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Dans nos archives: Mohamed Abdou Madi – II

Dans nos archives: Mohamed Abdou Madi – II

«Azali Assoumani m’a humilié, agressé psychologiquement»

Interview exclusive de Mohamed Abdou Madi (Partie II)

Ex-Premier ministre des Comores, sous Saïd Mohamed Djohar

      www.lemohelien.com: Et pourquoi aviez-vous décidé de rompre de manière spectaculaire avec le séparatisme anjouanais?

Mohamed Abdou Madi: Après le débarquement du 13 septembre 1997, le chaos était devant nous, avec la position d’Anjouan de «nettoyer» les militaires après qu’ils aient tué à Chitsangani et Pagé pour s’ouvrir le passage, après avoir constaté leur revers. Heureusement que j’étais encore là car j’avais réussi à m’imposer pour éviter le génocide. Je me permets de vous demander de vous en référer à un ancien débarquant de septembre 1997, un certain alias Rozali, qui peut vous relater la situation et le rôle que le Mjamaoué que je suis avait joué pour sauver la vie des militaires ayant débarqué à Anjouan. D’ailleurs, le blocage et les complications étaient venus du débarquement militaire du 13 septembre 1997, improvisé par le Président Taki et qui allait désespérer les Anjouanais jusqu’à les faire basculer à une phase encore plus complexe avec le lancement d’un référendum d’autodétermination.

Ensuite, il y a eu le référendum d’autodétermination en réponse au débarquement de Taki, référendum dont je m’étais opposé, et cela avait remis en cause la démarche de retrouvailles engagée par la Coordination, que je supervisais avec l’OUA. J’étais même accusé d’être pro-grand-comorien du fait de m’opposer au référendum du 29 octobre 1997, après avoir refusé l’exécution des débarquants («Wa man katala koutila») [«Celui qui a tué sera tué»] du 13 septembre 1997. Avec autant de réalisations, le recul s’imposait car toutes les raisons plaidaient pour qu’un jugement de l’Histoire me donne raison un jour et c’est ce qui allait d’ailleurs arriver moins d’un an après. Et c’était cette nouvelle situation qui m’avait disqualifié et contraint de déposer la blouse pour me retirer d’Anjouan un 13 novembre 1997, car ça aurait failli tourner au pire. Ma logique de retrouvailles engagée avec l’OUA était de facto mise à défaut.

www.lemohelien.com: En décidant de quitter Anjouan en novembre 1997, vous estimiez avoir tout fait vraiment pour raisonner les Anjouanais?

      Mohamed Abdou Madi: En novembre 1997, je n’avais pas estimé avoir tout fait, preuve en est que j’avais remémoré en février 1998. En novembre 1997, j’estimais m’être investi pour raisonner mes compatriotes sans pourtant être satisfait des résultats:

–          j’ai eu à m’opposer à l’organisation du référendum d’autodétermination d’octobre 1997,

–          j’ai eu à refuser la formation d’un gouvernement résultant du fameux référendum qui était destiné à consacrer l’indépendance de l’île,

–          j’ai eu à démissionner d’un poste de soi-disant ambassadeur d’Anjouan.

Mais, quand j’avais compris qu’il n’y avait plus de logique de combat politique et que ça allait tourner à l’écoulement de sang, j’avais choisi le repli. J’avais tiré ma révérence et j’avais convoqué la presse, un journal mahorais de l’époque, dont je vous donne copie, pour en prendre date avant de me retirer d’Anjouan. J’ai à conclure que c’était du côté de l’Union qu’il y avait eu manquements.

www.lemohelien.com: Et votre débarquement personnel à Anjouan en février 1998 dans un zodiac de l’Armée comorienne avec de l’argent et des armes?

Mohamed Abdou Madi: Un journal est toujours écrit par un journaliste, un humain qui, des fois, ne se trouve même pas sur place. Il se base sur les informations de ses correspondants qui peuvent manquer d’honnêteté des fois. Ce qui est très certain, c’est qu’en février 1998, je n’avais pas de relations avec le pouvoir de Taki pour qu’il me donne des enveloppes d’argent. Et si une enveloppe avait été attribuée, elle ne serait pas parvenue au destinataire que j’étais. Et pourquoi d’ailleurs, Mohamed Taki allait m’offrir une enveloppe? Pure diffamation!

www.lemohelien.com: Comment aviez-vous réussi à vous faire nommer ministre à Moroni en mai 1998, après votre séparatisme?

