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Convocation du corps électoral sur fond d’accusations

Convocation du corps électoral sur fond d’accusations

Ceux qui ont peur des élections coupent les cheveux en quatre

Par ARM

     On aimerait tant savoir ce qui se passe aux Comores en ce moment. Les pouvoirs publics font tout ce qui est à faire pour que les élections présidentielles et gubernatoriales puissent se tenir en temps et en heure, et pendant ce temps, certains partis politiques n’ont pas cessé de recourir à des procédés pendables et à des manœuvres dilatoires destinés à empêcher la tenue de ces élections, pourtant inscrites sur la Constitution du pays. Plus d’une fois, il faut le signaler: en Afrique continentale, c’est l’inverse qui se produit habituellement, puisque le gouvernement de certains pays fait tout pour retarder l’organisation des scrutins ou se précipite pour les organiser dans des conditions absolument contestables, pendant que les partis d’opposition réclament des élections immédiates et démocratiques, en conformité avec les lois du pays. Aux Comores, dans le contexte politique de 2015-2016, on sent que certains partis se réclamant de l’opposition ne veulent pas entendre parler d’élections puisqu’ils n’ont rien à y gagner, et déploient des trésors de duplicité pour que le gouvernement ne les organise pas. Malgré ces actes d’une mauvaise foi évidente, il n’en demeure pas moins vrai que le Président Ikililou Dhoinine a assumé pleinement toutes ses responsabilités en matière électorale puisque ce lundi 23 novembre 2015, il a signé le décret convoquant le corps électoral, de manière à couper court aux différentes magouilles malodorantes que préparent les vieilles haridelles qui ont peur du verdict populaire par voie des urnes et qui coupent les cheveux en quatre.

     S’agissant de l’élection présidentielle, les personnes inscrites sur les listes électorales de la Grande-Comore – et qui sont majoritairement Grands-Comoriens – vont faire le choix des trois personnes qui vont s’affronter au second tour sur l’étendue du territoire indépendant des Comores. Il s’agit donc d’un scrutin au suffrage universel direct à deux tours respectant les modalités très particulières de la présidence tournante. Aux termes de l’article 2 du décret du lundi 23 novembre 2015, «l’élection primaire et le premier tour des élections des gouverneurs des îles autonomes auront lieu le 21 février 2016», étant noté que «l’élection du président et des vice-présidents de l’Union et le second tour des élections des gouverneurs des îles autonomes auront lieu le 10 avril 2016». En d’autres termes, le chef d’État a pris en compte les recommandations faites en ce sens par la Commission électorale nationale «indépendante» (CÉNI).

     Le même décret va permettre aux Comoriens de ricaner pour de bon parce qu’il évoque les déclarations de candidatures, qui devront être déposées auprès des organes compétents, du 6 au 21 décembre 2015 avant minuit. La Cour constitutionnelle recevra les déclarations des candidatures au scrutin présidentiel, tandis que les candidats aux élections gubernatoriales devront faire un tour de piste du côté de la CÉNI. Du 20 janvier au 19 février 2016 avant minuit, et du 14 mars au 8 avril 2016, les Comores seront en campagne électorale, qu’on annonce agressive, mesquine, rachitique et rabougrie du point de vue des idées et des propositions, compte tenu de la signification qu’on donne à ces élections, et en raison du rôle qu’on va y faire jouer les injures et les accusations gratuites. Naturellement, les crypto-sambistes vont, une fois de plus, amuser le tapis parce qu’ils savent que leur chef Ahmed Sambi, propriétaire unique du Parti Bidoche, ne sera pas autorisé à se déclarer candidat et que ceux d’entre eux qui se piquent d’être «présidentiables» devront déposer une candidature de derrière le fagot «au cas où…». Un bel exercice d’hypocrisie en perspective, donc…

     Or, qu’est-ce qu’on apprend de l’opposition? Cette fois, il est question d’accusation de vol d’argent public par des membres de la CÉNI pour un montant de 190 millions de francs comoriens, et Saïd Larifou, Président du RIDJA, n’y va pas par quatre chemins pour déclarer que «la crédibilité de l’organisation a pris un sérieux coup et elle n’est pas à même de mener des élections transparentes, en tout cas dans sa configuration actuelle». Il faudra, tout d’abord, s’assurer que ce vol de deniers publics a bel et bien eu lieu, et expliquer doctement aux Comoriens comment une somme qui correspond à presque 400.000 euros, une fortune à l’échelle d’un pays pauvre, a été volée avec une facilité aussi déconcertante. Comment fait-on pour que de l’argent public puisse disparaître avec autant de désinvolture alors que l’argent ne coule pas à flots aux Comores? Mais, avant tout, il faudra que ces accusations de vol d’argent de l’État soient fondées et soient étayées de faits concrets, pour éviter les fantasmes chers à une certaine classe politique qui ne reculera devant rien pour tenter d’empêcher la tenue d’élections qu’elle est sûre de perdre.

