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Culture/interviewA/ Abdouroihamane Abasse: « L’Etat doit croire en sa jeunesse et investir en elle »

Pour Comores Essentiel, Abdouroihamane Abasse alias Sabasse, auteur du roman « Je suis né majeur » paru en 2015 aux éditions Coelacanthe, a accepté de revenir sur son livre et surtout sur le thème abordé dans cet opuscule à savoir les relations entre adultes et enfants dans la société comorienne voire africaine. Le roman relate en effet, le récit d’un jeune comorien vexé par les propos de son oncle et qui décide sur le champ de quitter sa famille pour Madagascar où il espère construire sa réussite loin des siens. Un thème qui, sur un plan plus général, évoque ses nombreux enfants comoriens qui désertent les bancs de l’école pour aller grossir les rangs de ceux qui vivent dans l’informel.  Interview.

Il y a deux ans, vous avez publié votre premier roman « Je suis né majeur » aux Editions Cœlacanthe. Pouvez-vous le présenter à ceux de nos lecteurs qui n’ont pas encore eu la chance de lire ?  

En quelques mots, ce livre est un roman à tendance autobiographique avec beaucoup d’humour qui relate et critique certaines attitudes dans notre communauté comorienne voire même africaine notamment en ce  qui concerne les relations entre parents et enfants dans la notion de critique. Je souligne que je n’ai pas la prétention de détenir une quelconque vérité dans ce domaine.

Quel message vous voulez passer à travers ce roman ?

Le message principal de ce roman est simple : inciter les parents à être plus à l’écoute des besoins de l’enfant notamment lorsque celui-ci réclame la confiance de l’adulte entre autres besoins.

A la lecture de votre récit, on entrevoit aussi un phénomène très inquiétant à savoir  ces enfants qui, confrontés aux difficultés de la vie, quittent les bancs de l’école et leurs foyers pour augmenter les rangs des désœuvrés qui s’adonnent aux petites activités informelles pour survivre… Qu’est ce que le spécialiste en science de l’Education que vous êtes peut suggérer au pouvoir public de notre pays  pour enrayer ce phénomène ?

Réellement,  les enfants frappés  par les difficultés de la vie pensent naïvement trouver des solutions, en quittant les bancs de l’école pour s’adonner à des activités informelles afin de subvenir  à leurs besoins primaires. Cela est d’autant plus inquiétant étant donné que cela ne règle pas les problèmes à long terme. Bien au contraire, cela augmente les problèmes ou les amplifie.  Donc, pour moi l’Etat comorien doit assumer ses responsabilités en valorisant sa jeunesse qui représente l’avenir. Délaisser les jeunes est un problème récurrent dans nos sociétés africaines.  A titre  d’illustration, l’Etat ne paie pas régulièrement ses fonctionnaires, qui sont eux mêmes découragés et en conséquence ne s’investissent plus dans leurs missions éducative. Un parent non rémunéré ne peut nourrir ses enfants, ni les habiller décemment encore moins leur faire rêver, ni les faire espérer des lendemains meilleurs. L’Etat doit croire en sa jeunesse et investir en elle.

Une petite curiosité, où se situe Glime (petit village d’origine du personnage principal de votre roman) sur la carte géographique ?

Glime est un terme imaginaire pour nommer la région Nord de Ndzouani comprenant notamment Ouani-Jimilime-Hajoho ect…

Comment, votre roman a été accueilli par le public ? Avez-vous eu des retours de gens qui l’ont lu ? Si, oui qu’est ce qu’ils en disent ?

J’ai eu beaucoup de retours des personnes qui ont lu le livre, qui se traduisent par des félicitations et des encouragements. Le côté humoristique est souvent relevé. Peut-être que les personnes qui ont des critiques négatives n’ont pas osé s’exprimer, ce que je déplore, car j’ai besoin de toutes les sortes de critiques pour pouvoir évoluer.

Avez-vous des projets d’écriture ?

Oui, en effet, les projets d’écriture sont bien là, un deuxième roman est en route mais permettez moi de ne pas en dire plus.

Propos recueillis par Faïssoili Abdou

 

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