Mohamed Abdou Madi: Je n’ai jamais été séparatiste. De toute façon, c’est l’Histoire qui m’avait rappelé au gouvernement en mai 1998. En fait, parti d’Anjouan en novembre 1997, suite au référendum d’autodétermination, l’équipe qui avait succédé à ma Coordination, dépassée par les évènements, n’avait pu tenir le coup et avait fini par revenir sur ma proposition de tenue d’une table ronde de réconciliation nationale, sous le haut patronage de l’Union africaine. La table ronde avait donc été fixée début mai 1997 à Addis-Abeba en Éthiopie. Pour le fait d’avoir été le signataire de cet Accord en août 1997 mais qui n’avait été boycotté par le débarquement de septembre et le référendum d’autodétermination, je fus invité en tant qu’observateur pour avoir été l’initiateur et signataire de la rencontre le 10 août 1997 à Anjouan en ma qualité de Superviseur de la Coordination politique de l’île. Arrivé à Addis-Abeba, la délégation d’Anjouan avait refusé de siéger si j’étais admis dans la salle de la rencontre. Ce qui m’avait conduit à me retirer. Et comme par hasard, la réunion s’était achevée en queue de poisson. J’allais être appelé au gouvernement de Mohamed Taki pour tenter des propositions d’alternatives de retrouvailles.

www.lemohelien.com: En mars 2006, vous atterrissez à Anjouan. Comment cela était-il possible?

Mohamed Abdou Madi: Vous savez qu’en politique, il faut savoir prendre des initiatives, des risques. Il faudrait savoir se sacrifier pour l’intérêt supérieur. Il y avait eu des étapes intermédiaires de dégel de la situation, qui dictaient beaucoup plus un climat d’apaisement: le dialogue instauré en 1998, l’Accord-cadre signé à Fomboni, en 2001, mon passage à la tête du Comité de Suivi de l’Accord-cadre, le rapprochement avec les Anjouanais à travers la Communauté estudiantine anjouanaise de Madagascar tout au long de la période que j’ai passée à la tête de l’Ambassade des Comores à Antananarivo de 2000 à 2006.

www.lemohelien.com: Pourquoi cette décision? N’aviez-vous pas eu peur de vos anciens «amis de 1997»?

      Mohamed Abdou: Cette décision est née spontanément, suite à un entretien que j’avais eu avec Colonel Azali Assoumani, encore Président des Comores, un mardi d’un mois de février 2006, concernant ma candidature aux primaires de la tournante d’Anjouan de 2006. À l’issue de la rencontre, je m’étais senti humilié, agressé psychologiquement, et cela m’avait conduit à la décision spontanée de rentrer à l’île natale.

www.lemohelien.com: Que s’était-il passé de grave au cours de rencontre qui avait conduit à cette décision brutale de rentrer à Anjouan?

Mohamed Abdou Madi: En fait, en fin janvier 2006, après que le Comité central du parti CRC se soit prononcé pour le soutien de ma candidature à la présidentielle de l’Union, le Colonel Azali Assoumani s’y était opposé. Ce qui avait conduit à notre entretien au cours duquel je lui avais demandé la cause de son rejet. Et là, le Colonel a été direct en me disant militairement que j’étais un intrus chez moi à Anjouan, que j’étais interdit d’y aller et qu’il ne préférait pas créer encore un clash en me soutenant. Il me disait même qu’il ne voyait pas comment je pourrais faire valider ma candidature. Et au Colonel de rajouter qu’il me proposerait d’aller soutenir la candidature d’Ibrahim Halidi, un de mes rivaux politiques de toute l’Histoire.

Le message dicté, il avait suspendu la séance jusqu’au lendemain mercredi pour que j’aille réfléchir et m’assumer, car sa prise de position était sans appel. Et je devais revenir le lendemain pour lui faire part de ma réponse par rapport à mon soutien à Ibrahim Halidi, car son soutien et celui du Parti CRC à ma candidature ne pouvaient plus être débattus. Le lendemain, j’étais reparti signifier au Colonel-Président que j’allais proroger ma réflexion. Pour m’avoir exposé à des risques sans appel, pour défendre l’unité nationale ce qui m’avait coûté autant de revers jusqu’à être interdit de séjour à Anjouan pendant dix ans, de 1997 à 2006, pour m’avoir même interdit d’accompagner le corps de ma chère mère décédée à Moroni pour son enterrement à Mjamaoué, son village natal, je me suis senti humilié, vexé d’être taxé d’«apatride» et lâché par mon Parti et mes proches compagnons. Et c’est ainsi que je m’étais plongé dans une longue réflexion toute la nuit du mercredi. Et en réponse à ce que j’avais qualifié d’«affront», je m’étais trouvé dans l’avion le lendemain à destination de Mohéli, une étape avant mon atterrissage à Anjouan le surlendemain samedi, selon une stratégie que j’avais fixée dans la précipitation, après dix ans d’exil, et peu importe les conséquences. Je n’avais pas plusieurs choix. J’étais arrivé à l’aéroport d’Ouani, Anjouan sous des regards stupéfaits, devant la Gendarmerie de l’Aéroport quelque surprise et dépassée, mais finalement, il n’y avait eu d’incident particulier. Dieu merci, car j’étais sans défense.

