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Convention d'entraide judiciaire, une recolonisation des Comores ?

« Je trouve cela scandaleux. » C’est en ces termes que Jean-Paul Lecoq, député communiste de la Seine-Maritime, a qualifié la convention d’entraide judiciaire entre La France et les Comores. Il a voté contre cet accord.
Chez nous, personne, ni dans l’opposition, ni dans la mouvance présidentielle, ni dans la presse, ne dénonce ce document qui risque de chambouler l’histoire de notre pays.
Les articles 15 et 16 de cette convention, permettent à la police française de faire des perquisitions, des saisies et un gel des avoirs sur le sol comorien. Les articles 19 et 20, autorisent les français à recourir à des livraisons surveillées et des opérations d’infiltration sur notre territoire.
L’ancienne puissance colonisatrice pourra mener comme bon lui semble, des enquêtes pénales relatives à des infractions pouvant donner lieu à une extradition.
Pourtant la nouvelle constitution d’Azali dispose qu’aucun comorien ne peut être extradé. La constitutionnalité de cette convention est donc en question.
En des mots plus simples, si l’assemblée adopte cette convention, un mzungu pourra débarquer chez un comorien aux Comores, pour y faire une perquisition. Un mzungu pourra saisir les biens d’un citoyen comorien vivant aux Comores, s’il le juge nécessaire. (Articles 15,16,19,20). Un néocolonialisme décomplexé. On comprend mieux pourquoi le député français Lecoq a qualifié cela de scandaleux.
Mais le plus grave est que cet accord donne une place importante à la lutte contre le « trafic humain ». C’est le terme employé pour parler du déplacement des comoriens entre les îles de l’Archipel. La conséquence sera de criminaliser un déplacement effectué par un comorien entre Anjouan et Mayotte.
Le président Azali et son ministre des affaires étrangères Soeuf El Amine, doivent arrêter leur double langage et leur fermeté de façade. Ils doivent assumer que, par cette convention ils reconnaissent officiellement que Mayotte est française.
Le président de l’assemblée nationale comorienne s’est rendu, il y a quelques jours à Mayotte, sans communiquer le motif de son déplacement. Une délégation française a été reçue à notre assemblée le 16 octobre. Le ministre de l’intérieur français Castaner a pris le soin d’annoncer lui-même que les insurgés sont arrêtés à Mayotte et qu’il coopère avec les Comores sur cette affaire. Au ministère de l’intérieur comorien, Filipe Bastos est nommé conseiller. La boucle est bouclée. Collaboration comorienne en échange de la bienveillance française envers les dérives autoritaires d’Azali.
Adieu indépendance! Adieu souveraineté nationale!

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