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Crise du grand Barrage de la renaissance I Les Comores poursuivent la médiation

Le chef de la diplomatie comorienne a rencontré, mardi 4 mai, son homologue éthiopien à Addis-Abeba. Dhoihir Dhoulkamal a fait part à Demek Mekonnen la volonté du chef de l’Etat comorien de préserver les intérêts des trois pays, à savoir l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie. Un sommet de l’Union africaine est prévu en août prochain et devrait se focaliser sur cette crise née du barrage.

Les Comores poursuivent les échanges avec les pays impliqués dans la crise du grand barrage de la renaissance en cours de construction. Les autorités comoriennes souhaitent jouer les équilibristes en essayant de rapprocher les positions tout en évitant de réveiller les points de friction. Le chef de la diplomatie comorienne a rencontré mardi 4 mai son homologue éthiopien à Addis-Abeba pour transmettre le vœu du chef de l’Etat comorien, Azali Assoumani, deuxième vice-président de la Conférence de l’Union africaine.

Ce déplacement du chef de la diplomatie comorienne en Ethiopie intervient un mois après l’arrivée à Moroni de deux délégations, l’une conduite par le ministre égyptien des Affaires étrangères, et l’autre par la chef de la diplomatie soudanaise, tous venus solliciter le soutien de l’Union des Comores. Mais, à Moroni, la prudence reste toujours de mise. «Le président estime qu’il y va de l’intérêt de l’Union africaine de trouver une solution juste et équilibrée qui prendra en compte les intérêts de toute la région est-africaine», nous dit un haut responsable comorien qui suit de près le dossier.

Le ministre des Affaires étrangères, Dhoihir Dhoulkamal, et son homologue éthiopien Demek Mekonnen, par ailleurs vice-premier ministre du pays, ont échangé sur cette crise et sont parvenus à multiplier les discussions pour «une solution à l’amiable» dans le cadre d’un dialogue tripartite direct lors des pourparlers du Grand barrage de la renaissance (Gerd).

Refus « d’un statu quo injuste »

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères ne s’est pas montré tout de même placide face à l’idée d’impliquer d’autres acteurs internationaux dans la résolution de la crise. «Le Soudan et l’Égypte veulent poursuivre leur monopole sur les eaux du Nil et continuer à internationaliser et à politiser ce qui est purement technique pour protéger le statu quo injuste», a-t-il déclaré, cité par une source confiée à Al-watwan.

Le vice-premier ministre a ajouté que «l’Éthiopie est prête à poursuivre les négociations et est convaincu que le processus dirigé par l’Union africaine sous la présidence de Félix Tshisekedi porterait des fruits satisfaisants pour tous ceux qui sont impliqués», selon toujours la même source. Le ministre Dhoihir Dhoulkamal a fait part à Demek Mekonnen la volonté du chef de l’Etat comorien de préserver les intérêts des trois pays, à savoir l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie. Il a ainsi réitéré l’engagement de l’Union des Comores d’élargir le cadre de concertation «pour des consultations inclusives» entre les trois pays sous le leadership de l’Union africaine.

La crise du barrage de la renaissance risque de connaitre quelques frictions en juillet prochain, période durant laquelle, il devrait y avoir un nouveau remplissage. De nombreux connaisseurs du dossier craignent que cela ne contribue pas à raviver les ardeurs de l’Egypte qui a menacé d’agir pour protéger ses agriculteurs considérés comme les principales victimes du chantier.

Au cours des discussions avec le patron de la diplomatie comorienne, le vice-premier ministre éthiopien a fait savoir que son pays «voulait utiliser équitablement et raisonnablement les eaux du Nil sans causer de dommages significatifs aux pays», ajoutant que «si bien que l’Éthiopie contribue à 86 % des ressources en eau, elle n’a jamais été capable d’utiliser toutes les ressources du Nil». Un sommet de l’Union africaine est prévu en août prochain et devrait se focaliser sur cette crise.

 A.S. Kemba

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