     Jamais à court d’accusations motivées par une évidente mauvaise foi, certains partis qui se réclament de l’opposition prétendent crânement dans un document commun que les Comores ne sont pas en mesure d’organiser «une élection libre, transparente et démocratique». Parlant des procédés de la CÉNI, ces partis politiques «expriment leur profond désaccord sur ces méthodes et rejettent les nouvelles listes qui sont issues de la révision exceptionnelle, qui ne fournissent aucune garantie de fiabilité et qui risquent à la fois de créer les conditions de tensions politico-sociales et à décrédibiliser l’État comorien encore une fois». Pour être crédibles, il aurait fallu que les accusateurs apportent la preuve du bien-fondé de leurs accusations, somme toute très graves. Mais, comme d’habitude, des gens qui aiment parler portent des accusations très graves sur les institutions de l’État, mais sans apporter la moindre preuve de ce qu’ils disent. L’accusation gratuite continue à faire la pluie et le beau temps. Les donneurs de leçons pontifient de nouveau, en déclarant qu’ils «exigent la mise à disposition des partis des listings électoraux réactualisés, homogènes et sécurisés, la publication du budget des élections sous tous les angles de déclinaison et d’affectation, la garantie pour tout électeur d’exercer son droit civique par les moyens requis, notamment la carte électorale biométrique à défaut carte d’identité biométrique, cf. article 18, 116 et 118 du code électoral, la publication du rapport des dernières élections, cf. article 49 du Code électoral, et dénoncent et condamnent la manière dont a été exécuté le budget électoral».

     Pour quelle raison légale et objective il n’y aurait pas de «garantie pour tout électeur d’exercer son droit civique par les moyens requis, notamment la carte électorale biométrique à défaut carte d’identité biométrique»? Comment font ces gens-là pour «dénoncer et condamner la manière dont a été exécuté le budget électoral» d’une élection qui n’a même pas encore eu lieu et dont le processus n’est pas encore enclenché? Si l’État veut organiser les élections en temps et en heure, c’est parce qu’il veut couper court à toute accusation de fraude électorale. Et voilà que ceux qui ont peur du jugement des Comoriens par les urnes veulent semer le doute dans les esprits et la haine dans les cœurs, à dessein de saboter le processus électoral!

     Cependant, les autorités, qui ne sont pas tombées de la dernière pluie, savent que derrière ces accusations gratuites et farfelues, il y a avant tout une volonté manifeste de saboter l’organisation du scrutin présidentiel, et Houmed Msaïdié, ministre de l’Intérieur, a toutes les raisons de lancer une sorte de «J’accuse» à la Zola, en signalant que «certains partis en mal d’électeurs veulent le renvoi des élections sine die» et «ils veulent la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, ce qui est une forme de coup d’État constitutionnel». Tout ceci est bien dit et reflète l’état d’esprits de ces gens-là.

     Et quand des membres de l’opposition donnent des leçons au gouvernement, en demandant la démission immédiate des ministres qui seront candidats aux élections de 2016, le ministre Houmed Msaïdié répond aux sous-entendus de la plus belle des manières: «Les membres de l’exécutif qui vont se présenter aux élections à venir vont se conformer au cadre légal et non obéir à des injonctions politiciennes». En effet, tout le monde sait que les ministres qui déclareront leurs candidatures aux élections à venir devront quitter le gouvernement, mais il faut que ceux qui ont l’habitude de pérorer, de pontifier et de donner de leçons pérorent, pontifient et donnent des leçons, alors qu’ils savent qu’on n’a pas besoin de leurs leçons. Tout ce cinéma signifie une seule chose: une certaine opposition cherche à enlever toute crédibilité aux élections pour qu’elles ne puissent pas avoir lieu. On sait que l’échec de certains doit les conduire dans une éternelle voie de garage politique. Donc, saboter les élections tombe sous le sens pour eux. Et il y a les crypto-sambistes, qui ne veulent d’élections que celles auxquelles leur chef pourra se présenter et qu’il pourra remporter. On peut donc parler d’une conspiration en vue du sabotage d’élections inscrites sur le marbre de la Constitution du pays mais que ne veulent pas ceux qui sont habitués à attendre jusqu’à la dernière minute pour faire ressortir toutes sortes de mauvaises raisons destinées à diviser artificiellement les Comoriens en période électorale. Mais, les Comoriens restent éveillés parce qu’ils ne veulent pas de désordre dans leur beau pays.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mardi 24 novembre 2015.

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