www.lemohelien.com: Et pourquoi n’étiez-vous pas candidat à l’élection présidentielle alors que toute l’île Anjouan s’attendait à votre candidature?

      Mohamed Abdou Madi: Je n’ai pas été candidat pour trois raisons principales:

–          le fait que le Colonel Azali Assoumani, Président d’honneur, et quelques ténors du Parti CRC, dont j’ai été membre du Bureau politique, avaient boycotté le soutien du Parti à ma candidature, soutien qui était délibéré par le Comité central du Parti.

–          Cette attitude m’avait conduit à prendre congé du Parti avant de le quitter définitivement.

–          Et, enfin, je ne voyais pas la nécessité d’affronter une candidature indépendante. Suite à ma longue absence de dix ans d’Anjouan, je ne pouvais objectivement réunir seul sans Parti derrière moi les conditions pour une telle candidature.

www.lemohelien.com: Les faits sont là. Ça se comprend. Revenons à votre situation actuelle. Vous dites vivre très mal votre «exil» à Mayotte et pourquoi n’êtes-vous pas rentré auprès des vôtres, qui souffrent autant que vous? Vous pouvez quand même aller sur les autres îles de l’Archipel, puisque les autres «exilés» ont désormais pignon sur rue à Moroni et Mutsamudu, bénéficiant des largesses médiatiques et autres gâteries de la République?

      Mohamed Abdou Madi: Vous savez! L’exil est une sérieuse contrainte, et dès sa première heure. Comment s’imaginer l’existence du moindre sentiment d’une éventuelle fierté pour celui qui est privé de sa patrie de naissance, de sa famille, de sa carrière administrative et politique, de sa résidence habituelle, à jamais de ses infrastructures personnelles car dynamitées, de ses compagnons d’enfance, politiques aussi, et quelles que soient les palabres avancées par ceux, des lâches, qui incarnent un tel KO? J’insiste, l’exil ne doit pas être imposé à des citoyens par leur propre patrie si elle se dit une nation respectueuse des Droits de l’Homme, des libertés individuelles, de la démocratie, du nationalisme, du patriotisme. Seules les îles Comores ont eu un Guide qui se félicite tout en exprimant sa fierté d’avoir investi la fiscalité comorienne pour recruter des soldats expatriés pour l’épauler à battre dans le sang ses compatriotes, les pousser à la cavale sans retour, et les plus chanceux, encore en vie, à l’exil. Pour répondre de la manière la plus directe, l’exil en soit ne peut être concevable contre des compatriotes par leurs compatriotes pour s’interroger encore si six ans, c’est assez? Il y a lieu de ne pas avancer les yeux fermés. Le retour s’annonce mais avec quel contenu?

www.lemohelien.com: Pourtant d’autres collaborateurs de Mohamed Bacar, dont le plus emblématique et le plus «méchant», Djaffar Salim Allaoui, sont dans les bonnes grâces de la République, sont choyés par Hamada Madi Boléro et font l’objet de moult sollicitudes de la part du régime politique en place?

Mohamed Abdou Madi: Djaffar Salim Allaoui «méchant»? C’est vous qui le dites. Il serait rentré rallier le pouvoir central et se faire choyé par Boléro, c’est vous qui le dites. Me concernant, c’est son choix et je ne veux surtout pas m’en mêler, le commenter. Ce que je peux me permettre de dire, c’est le fait que sa demande d’admission sous protection internationale (asile) était rejetée et qu’il était devenu du coup indésirable en territoire français. Maintenant avait-t-il un autre choix que celui de retourner au bercail? Pouvait-il rentrer sans aller s’incliner chez Ikililou Dhoinine au moment où aucune autre destination d’accueil ne s’affichait? Je n’en sais rien et ça ne me préoccupe pas. Ensuite, Djaffar Salim Allaoui n’a jamais appartenu à un même mouvement que moi. En 1997, quand je défendais l’autonomie, il était pour le centralisme politico-administratif. En 1998, quand j’avais quitté le Mouvement révolutionnaire anjouanais pour incompréhension idéologique, Djaffar Salim Allaoui l’avait réintégré pour défendre le face-à-face entre les îles.

