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De grosses pointures pour les petits pieds du Gouverneur

Mouigni Baraka Saïd Soilihi déclare sa candidature présidentielle

Par ARM

   Cet homme du sérail dit que chaque fois qu’on parle de l’académicien Mouigni Baraka Saïd Soilihi, inégalable et incomparable Gouverneur de la Grande-Comore, devant ce grand acteur politique comorien, ce dernier résume la situation par une phrase lapidaire: «Mouigni est un menteur!». Tout sera dit devant notre acteur politique national, et la réponse est invariable: «Mouigni est un menteur!». Ce n’est pas vraiment gentil entre gens qui savent vivre, mais l’académicien Mouigni Baraka Saïd Soilihi ne vole jamais les accusations d’infamie lancées contre son auguste mais déroutante personne. Un autre homme du sérail dira de lui: «Mouigni Baraka est un gars dangereusement porté sur la démagogie, et mêle Dieu à ses affaires politiques. Quand il veut enfumer le Président Ikililou Dhoinine, il se présente devant lui avec un gros chapelet et se lance dans d’interminables invocations de Dieu, sachant que le Président est très pieux. Et comme le Président est vraiment très pieux, il croit que Mouigni Baraka est sincère. Chaque fois, le Président lui dit de ne pas oublier que le Vice-président Mohamed Ali Soilihi est le Doyen qui doit être la locomotive du train de la majorité présidentielle. Mouigni Baraka avait fini par l’admettre jusqu’au jour où ses partisans lui réservèrent une grosse réception à l’Aéroport de Hahaya destinée à lui faire comprendre qu’il n’est plus question qu’il devienne le colistier du Vice-président lors de l’élection présidentielle de 2016 et qu’il ne doit plus rester Gouverneur, si tant est que les habitants de la Grande-Comore vont lui renouveler leur confiance. Or, dès le 26 mai 2011, jour de l’investiture du Président Ikililou Dhoinine et de ses trois Vice-présidents, en rentrant chez lui, et alors qu’il ne savait pas encore quel ministère il allait diriger, le Vice-président Mohamed Ali Soilihi trouva dans son salon le Gouverneur Mouigni Baraka qui l’attendait pour lui dire: “Grand frère, je veux être ton colistier lors de l’élection présidentielle de 2016 parce que je ne suis pas connu à Mohéli et à Anjouan”. Le Vice-président a failli s’évanouir quand il entendit ça, compte tenu du fait qu’il ne comprenait pas pourquoi on lui parlait de l’élection présidentielle de 2016 le jour même de l’investiture du nouveau Président et de ses Vice-présidents, le 26 mai 2011. Si Mouigni Baraka veut nier les faits, il doit le faire la main posée sur le Coran, et jamais il n’osera le faire».

   Depuis, l’académicien Mouigni Baraka, avec son bagout de marchand de chameaux et de tapis volants de Perse, a fait du chemin, multipliant les zigzags politiques et les contorsions politiciennes, passant du Président Ikililou Dhoinine à l’ancien satrape Ahmed Sambi, finissant par se retrouver face à lui-même, et déconcertant tout le monde. Il est comme ça, l’académicien Mouigni Baraka Saïd Soilihi: toujours insaisissable. C’est dans cette ambiance de confusion qu’il publia sur sa page Facebook (https://www.facebook.com/mouignibaraka2016) le plus étonnant des messages, dans lequel il dit être prêt à faire des choses pour le pays, sans préciser s’il s’exprime en tant que candidat aux élections gubernatoriales ou au scrutin présidentiel. Toutefois, la tonalité du discours est présidentielle, et nous devons prendre connaissance de cette homélie papale sans plus tarder. Et puis, l’expression «Peuple comorien» se passe de tout commentaire. Et maintenant, quand le vantard du Gouvernorat de la Grande-Comore parle de lui-même, il dit «C’est la voix des Comores qui parle». Quelle fanfaronnade! Et il invente le mot «capabilités», devenant académicien. Ça sonne bien, l’académicien Mouigni Baraka Saïd Soilihi. Un brave homme.

