de sanctions. Le collège de Hombo et le lycée du centre ont de même été fermés et les élèves enjoints de rejoindre les manifestants. Scène rocambolesque observée au stade, les agents de Comores Télécom signaient leur fiche de présence sur place. Comme quoi le travail, ce jour-là, consistait tout jeune à prendre part à la manifestation. Ses organisateurs n’ont pourtant eu de cesse de marteler que c’était le rassemblement des anjouanais et que les intervenants parlaient au nom des anjouanais. Comme il est facile de parler au nom des autres ! Il est aussi dit que la tenue de ce rassemblement, le gouvernement aurait mobilisé environ 12 millions de francs comoriens, d’autres sources parlant même de 15 millions, tandis que des sources proches de Beit salam parlent de 8 millions.
Depuis la déclaration d’intention de Sambi de se porter candidat au primaires des présidentielles en 2016, le gouvernement de l’Union et l’exécutif de l’île en ont fait une affaire personnelle, une fixation et dit user tous les moyens pour empêcher une telle dé- marche. Et pour donner une certaine légitimité à cette démarche, le gouvernement, par le biais de son parti l’UPDC, a organisé le rassemblement du samedi 28 octobre à Mutsamudu.
Ce rassemblement a été présenté comme celui des anjouanais qui ne veulent pas de la candidature de Sambi, perçue comme dangereuse pour la pérennité du principe de la présidence tournante. Mais il s’est avéré que le rassemblement des femmes du parti Juwa le 15 novembre dernier, qui a précédé celui des « défenseurs de la tournante », a recueilli plus d’adhésion de la population.
Les anjouanais… ?
Housny Mohamed Abdou, le secrétaire général du Conseil des commissaires d’Anjouan, sous des termes feutrés, l’a visiblement bien reconnu lors d’une interview donnée à une radio locale de Mutsamudu le soir même de l’événement, en disant « qu’ils voulaient juste montrer qu’à Anjouan tout le monde n’étaient pas prêt à mettre en cause la tournante ». « Pas tout le monde à Anjouan » donc, mais pas « les anjouanais » comme l’on a voulu le faire admettre.
Les pourfendeurs de Sambi au sein de la mouvance gouvernementale accusent de ce dernier de vouloir piétiner la loi, en maintenant son projet de se porter candidat. Mais sont-ils eux-mêmes orthodoxes ? Un membre de l’Union des forces vives d’Anjouan (qui est en réalité l’UPDC et tous ceux qui gravitent autour) disait dans une conférence de presse tenue la semaine dernière à l’hôtel Mapongé que leur coalition n’attendrait pas la décision de la Cour Constitutionnelle pour entamer leurs actions de contestation contre la candidature à la présidentielle d’Ahmed Abdallah Sambi. Et le samedi 28, lors du rassemblement de cette Union des forces vives au stade de Missiri, le principal orateur est allé dans le même sens, soutenant que « lorsque la loi a déjà été appliquée une, deux et trois fois, nous n’avons dans ce cas plus besoin d’éminents juristes pour venir nous l’interpréter autrement ». Pas même la Cour Constitutionnelle ?

 
K.A.Y avec J.L
(Source sans les photos : Le Courrier d’Anjouan N°009 du 30 novembre au 6 décembre 2015)

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