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Concert de superlatifs laudateurs sur Mohamed Saïd Fazul

Concert de superlatifs laudateurs sur Mohamed Saïd Fazul

Amis, sympathisants et partisans du candidat en réunion à Paris

Par ARM

   On dit pudiquement et sobrement que Paris réussit à Mohamed Saïd Fazul. Exagération ou constat fondé sur la réalité politique? C’est vrai, l’ancien Président de l’île autonome de Mohéli y compte certains de ses soutiens politiques les plus fidèles et les plus déterminés. Mohamed Saïd Fazul est à Paris comme un poisson dans l’eau. On l’y a même vu en décembre 2010, à moins de deux semaines de deuxième tour de l’élection présidentielle qui allait avoir lieu le 26 décembre 2010, poussant ses partisans à d’innommables rages de dents. À l’époque, il était le principal challenger du candidat Ikililou Dhoinine. Pourtant, l’homme de Boingoma savait exactement ce qu’il faisait, et son voyage à Paris, une fois de plus, lui avait réussi. Cette fois, ses amis, sympathisants et partisans de toutes les îles se donnèrent rendez-vous ce samedi 6 février 2016 et se retrouvèrent à Fontenay-sous-Bois, près de Paris, pour parler de la candidature de leur champion au regard des enjeux cruciaux de l’élection gubernatoriale mohélienne de 2016.

   Et qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre! Jamais, de mémoire pourtant infaillible de Comorien, on n’a entendu autant de mots laudateurs sur un acteur politique du pays dont le sport national serait la politique: «Mohamed Saïd Fazul est un homme très poli, qui respecte tout le monde. Il ne fait jamais de discrimination entre les Mohéliens. Il est un des très rares dirigeants comoriens ayant dépassé les rivages de leur île natale. Il est un des artisans de l’Accord-cadre de réconciliation nationale conclu à Fomboni le 17 février 2001, parce qu’à l’époque, il était le Président de l’île autonome de Mohéli et il aurait pu faire capoter les travaux d’élaboration de l’Accord-cadre. Dans le climat de haine et d’insolence qui règne aujourd’hui à Mohéli, il est le seul capable d’unir les cœurs et de tendre la main à tout le monde. Il a été le seul dirigeant mohélien qui a été capable de réunir tous les cadres mohéliens pour qu’ils travaillent avec lui. Il aurait pu réaliser de nombreux projets, mais son action était sabotée systématiquement par le régime politique du Colonel Azali Assoumani. Il est le seul dirigeant mohélien capable de réunir les Mohéliens pour solliciter leurs avis. Il est simple et modeste. Il est une personnalité politique fédératrice, conciliatrice et consensuelle. Il a tiré les leçons des erreurs du passé et se projette désormais dans l’avenir. À l’époque de sa présidence, quand je suis allé le voir pour solliciter auprès de lui un passe-droit en matière de commerce de riz, il m’a rabroué et a rejeté ma demande avec colère, m’expliquant que si son oncle Mohamed Fazul l’a recommandé au Président Azali Assoumani, ce n’était pour des raisons familiales, mais pour assurer un héritage politique fait d’intégrité et de valorisation de l’intérêt général. Quand il était Président de l’île autonome de Mohéli, il n’y avait aucun membre de sa famille à ses côtés, à Bonovo. Il a quitté le pouvoir en 2007 sans s’être enrichi sur le dos des Mohéliens et des Comoriens. Aujourd’hui, il vit en toute simplicité». Il y a eu d’autres paroles du même style.

   À un moment, il avait fallu que les amis, sympathisants et partisans de Mohamed Saïd Fazul arrêtent d’eux-mêmes le concert de superlatifs laudateurs sur leur chouchou, considérant que «si nous sommes réunis ici aujourd’hui, les uns venant même de Lyon et d’ailleurs, c’est parce que nous sommes tous convaincus que Mohamed Saïd Fazul, acteur politique d’envergure nationale, devenu incontournable pour tout ce qui touche la politique du pays, est l’homme de la situation pour mettre fin à la gabegie, au mépris, à la corruption et à la division à Mohéli». Les débats eux-mêmes avaient été précédés des fameux «sondages», tous lui étant favorables puisqu’il n’y aurait personne de sérieux à Mohéli qui pourrait objectivement parler de l’élection gubernatoriale de Mohéli en 2016 sans placer l’enfant chéri de Boingoma parmi les deux candidats qui vont s’affronter au second tour. C’est un fait, même sans sondages. C’est une réalité objective. Dans un tel événement, il arrive de parler de l’adversaire, mais uniquement parce qu’un candidat ne va jamais au second tour tout seul, et aucun candidat ne sera élu dès le premier tour. Qui va-t-il va affronter au second tour alors? Selon les humeurs des uns et des autres, deux noms sont invoqués, mais sur une île de Mohéli balkanisée sur le plan politique, à telle enseigne qu’il avait été nécessaire pour un homme présent à la réunion de rappeler les déboires conjugaux de ces gens de Boingoma qui, sous l’autonomie interne, avaient choisi de divorcer de leurs épouses de Nioumachioi parce que les notables de la ville du Sud y avaient interdit l’accès à tous les concurrents d’Ali Saïd Msa, le baron local, alors candidat à la députation. C’est dire qu’il n’y a jamais d’élection à Mohéli sans retombées familiales absolument négatives. Les Mohéliens peuvent se montrer d’une grave intolérance politique… Mais, sont-ils seuls à le faire aux Comores?

