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Déjà en 2010, on parlait de «L’excellence mohélienne»

Déjà en 2010, on parlait de «L’excellence mohélienne»

Retour sur un article-phare du scrutin présidentiel de 2010

Par ARM

       Ce Mohélien de Nioumachioi vivant aujourd’hui à Paris est tellement scandalisé et horrifié par le document mensonger de Hayba FM niant à Ahamada Wafakana Mohamed Souef, le Mohélien de Miringoni vivant en France, le titre de premier bachelier, premier Docteur et premier Docteur en Médecine des Comores, qu’il a demandé la republication de l’article «L’excellence mohélienne». C’est le 26 septembre 2010, il y a 10 ans et 3 mois, que j’avais publié sous pseudonyme «L’excellence mohélienne». Il ne s’agit pas de dire que les acteurs politiques mohéliens sont meilleurs que ceux des autres îles (en tout cas, ils ne sont pas pires), mais de signaler que la plus petite des îles est plus grande que d’autres sur le domaine du mérite individuel, notamment celui que le sociologue marocain Ali Benhaddou appelle «l’Aristocratie du diplôme» et «La Nomenklatura polytechnicienne». Les Mohéliens ne cessent de rappeler: «Il ne faut pas confondre qualité et quantité», et «Un nombre élevé d’épluchures de noix de coco n’est pas synonyme d’un nombre élevé de noix de coco».

L’article qui va suivre est l’un des deux écrits qui avaient suscité le plus d’intérêt en vue de l’élection présidentielle de 2010 (le premier était: «Malédiction politique, damnation électorale et déchirements au sein des familles», mardi 5 octobre 2010), dont tous les candidats à la magistrature suprême étaient des Mohéliens. Déjà à l’époque, j’avais mis en garde contre deux crapules notoires: l’idiot fou Mohamed Saïd Fazul et son acolyte en Mal Chabouhane Baguiri. Lecture…

L’excellence mohélienne

       L’île de Mohéli n’a pas la classe politique qu’elle mérite. C’est un fait. Un fait incontestable. Un fait affligeant. Ce fait incontestable et affligeant devient un facteur de frustration et de rage quand on voit sévir sur la scène politique mohélienne Abdallah Saïd Sarouma, dit Chabouhane, dit Baguiri et autres sobriquets – je le vois encore porter des menottes, sur ordre du Procureur Général de la République, suite à une énième escroquerie commise à Moroni – et Mohamed Saïd Fazul – qui a ruiné le Collège islamique de Fomboni, le Gouvernorat et la Présidence de l’Île Autonome de Mohéli. Pourtant, Mohéli ne se résume pas à des individus de cet acabit. Mohéli, ce n’est pas seulement des politiciens puant la naphtaline, ayant passé leur carrière à vendre ce qui ne leur appartient pas, quand il s’agit des intérêts légitimes de l’île que d’aucuns marchandent comme de vulgaires marchandises au marché de Volo-Volo. Mohéli, ça peut être autre chose, et mieux que ces individus grossiers, portés sur la trivialité de leurs actes et pour leurs propos prosaïques quand il s’agit de s’adresser aux Mohéliens, leurs électeurs.

L’élection présidentielle de novembre et décembre 2010 permet de le constater car, ce qu’on n’a pas encore dit de ce scrutin qui doit porter à la tête de l’État comorien un Mohélien, c’est le niveau intellectuel et l’expérience professionnelle de certains candidats en présence. À la Grande-Comore et à Anjouan, on continue à considérer que Mohéli, c’est du menu fretin, une quantité négligeable. Or, il faudra bien reconnaître que cette petite île de 290 km² peuplée de 35.000 habitants aligne, en 2010, les candidats ayant le profil intellectuel et professionnel le plus élevé depuis que les Comores organisent des élections. Aucune autre île n’a fait mieux que Mohéli. Que cela ne nous étonne pas car aux Comores, c’est Mohéli qui détient la proportion de diplômés la plus élevée par rapport au nombre d’habitants, même si nous devons prendre en compte les Anjouanais installés sur l’île – généralement analphabètes – que le système social mohélien ne permet pas de considérer comme des Mohéliens. Que les choses soient claires de ce côté, et qu’on n’oublie pas que chaque île a sa propre organisation sociale, ses codes et ses ressorts intimes.

En effet, parmi les candidats à cette élection, nous recensons un ancien président de la République par intérim (Hamada Madi Boléro), deux anciens Premiers ministres (Bianrifi Tarmindhi et Hamada Madi Boléro), un ancien Vice-président de la République (Mohamed Hassanaly), un Vice-président encore en exercice (Ikililou Dhoinine), un ancien Président et ancien Gouverneur de l’Île Autonome de Mohéli (Mohamed Saïd Fazul), le premier ministre de la Défense des Comores indépendantes (Saïd Dhoifir Bounou), un ancien Président de l’Assemblée nationale (Saïd Dhoifir Bounou), des parlementaires (Abdou Djabir, Saïd Dhoifir Bounou, Saïd Mohamed Ben Cheikh, Abdallah Saïd Sarouma, Bianrifi Tarmindhi), etc.

De la même manière, sur la même liste de candidats à la présidence ou à la vice-présidence, nous comptons un Docteur en Médecine (Nakib Ali Mbaraka), un Docteur en Médecine dentaire (Abdoulhakim Ben Allaoui), un Docteur en Pharmacie (Ikililou Dhoinine), un Docteur en Droit (Abdou Djabir), un Docteur en Philosophie (Fouad Ben Mouhadji), un Docteur en Relations internationales (Hamada Madi Boléro [en réalité, il ne s’agit pas d’un Doctorat, mais d’un Diplôme d’Études supérieures), un ingénieur civil (Bianrifi Tarmindhi), une Professeure d’Éducation physique (Mme Zaharia Saïd Ahmed), un spécialiste d’Urbanisme et d’Aménagement du Territoire (Mohamed Larif Oukacha), un professeur d’Histoire et Géographie (Saïd Dhoifir Bounou), etc.

Plus intéressant encore, dans l’Histoire, le premier candidat comorien ayant présenté le profil intellectuel le plus élevé est également mohélien. Il s’agit d’Ahamada Wafakana Mohamed Souef, dont le père, Mohamed Soeuf, a été le premier instituteur comorien. Qu’on se le dise: Ahamada Wafakana Mohamed Souef a été le premier Comorien à avoir obtenu un Baccalauréat, le premier Comorien ayant obtenu un Doctorat et un Doctorat en Médecine. Ce qui rend ridicules les prétentions de l’ancien président du Conseil Saïd Mohamed Cheikh sur son Doctorat tout à fait imaginaire et risible.

Cette excellence mohélienne s’est réalisée dans la douleur car, pendant longtemps, le Mohélien n’accédait pas à un poste de responsabilité – tous les présidents comoriens veillaient à sa marginalisation – et le lycéen mohélien ne voyait des professeurs venus des autres îles que lors des examens du Baccalauréat et du BEPC, quand les enseignants en question infestaient Mohéli comme des mouches pour venir faire échouer les élèves. Pourtant, malgré tous ces actes de sabotage imprégnés de racisme insulaire, Mohéli s’affirme dans l’excellence. Dieu soit loué!

Par ARM

www.moheli2010.com – Dimanche 26 septembre 2010

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© www.lemohelien.com – Lundi 21 décembre 2020.

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