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De «Mercenaires, dehors!» à «Azali, dehors!» à Moroni

De «Mercenaires, dehors!» à «Azali, dehors!» à Moroni

Azali Assoumani entraîne le PNUD dans ses mitsoudjeries

Par ARM

      Le vendredi 13 octobre 2017, pendant que le «ventriote» Azali Assoumani Boinaheri cancanait et crânait à Djoiezi, la Police et la Gendarmerie avaient fort à faire à Moroni. Elles devaient effacer les graffitis qui proclamaient partout dans la capitale des Comores: «Azali, dehors!». À Moroni. En Grande-Comore.

Si nous devons parler vrai, nous constaterons que depuis le régime politique de Saïd Mohamed Djohar (1989-1995), les Comoriens ne sont plus obligés de s’exprimer par tracts et graffitis, dans la mesure où ils ont le doit de dire en public ce qu’ils ont sur le cœur. Cette parenthèse avait été brisée par la brillante jeunesse de Djoiezi qui, en mai 2014, avait rédigé et distribué à une échelle mondiale le plus éclairant et le plus explosif des tracts de toute l’Histoire des Comores, tuant littéralement Ikililou Dhoinine (à qui il fallait présenter des «condoléances») et ses Mohéliens de Bête-Salam. Ce tract, chef-d’œuvre historique de la grande littérature subversive des Comores, est joliment appelé «Kala Wa Dala», et ses extraits figurent déjà dans un livre publié l’année passée sur le scrutin présidentiel volé de 2016. C’est un régal. Le fugitif international polygame Hamada Madi Boléro y est qualifié de Dracula.

Les Grands-Comoriens demandent le départ du «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani Boinaheri de Bête-Salam. En d’autres termes, après Mohéli et Anjouan, la Grande-Comore a commencé à comprendre les dangers véhiculés par un dictateur inculte au petit pied qui conduit le pays vers la destruction. C’est la fin des haricots. Il fut un temps, les Comores se réveillaient à coups de «Mercenaires, dehors!» sur les tracts et les graffitis. C’était sous le régime politique d’Ahmed Abdallah Abderemane (1978-1989). Aujourd’hui, c’est le tyran de Mitsoudjé qui subit la colère et la malédiction des Comoriens. «Azali, dehors!». C’est le début de la fin, et la fin du début.

Pendant que les Comoriens maudissent et damnent le «ventriote» Azali Assoumani Boinaheri, ils sont très étonnés de constater que le représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Moroni organise la Journée des Nations Unies non pas à Moroni, capitale des Comores, mais à Mitsoudjé, le village du dictateur Azali Assoumani Boinaheri. Naturellement, il est inadmissible de voir un haut fonctionnaire des Nations Unies accepter une telle compromission villageoise, clanique et tribale. Est-ce que le PNUD est au courant de cette gravissime faute commise par son représentant à Moroni? Même Mubutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, «le Guerrier qui va de victoire en victoire et qui laisse le feu derrière lui», n’avait pas organisé un tel événement chez lui, à Gbadolite, Lisala et Gemana.

Pourtant, il n’était pas un tendre. En la matière, il ne serait pas superflu de préciser que dans son ouvrage sur la première année de son passage au ministère français de la Coopération, du 16 mars 1986 au 1er avril 1988, Michel Aurillac avait parlé des «villes natales» des chefs d’État d’Afrique francophone dans les termes suivants: «Mais la façon la plus exceptionnelle dont les chefs d’État honorent leurs hôtes consiste à les recevoir dans leur ville natale [étant noté que] leur attachement à leur petite patrie, renforcé souvent par un lien ethnique ou tribal, n’est en rien diminué par leurs fonctions nationales. Le président Houphouët-Boigny, en faisant de Yamoussoukro sa capitale politique, a réussi la synthèse entre les deux.

      Le président Abdallah, lorsqu’il m’a accueilli aux Comores, a tenu à me recevoir dans sa propre maison, à Domoni, sa ville natale. Domoni est une sorte de repaire de pirates. Un grand concours de peuple nous attendait. On nous offrit des colliers de fleurs. J’étais en compagnie de ma femme. Le président nous présenta la sienne, ses enfants, et petits-enfants. Après le repas, il me conduit au balcon face à la mer. Au loin, une forme vague, comme un bouclier posé sur l’horizon. Il tend la main d’un geste théâtral et sur un ton qui ne l’était pas moins, mais empreint d’une profonde sincérité: “Mayotte! dit-il. Jusqu’à mon dernier souffle, je réclamerai Mayotte, mais en amitié avec la France.” La scène ne manquait pas de noblesse, mais le président ne pouvait pas s’attendre à ce que j’oublie ne serait-ce qu’un instant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Or, Mayotte veut demeurer française. Si la géographie la rapproche des Comores, l’histoire l’en sépare. Mayotte, ancienne réserve d’esclaves, craint par-dessus tout d’être intégrée à un ensemble comorien où elle se trouverait minoritaire.

      Au Zaïre, plutôt que de me recevoir dans sa capitale, le président Mobutu m’invita dans sa ville natale de Gemena. Ce geste prenait une signification d’autant plus symbolique qu’il coïncidait avec les cérémonies anniversaires de la mort de la mère du président». Michel Aurillac: L’Afrique à cœur. La coopération: un message d’avenir, Berger-Levrault, Collection «Monde en devenir», Série «Bâtisseurs d’avenir», Paris, 1987, pp. 199-200.

Les Comoriens auraient donc voulu que le représentant du PNUD aux Comores leur en dise un peu plus sur cette grave compromission, qu’ils dénoncent avec une extrême vigueur, surtout à un moment où ils disent «Azali, dehors!» sur leurs graffitis.

Les Comores sont dans «l’émergence de complaisance démagogique internationale».

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 15 octobre 2017.

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