   En réalité, des adultes n’allaient pas se déplacer sous le froid et la pluie et se réunir et ce, uniquement pour constater que «Mohamed Saïd Fazul est un homme foncièrement bon, poli et humain, un politicien qui arrête partout sa voiture pour saluer tous les passants, même si sa volonté de réunir les Mohéliens autour de lui dans un geste de communion et de convivialité sera exploitée perfidement par ceux qui l’accusent ignominieusement d’organiser souvent des pique-niques et d’inviter régulièrement les Mohéliens chez lui». En réalité, les proches de Mohamed Saïd Fazul tenaient avant tout à adresser à leur champion un message de soutien et d’encouragement. Ils l’ont dit à l’unisson: «Comme Mohamed Saïd Fazul a quitté le pouvoir en 2007 sans partir avec le coffre-fort de l’île avec lui, il n’a pas d’argent pour animer une campagne électorale à la hauteur de ce qu’il représente sur le plan politique et électoral. Les élections auront lieu dans deux semaines, et foin de paroles, agissons. Il n’est demandé à personne de donner s’il ne veut ou ne peut pas donner, mais nous ne pouvons pas nous réunir et produire des beaux discours alors que notre solidarité doit se manifester de manière concrète par un soutien financier concret car on n’a jamais vu un candidat, même le meilleur, fonder sa campagne électorale sur des belles paroles uniquement. N’oublions pas que certains candidats sont soutenus par des gens qui disposent de moyens conséquents. Donc, nous devons organiser une cotisation au plus vite et faire parvenir les fonds au candidat».

   Derechef, une Coordinatrice du Comité de soutien en France a été désignée et a tout de suite commencé à recevoir des chèques et de l’argent liquide qu’elle doit faire parvenir au candidat dans les meilleurs délais. En réalité, les Mohéliens vivant en France n’ont pas l’habitude de se mobiliser pour de la politique. Il est très rare de voir des Mohéliens militer en France. La chose ne les intéresse point. Et même quand il s’agit d’une élection purement locale à Mohéli, souvent, on recense au cours des réunions plus de Grands-Comoriens que de Mohéliens. Pourtant, au cours de la réunion du samedi 6 février 2016, les Mohéliens avaient massivement répondu présents. Il y avait les Comoriens de toutes les autres îles, mais en compagnie de Mohéliens, tout de même, de nombreux Mohéliens. La chose est rare pour être soulignée.

   Au cours de la réunion, les personnes présentes ont déploré le climat de tension et de conflit qui règne à Mohéli, où certains candidats estiment que leurs villages d’origine sont des zones tribales où on exclut l’application de la Loi. La posture antirépublicaine, antidémocratique et antipatriotique de l’ancien Premier ministre Bianrifi Tarmindhi, candidat à l’élection du Gouverneur de Mohéli, y a été dénoncée: l’homme de Nioumachioi et ses hommes ont pris la grave et désagréable décision d’interdire l’accès de la ville du Sud à tout autre candidat, surtout si ce dernier ne va pas arroser la population de billets de banque, le mot d’ordre y étant, «nous n’allons pas accueillir ce candidat pour son projet de société, que nous ne connaissons pas et que nous n’avons aucune envie de connaître, mais uniquement pour l’argent qu’il va nous donner». Se comporter de manière perfide en période électorale est une chose, mais interdire l’accès à une portion du sol national à un Comorien en est une autre. Fort malheureusement, le processus électoral en cours charrie tellement de haine que certains Comoriens se permettent d’interdire cet accès à d’autres Comoriens, suscitant des rancœurs et des problèmes tout à fait inutiles. Pendant que les Comoriens fustigent le visa obligatoire pour se rendre à Mayotte, ils oublient que des dizaines de visas existent aujourd’hui partout aux Comores et sont imposés aux Comoriens par des Comoriens aux Comores. Et, on ne comprendra jamais les raisons objectives qui ont poussé des gens de Mbatsé, à Mohéli, à jeter un œuf pourri («Ndzidza») sur la délégation de la Première Dame, alors que les Comoriens n’ont pas de telles habitudes sauvages, se contentant le plus souvent de se limiter à la bonne et vieille sorcellerie en période électorale et non à la violence, qu’elle soit physique ou verbale. Les partisans de Mohamed Saïd Fazul ont eu à cœur de dénoncer ces comportements violents qui n’apportent rien au débat démocratique.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 7 février 2016.

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