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Darchari Mikidache confond «émergence» et gnangnan

Darchari Mikidache confond «émergence» et gnangnan

Pour lui, «émergence» = vœux pieux et radotages de bazar

Par ARM

       Un homme bon, ce Darchari Mikidache-là. Un patriote sincère aussi. Un grand agitateur d’idées également. Lui-même se présente comme étant le «président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CÉEC)», ce dont se félicitent tous les Comoriens qui aiment leur pays de manière sincère. Oui, oui, c’est la vérité pure. En homme qui sait vivre, il a décidé de n’apporter que des idées positives aux Comores. Les humeurs des grincheux, des aigris et des haineux ne sont pas son truc. Sambiste sous Ahmed Sambi, cofondateur de l’éphémère «parti cocotte-minute» parisien SHIMÉ-MRADC sous Ikililou Dhoinine et ses Mohéliens de «Bête-Salam» et pour soutenir le même Ikililou Dhoinine, le voilà devenu l’un des plus grands soutiens de «l’émergence émergente du pays émergent», le petit slogan crapuleux et mafieux concocté par le «concubinocrate» Azali Assoumani et sa petite bande de mendiants pour endormir les Comoriens. Oui, le bon Darchari Mikidache fait partie du petit cercle de cadres ayant décidé d’ignorer toutes les conditions préalables à une véritable émergence économique et à soutenir inconditionnellement que celle-ci est réalisable aux Comores alors que le pays n’arrive pas à réaliser 00,001% desdites conditions. Allons bon! Allons, allons…

       Et c’est ainsi que ce jeudi 19 mai 2017, le plus productif des intellectuels comoriens et franco-comoriens, de l’océan Indien à l’océan Atlantique, en passant par la mer Rouge et la Méditerranée, a écrit un article joliment et délicieusement intitulé «Un nouveau souffle pour des Comores crédibles et émergentes». On croit rêver! Mais, où a-t-il vu «un nouveau souffle pour les Comores»? Où a-t-il vu que les Comores du «saigneur» Azali Assoumani étaient «crédibles»? Plus grave encore, où a-t-il vu des «Comores émergentes»? Où? Oui, où a-t-il vu tout ça? Un pays émergent est pays dont certains indicateurs socioéconomiques sont plus ou moins proches de ceux d’un pays développé. Alors, il faudra que Darchari Mikidache, qui vit en France, un pays développé, dise sincèrement aux Comoriens s’il a vu un seul indicateur social ou économique aux Comores qui soit plus ou moins proche de ceux de France. Personne n’osera contester le bien-fondé de ses belles et éclairantes analyses, mais les Comoriens voudraient juste que Darchari Mikidache leur cite un seul indicateur social ou économique des Comores qui soit plus ou moins proche de celui d’un pays développé.

Dans son immense bonté, il a sans doute oublié les douloureuses réalités suivantes: les arriérés de salaires s’accumulent aux Comores, l’enseignement public est mort, l’École privée n’est pas un modèle de réussite, la Santé publique est morte, les infrastructures de base sont inexistantes, les institutions sont celles d’un État mort-né, l’économie n’existe même pas, la corruption a tout détruit, le népotisme a tout cassé et l’incompétence a tout ravagé.

Or, croyant que «l’émergence» est un catalogue de bonnes intentions, le brave Darchari Mikidache se lance dans les plus plats des vœux pieux. Voici ce qu’il a écrit dans son article précité, lui qui a été l’un des premiers Comoriens à avoir rejoint le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron en France: «La Dynamique est En Marche! pour une République solidaire, exemplaire et du renouveau politique. Ensemble, nous sommes en mesure de bouger les lignes aussi bien en France qu’aux Comores. Le plus dur est de faire le premier pas. Nous devons exiger la rigueur budgétaire, la transparence, l’efficacité de l’Action publique et la culture de résultats afin d’élever le niveau de vie de la population qui souffre depuis long tant au niveau économique, sanitaire qu’alimentaire.

       L’exigence d’une justice sociale et l’Action de l’État en faveur de la création de l’emploi sont au cœur de mes préoccupations et de mes priorités pour une émergence crédible à construire dans les années à venir. Des réformes structurelles porteuses d’efficacité, de mieux-être pour la population sont nécessaires et doivent être mises en œuvre. Trop tarder nuirait aux objectifs de lutter contre le chômage et d’améliorer le niveau de vie de la population au quotidien. Ensemble, nous sommes en mesure d’apporter le changement et le renouveau démocratique tant nécessaire pour balayer les conservatismes et les politiques qui se servent au lieu de servir le peuple. Les patriotes doivent se réveiller pour se regrouper afin d’offrir des alternatives crédibles et des perspectives viables et durables pour la jeunesse.

       La mobilisation intelligente et efficace des ressources financières publiques est nécessaire pour financer le développement économique et sortir de l’assistanat qui mine les fondements de la République de l’Union des Comores et crée les conditions de l’éclatement de notre pays. Une justice exemplaire, égale pour tous et fondée sur des valeurs républicaines notamment la méritocratie, sur le principe d’Unité territoriale et sur intégration sociétale de la femme comorienne et de la jeunesse dans le fonctionnement de la Nation comorienne est primordiale. L’exemplarité des gouvernants et l’utilisation à bon escient des deniers publics avec le respect des lois de la République constituent la pierre angulaire de mon engagement politique. Ensemble, main dans la main, animés d’esprit de rassemblement et du souci d’agir réellement au service de l’intérêt supérieur de la Nation, nous sommes en mesure d’apporter un nouveau souffle à la République de l’Union des Comores».

Tout ceci est très bien dit, mais les Comoriens auraient aimé que Darchari Mikidache leur en dise un peu plus sur le lieu où il a vu que ses rêves précités sont réalisables. Et puis, par moment, quand il expose magistralement et majestueusement son auguste engagement personnel et sa vision personnelle, on a l’impression qu’il est déjà candidat à l’élection présidentielle de 2021, pour tenter de devenir chef d’État aux Comores. Si tel est le cas, qu’il le dise tout de suite aux Comoriens pour que les choses soient claires dans les esprits.

Et comme Darchari Mikidache est un homme foncièrement bon, il faudra lui rappeler l’analyse suivante faite par Charles Condamines: «En tout état de cause, le rattrapage des niveaux de vie des pays occidentaux par les pays en voie de développement demandera beaucoup de temps et d’argent. Si l’on extrapole les taux de croissance du revenu par habitant observés entre 1985 et 1994 en Tunisie, au Maroc ou au Mali, il faudra 123 ans aux Tunisiens pour atteindre le niveau de vie actuel des Français, 253 ans pour les Marocains et 456 pour les Maliens. Rappelons que ces derniers disposent d’un revenu annuel 100 fois inférieur à celui des Français»: Charles Condamines: Immigrations, intégration et politique de coopération. Les illusions d’un codéveloppement sans moyens, Le Monde diplomatique, Paris, avril 1998, pp. 14-15.

Darchari Mikidache croit que les Comores font mieux que la Tunisie, le Maroc et le Mali? Qu’il le dise aujourd’hui aux Comoriens! Et s’il faut autant d’années pour que ces trois pays africains puissent arriver au stade actuel de la France, il doit «extrapoler les taux de croissance du revenu par habitant» et nous dire ce qu’il en est des Comores.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 20 mai 2017.

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