En 2007, je suis rentré à Anjouan dans le cadre d’une cohabitation avec le mouvement bacariste, qui était le sien, mais tout en conservant nos divergences. Arrivés en exil à Mayotte, nous avions toujours évolué dans nos différences: un Djaffar Salim Allaoui militant de JIRMA et un Mohamed Abdou Madi progressant dans un FARP (Front Anjouan pour les Réformes et le Progrès), dont j’assure la Coordination jusqu’à nos jours. Djaffar Salim Allaoui est rentré aux Comores pour des raisons que lui seul connaît et nous n’avons rien de commun. Je rentrerai certainement au pays sur les formes qui seront conçues et réfléchies ensemble avec mes compagnons politiques du FARP.

www.lemohelien.com: Que pensez-vous des gendarmes tortionnaires anjouanais en voie d’intégration au sein de l’Armée comorienne?

Mohamed Abdou Madi: Pour ce qui est des gendarmes de l’ex-FGA d’Anjouan, je ne peux admettre qu’on les qualifie de «tortionnaires» avant qu’il n’y ait les assises juridiques et des séances de comparaison avec l’histoire de l’Armée comorienne en général et sa collaboration avec des mercenaires et autres scènes chaotiques à leur passif, d’autre part. Vous pensez que les Gendarmes de la FGA ont un passif si accablant que l’Armée nationale?

–          tueries du Port de Mutsamudu en août 1975

–          1978 à Iconi avec un cimetière collectif,

–          la pendaison des jeunes de Magoudjou en 1982,

–          les tueries de Pagé, à Anjouan en 1997,

–          tueries autour du débarquement de 2008 et suivant (…).

Il ne devrait pas y avoir de légitimité en matière de tuerie. Il faudrait revoir le fonctionnement de nos forces et bien ajuster leur mission et surtout lever le tabou de l’impunité des militaires.

www.lemohelien.com: Que pensez-vous des yeux doux que fait le régime politique comorien à Djaffar Salim Allaoui et à ses partisans, aujourd’hui regroupés au sein d’un parti politique au nom à coucher dehors et ayant fait allégeance au Vice-président Mohamed Ali Soilihi dit «Mamadou», dans la perspective de sa candidature présidentielle de 2016?

Mohamed Abdou Madi: D’abord, mon mouvement politique n’est pas dans la logique de l’élection présidentielle de 2016. Pour nous autres, l’Accord de Fomboni à l’origine de la présidence tournante qui a permis Ikililou Dhoinine d’accéder au sommet de l’État aujourd’hui, cet Accord est clair: la présidence tournante est établie à 12 ans de 2002 à 2014 dont 4 ans de mandat par île; et cela a été mise en exécution:

–          Ngazidja, sous Azali Assoumani: de mai 2002 à mai 2006.

–          Anjouan, sous Ahmed Sambi: de mai 2006 à mai 2010.

–          Moili, sous Ikililou Dhoinine: de mai 2010 à mai de 2014.

En mai 2014, le compte sera bon. Maintenant, si Ikililou Dhoinine, en guise de reconnaissance, a fait cadeau d’une année de mandat controversé à son père spirituel politique Ahmed Sambi, c’est une affaire interne entre eux, le père spirituel et le fils politique adoptif. Ensuite, pour revenir à Djaffar Salim Allaoui, ne relevant pas du mouvement politique dont je m’y reconnais, et pour n’avoir jamais appartenu dans une même logique, je ne cherche pas à me préoccuper de ses démarches, de ses choix. C’est à Mamadou d’apprécier son partenaire. Enfin, je peux me permettre un seul conseil à Mamadou, c’est d’interroger Mohamed Bacar: qui est Djaffar Salim Allaoui politiquement? Et si Mamadou ne dispose pas du numéro de Mohamed Bacar du fond de son exil, je peux le lui fournir et ça sera ma seule contribution.

www.lemohelien.com: Et que pensez-vous également des yeux doux que fait le Gouverneur Anissi Chamssidine d’Anjouan à Djaffar Salim Allaoui et à ses compagnons, tout en disant exclure toute alliance avec eux?