   Voici sa péroraison: «Mes chers compatriotes. L’heure est grave. Notre pays s’apprête à vivre un moment stratégique de son histoire. En effet les processus électoraux à venir sont placés par nous tous sous le signe de l’espoir ; ils lèvent une espérance et dans le même temps suscitent la peur. La peur de l’échec, de l’espoir déçu. Je comprends ce sentiment; il sillonne mon quotidien. Je comprends le cœur serré des mères qui se demandent ce que deviendront leurs enfants au début de l’âge adulte. Peuple comorien, je trouve justifiée votre attente intransigeante vis-à-vis de la classe politique. Refusant le défaitisme et animé de la ferme volonté de changer les choses, j’ai œuvré durant mon mandat de Gouverneur à sortir les Comores du marasme socio économique dans lequel ils se sont englués depuis quatre décennies. Beaucoup de projets ont été initiés; ils prennent racines. D’énormes chantiers sont mis en place, axés sur l’éducation et la santé publique. Sur le plan économique, tous les voyants sont au rouge. Notre économie souffre de tous les maux: Chômage, dérive budgétaire et déséquilibre macroéconomique patent. Et c’est le Comorien, dans son quotidien, qui en pâtit. Néanmoins ma détermination reste sans faille. Et c’est pourquoi ma famille politique, le RDC, et moi-même avons élaboré tout un programme qui dotera notre pays des moyens lui permettant de sortir de l’immobilisme. Nous devons sans plus attendre entamer un processus de modernisation de notre économie, la munir d’une comptabilité nationale fiable et digne de ce nom, capable de concevoir et d’assoir des plans de dépenses sur la base de nos ressources disponibles. Aussi devons-nous engager de vraies reformes de structure, mettre sur pied des projets de développement viables, prometteurs et créateurs d’emplois. Tout ceci pour constituer un solide tissu industriel et encourager la création des entreprises à forte valeur ajoutée. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourrait garantir l’équilibre macro économique et éviter de renouer avec les travers du surendettement. Il est grand temps d’amorcer la révolution des mentalités, la voie royale menant au chemin de la croissance économique. Il va donc falloir rompre avec les pratiques d’une économie sous perfusion des aides extérieures et des seules recettes douanières. Nous devons bâtir un modèle de développement en prenant en compte nos atouts : notre situation géographique, les richesses de nos sous –sol et notre identité, mais aussi nos fragilités. C’est la voix des Comores qui parle. J’en appelle solennellement en conscience à vous, Peuple comorien, pour relever ensemble, auprès de vous et avec vous, le défi majeur qui s’impose désormais: élaborer notre propre système éducatif en une refonte profonde, fondée sur nos capabilités; et prendre appui sur des filières professionnelles, revoir et harmoniser les programmes scolaires afin qu’ils soient à la hauteur des enjeux et défis auxquels est confronté le pays dans le moyen et long terme. Des fonds conséquents doivent être alloués pour mettre fin à cette éducation à deux vitesse. Je m’engage à ouvrir le chemin vers l’égalité de chances aux Comoriens et je m’engage à faire disparaitre ce sentiment d’injustice qui gagne chacun de nous quand on assiste, impuissant à la déchéance et aux errances de nos enfants. L’autre défi, vous le savez, reste la santé. Sous ma mandature de Gouverneur, j’ai entrepris des actes forts pour résoudre le sérieux problème de santé publique que connait le pays. J’ai instauré un système de mutuelle d’un nouveau genre pour les enfants et les élèves des écoles primaires. Beaucoup de choses restent à faire dans ce domaine pour le rendre pérenne et prétendre constituer un véritable tissu social où tout un chacun aurait accès aux soins. Enfin, chers compatriotes, on ne peut pas aspirer à un modèle de développement viable en l’absence d’institutions judiciaires qui rassurent et sécurisent. Et c’est pourquoi je mettrai sur la table prochainement un certain nombre de propositions qui sont à même, si elles sont mises en place, de renforcer notre appareil judiciaire, de lui débarrasser de ces pratiques qui l’avilissent et asservissent les citoyens. Mes chers compatriotes, grâce à vous les échéances électorales à venir seront un vrai combat d’idées. Votre maturité politique, votre esprit critique et l’intransigeance dont vous faites preuve ne peuvent qu’exiger le respect et la cohérence dans les débats et les engagements. Sachez que je mettrai mon expérience au service de la nation pour faire triompher cet idéal auquel nous aspirons tous». Le record de la mauvaise foi est battu.

   L’académicien Mouigni Baraka est quand même gonflé, lui qui s’attribue le beau rôle après avoir participé à la ruine du pays, depuis qu’il était gabelou, lui qui parle des problèmes du pays comme si ces derniers étaient indépendants de sa personne alors qu’il est plongé dans ceux-ci jusqu’au cou. Comment un Gouverneur qui a été vaincu par les ordures de Moroni peut, crânement, et toute honte bue, dérouler un catalogue de bonnes intentions alors que de 2011 à 2015, il n’a rien fait de bien à la Grande-Comore et aux Comores? Pourquoi en 5 ans, il n’a rien fait de positif et se présente aujourd’hui devant les Comoriens pour crâner et caqueter? L’indécence en politique doit avoir ses limites. Où sont ses fameux projets, qui «prennent racine» en refusant obstinément de bouger de là où il les a jetés sans les réaliser, puisqu’ils ont «pris racine»? Ayant été l’allié d’Ahmed Sambi en quelques heures seulement, il a été un bon élève en mensonges, populisme et démagogie. Il faudra juste qu’il dise au «peuple comorien» s’il est élu, fera-t-il en sorte pour que chaque Comorien aille chercher ses enfants à l’École avec une voiture ayant une sirène hurlante comme lui. Les Comoriens ne lui demandent rien de plus. Juste une sirène devant l’établissement des enfants. Qu’il investisse donc dans les sirènes et qu’il promette les sirènes.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Jeudi 17 septembre 2015.

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