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Crise à Anjouan: Le principal parti au pouvoir accuse Paris

Une semaine après la fin du calvaire à Mutsamudu, la situation reste tendue. Le gouverneur de l’ile, Abdou Salami, est placé en détention provisoire par les autorités qui l’accusent d’être le commanditaire de l’insurrection. La Crc, principal parti au pouvoir, s’interroge elle sur la contribution de la France dans cette affaire qui a fait 2 morts et quatre blessés selon le gouvernement.
« On n’ira pas jusqu’à affirmer que la France est impliquée [dans les évènements d’Anjouan] mais quand on sait que c’est elle qui est venue négocier pour que Salami se rende aux autorités, cela nous laisse perplexe… ». La déclaration, fracassante, est du premier vice-président de l’Assemblée de l’Union des Comores. Maoulana Charif, sans se l’avouer, pose un doigt accusateur sur la France qu’il soupçonne d’être de mèche avec le gouvernorat d’Anjouan dans les récents événements survenus à Mutsamudu, la capitale, ou du moins dans la stratégie adoptée par celui qu’il considère comme le suspect numéro 1, le gouverneur Salami.

Au cours d’une conférence de presse tenue dans leur Quartier Général sis à Hamramba, des cadres de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) ont dit leur indignation. Le principal parti au pouvoir, avec à sa tête l’ancien Ministre des Affaires Etrangères, Yahaya Mohamed Illiasse, se dit écœuré que l’opposition ait publié des propos faisant allusion à leur « soutien » aux insurgés qui ont « pris en otage » la médina de Mutsamudu dans la nuit du 15 au 21 octobre. « La population de Mutsamudu a fait preuve de civisme et patriotisme. Nous saluons et leur donnons une mention spéciale », a dit le secrétaire général de la CRC qui ajoute: « Cette population a montré qu’elle n’est pas un instrument, car les gens qui ont commandité cette insurrection ont voulu inciter la population comorienne à la haine et à la guerre, mettre le feu ».

Pour rappel, la crise à Anjouan était caractérisée par des échanges de tirs entre forces de l’ordre et « civils armées ». De ces derniers, le Ministre de l’Urbanisme, de l’Aménagement du Territoire, Chargé des Affaires Foncières, Mohamed Chatur El-Badaoui dira que le régime n’a pas changé de discours concernant l’état de grâce offert à « tous ceux qui rendront les armes » qui circulent sur l’île d’Anjouan. Sur la mise aux arrêts du Gouverneur Abdou Salami Abdou, Mohamed Chatur laisse entendre que le premier magistrat d’Anjouan n’a pas agi en responsable: « La vérité, c’est que Salami s’est rendu mais s’il l’a fait, c’est parce qu’il s’accuse de quelque chose », croit comprendre l’ancien directeur général de la société comorienne des hydrocarbures.

Sur la présence de Salami dans la Médina aux côtés des insurgés comme l’affirment ses collègues, Mohamed Chatur renchérit: « Salami n’était pas chez lui pendant la période de l’insurrection. Il se trouvait avec les insurgés dans la médina. Au moment où les insurgés désertaient de la médina, Salami a fui avec eux. Il a tenté de se rendre à Mayotte où il a essayé d’obtenir le statut de réfugié. Cela veut dire qu’il se reproche quelque chose », persiste l’ancien secrétaire général de la CRC. Devant dit-il, le refus des autorités françaises d’accepter sa demande, le Gouverneur s’est « réfugié dans un hôpital qui se trouve aux alentours de la ville ». C’est de là qu’il aurait appelé les forces de l’ordre. « Le Gouverneur n’a pas été arrêté dans l’exercice de ses fonctions mais il était de ceux qui ont soulevé un mouvement d’insurrection contre la paix et la stabilité du pays. C’est pour cette raison qu’il s’est rendu. Parce qu’il est conscient de ce qu’il a fait ».

Maoulana Charif, député de Washili-Dimani, est revenu lui sur les actes «barbares » qui ont touché « des symboles de l’Etat »: « Les clous sur le tarmac de Bandar-Salama, la tentative de coup d’Etat, l’agression du vice-président Moustoidrane Abdou, l’agression du militaire à Sanfil, … tout cela prouve la gravité des choses! », a dit l’ancien ministre des Finances. Le régime accuse l’opposition et le Gouverneur Salami de « comploter contre la stabilité des Comores ».

A.O Yazid

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