      Mohamed Abdou Madi: C’est vous qui le dites; je ne me suis pas informé sur ça, je ne me préoccupe pas de ça, et surtout que j’ai d’autres préoccupations pour la gestion de mon propre mouvement politique.

www.lemohelien.com: Même vos adversaires politiques vous reconnaissent un langage politique direct, viril, charnel et franc, et quand vous l’employez pour exprimer vos sérieuses divergences politiques avec Djaffar Salim Allaoui, le débat politique devient très intéressant. Mais, d’où viennent vos divergences avec des hommes avec qui vous avez travaillé hier, surtout avec Djaffar Salim Allaoui?

      Mohamed Abdou Madi: J’ai eu à participer à un gouvernement de coalition de crise constitué à Anjouan après l’élection de 2007. Djaffar Salim Allaoui en faisait partie. D’ailleurs, nous avions gardé nos distances tout au long de cet horrible parcours avec autant de controverses, de juillet 2007 à mars 2008. Et c’était bien un gouvernement de coalition qui avait vu la participation de tous les anciens Premiers ministres. Arrivé à Mayotte, dès notre admission en centre de rétention provisoire avant de recouvrer notre liberté, nous n’avions pu cohabiter, et cela s’est prolongé durant son séjour à Mayotte.

www.lemohelien.com: Des accusations de violation de droits de l’Homme pèsent sur vous. On vous accuse aussi de sabotages des lignes téléphoniques des autorités comoriennes sous la présidence d’Ahmed Sambi. Ça doit être grave de porter toutes ces accusations, non?

      Mohamed Abdou Madi: Les accusations de violation de droits de l’Homme ne sont que les inventions contre le redoutable et imbattable Abdou Madi. Anjouan est toute petite, nous avons soumis une sollicitation sans appel pour la convocation d’un procès international qui mettra face à face Mohamed Bacar et équipe, et Sambi et équipe sur les évènements autour du débarquement: sur les rapports d’avant, du pendant et de l’après débarquement. Ainsi, aurons-nous l’occasion de désigner les coupables des violations des droits de l’Homme et des crimes commis, et des victimes. La fierté de l’homme politique comorien ne doit plus continuer à être les défaites manipulées, les éliminations physiques, les exclusions et autres mises en quarantaine de ses concurrents, mais plutôt l’exactitude de ses prévisions, le triomphe de ses réformes. Quant au pouvoir en soi, il peut bien découler de victoires tronquées, de triomphes illégitimes voir entachées de sang; les successions des régimes et autres majorités négatives aux Comores depuis l’indépendance en témoignent.

www.lemohelien.com: Et concernant les accusations de sabotages des lignes téléphoniques des autorités comoriennes sous la présidence d’Ahmed Sambi?

Mohamed Abdou Madi: Face à l’invincible et infatigable Mohamed Abdou Madi, un concurrent à écarter à tout prix, on invente tout pour cacher ses victoires, ses succès. Pour ce qui est du cas du réseau téléphonique, c’est vraiment aberrant de tenir de tels propos à mon encontre, voire diffamatoire; cela indique bien l’injustice et la malhonnêteté de certains. À l’approche du débarquement, Sambi et équipe avaient procédé au boycott des téléphones des membres de l’exécutif d’Anjouan et alliés, y compris des médecins et opérateurs économiques. À l’issue d’une telle décision, c’était la révolte et des menaces de sabotage de la centrale téléphonique avaient beaucoup couru, et ça devenait sérieux.

Ainsi, l’exécutif d’Anjouan avait-il décidé de rétablir l’équilibre en mettant tout le monde à égalité, en suspendant les téléphones mobiles à Anjouan, en guise de réponse à la suspension des téléphones des anti-Sambi à Anjouan; et c’était pour calmer la grogne des saboteurs. Et ma qualité de ministre des Télécommunications, et j’assume d’avoir trouvé la solution la plus sage, qui a fait éviter le sabotage de la centrale téléphonique, en faisant bloquer les lignes par un technicien de Comores Télécom. C’était une opération réussie car à l’arrivée des tortionnaires qui débarquaient à Anjouan, les lignes ont été rétablies car il était seulement question de remettre en place une fusible qui fut retiré et mise en sécurité par le technicien de Comores Télécom.

Propos recueillis par ARM

© www.lemohelien.com – Vendredi 21 décembre 2014.

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